> Accueil JIM > Cent ans et un diabète

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Cent ans et un diabète

Publié le 07/03/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les études épidémiologiques ont montré que la prévalence du diabète croissait progressivement chez les sujets âgés. A l’heure où I’augmentation de l’espérance de vie, de 2,2 ans par décennie, laisse penser que la moitié des enfants nés aujourd’hui atteindront leur 100e anniversaire, A Davey et coll. se sont attachés à préciser la prévalence du diabète (défini par les critères actuels), dans la population des centenaires, à en déterminer les caractéristiques, ainsi que l’influence respective des progrès de la prise en charge et de l’augmentation de la longévité dans cette longue survie avec un diabète.

Deux cent quarante centenaires et 109 « presque centenaires » américains, de 98 à 108 ans, ont été inclus dans cette étude. Seize pour cent étaient des hommes, 20 % étaient afro-américains et 38 % vivaient en communauté. Le diagnostic de diabète a été retenu en cas de taux d’HbA1c supérieur ou égal à 6,5 % ou de prise d’antidiabétiques. Vingt-neuf centenaires soit 12,5 % présentaient un diabète, déjà connu pour 21 d’entre eux. Sur les 15 traités, seuls 5 étaient sous insuline à faible posologie, dont 3 en association à des antidiabétiques oraux. Sept patients avaient débuté leur maladie avant 80 ans, 9 entre 80 et 97 ans et 3 à 98 ans et plus. La durée moyenne d’évolution était de 16,8 ± 13,5 ans. Le sexe, l’âge, la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et le mode d’habitation n’avaient pas d’effet sur la prévalence, à l’inverse de l’ethnie afro-américaine, du surpoids, de l’obésité et du niveau d’éducation. L’augmentation du risque relatif (Odds ratio 3,3) persistait chez les afro-américains après contrôle de la surcharge pondérale. L’anémie et l’HTA étaient plus fréquentes (79 %) chez les centenaires diabétiques, lesquels prenaient d’avantage de médicaments. Diabétiques et non diabétiques ne différaient pas en revanche quant à la consommation d’alcool, de tabac et à l’allèle Apo E ε4, ni pour les taux de créatinine, de ferritine, de transaminases, de CRP. Aucun lien n’a été mis en évidence entre le diabète et les causes de mortalité à 12 mois, les déficits visuels, les amputations, les neuropathies distales du membre inférieur et le fonctionnement cognitif global. Moins de complications ont été notées chez les centenaires que chez les sujets jeunes. L’anémie paraissait plus vraisemblablement liée à une néphropathie que iatrogène.

Ainsi dans cette série de centenaires, une proportion non négligeable de sujets sont diabétiques, le plus souvent depuis l’âgé de 80 ans. Les complications, rares dans cet échantillon, devraient être étudiées sur de plus grands effectifs afin de distinguer l’impact de polypathologies qui peuvent minorer l’effet du diabète. A l’inverse, la rareté des complications peut refléter la sélection d’individus qui ont pu atteindre 100 ans tout en étant porteurs d’une pathologie chronique. Des études longitudinales seraient souhaitables devant la perspective d’une longue survie sans complication chez les diabétiques.



Dr Anne Bourdieu


Davey A et coll. : Diabetes mellitus in centenarians. J Am Geriatr Soc., 2012 ; publication avancée en ligne le 27 janvier 2012




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions