L’art-thérapie fait désormais partie de la prise en charge de
certaines pathologies psychiatriques. Quelques travaux récents ont
montré son intérêt dans le traitement de la schizophrénie. Elle
serait notamment bénéfique pour les patients qui souffrent d’une
perte d’énergie et de motivation, de déficit de l’attention et de
symptômes dits négatifs de cette pathologie difficile.
Une équipe du Royaume-Uni a réalisé une étude randomisée
contrôlée, à trois bras, pour comparer l’efficacité de
l’art-thérapie à celle d’une prise en charge proposant des
activités collectives plus classiques (jeux, cinéma, visites de
groupes, etc.). Une variété de matériaux pour création artistique
était mise à la disposition des patients du groupe
art-thérapie et il leur était demandé de laisser libre cours à leur
créativité. Les activités artistiques ou classiques étaient
proposées à la fréquence d’une séance par semaine. Un troisième
groupe constituait le groupe témoin, et recevait les soins «
standard », suivi psychiatrique, traitement pharmacologique,
dispensés aussi aux deux autres groupes. Au total 417 participants
ont été randomisés, 140 pour le groupe art-thérapie, 140 pour le
groupe activités classiques et 137 pour les soins standard
seuls
Après 2 ans de suivi, les scores de santé mentale et de
fonctionnement global ne sont pas améliorés chez les patients
suivant l’art-thérapie par rapport à ceux à qui étaient proposées
des activités de groupe classiques. Ces derniers présentent même
une réduction plus importante de leurs symptômes positifs au bout
de 2 ans (différence moyenne ajustée 1,4 ; intervalle de confiance
à 95 % 0,1 à 2,6, p = 0,03).
Ces résultats ne contredisent pas l’intérêt que peut avoir
l’art-thérapie pour certains patients atteints de schizophrénie.
Les auteurs de l’étude précisent en effet que les patients de cette
étude ont fait preuve d’une très faible assiduité et il se peut que
des malades plus motivés retirent un bénéfice supérieur de leurs
séances. Les résultats des essais randomisés menés sur d’autres
activités thérapeutiques comme la musique ou l’expression
corporelle sont toutefois plus prometteurs que ceux de cette étude.
Ces activités combinent la stimulation de la créativité avec
d’autres approches susceptibles de provoquer une expérience
agréable, de stimuler les mouvements du corps ou d’augmenter les
expériences relationnelles. Peut-être est-ce cette combinaison qui
est nécessaire pour les patients atteints de pathologie mentale
sévère.
Dr Roseline Péluchon
Crawford MJ et coll. : Group art therapy as an adjunctive treatment for people with schizophrenia : multicentre pragmatic randomized trial.
BMJ 2012;344:e846 doi: 10.1136/bmj.e846
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