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Où l’art-thérapie manque son dessein

Publié le 08/03/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’art-thérapie fait désormais partie de la prise en charge de certaines pathologies psychiatriques. Quelques travaux récents ont montré son intérêt dans le traitement de la schizophrénie. Elle serait notamment bénéfique pour les patients qui souffrent d’une perte d’énergie et de motivation, de déficit de l’attention et de symptômes dits négatifs de cette pathologie difficile.

Une équipe du Royaume-Uni a réalisé une étude randomisée contrôlée, à trois bras, pour comparer l’efficacité de l’art-thérapie à celle d’une prise en charge proposant des activités collectives plus classiques (jeux, cinéma, visites de groupes, etc.). Une variété de matériaux pour création artistique était mise à la disposition des patients du groupe  art-thérapie et il leur était demandé de laisser libre cours à leur créativité. Les activités artistiques ou classiques étaient proposées à la fréquence d’une séance par semaine. Un troisième groupe constituait le groupe témoin, et recevait les soins « standard », suivi psychiatrique, traitement pharmacologique, dispensés aussi aux deux autres groupes. Au total 417 participants ont été randomisés, 140 pour le groupe art-thérapie, 140 pour le groupe activités classiques et 137 pour les soins standard seuls

Après 2 ans de suivi, les scores de santé mentale et de fonctionnement global ne sont pas améliorés chez les patients suivant l’art-thérapie par rapport à ceux à qui étaient proposées des activités de groupe classiques. Ces derniers présentent même une réduction plus importante de leurs symptômes positifs au bout de 2 ans (différence moyenne ajustée 1,4 ; intervalle de confiance à 95 % 0,1 à 2,6, p = 0,03).

Ces résultats ne contredisent pas l’intérêt que peut avoir l’art-thérapie pour certains patients atteints de schizophrénie. Les auteurs de l’étude précisent en effet que les patients de cette étude ont fait preuve d’une très faible assiduité et il se peut que des malades plus motivés retirent un bénéfice supérieur de leurs séances. Les résultats des essais randomisés menés sur d’autres activités thérapeutiques comme la musique ou l’expression corporelle sont toutefois plus prometteurs que ceux de cette étude. Ces activités combinent la stimulation de la créativité avec d’autres approches susceptibles de provoquer une expérience agréable, de stimuler les mouvements du corps ou d’augmenter les expériences relationnelles. Peut-être est-ce cette combinaison qui est nécessaire pour les patients atteints de pathologie mentale sévère.



Dr Roseline Péluchon


Crawford MJ et coll. : Group art therapy as an adjunctive treatment for people with schizophrenia : multicentre pragmatic randomized trial.
BMJ 2012;344:e846 doi: 10.1136/bmj.e846



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