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Un diagnostic brutal pour de jeunes malades d’Alzheimer

Publié le 13/03/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

« Mutualiser toutes les énergies, expériences, et connaissances pour faire avancer la prise en soin » de la maladie d’Alzheimer, tel est l’objectif des Rencontres annuelles France-Alzheimer, présenté par la présidente de l’association Marie-Odile Desana. La 5ème édition a donc réuni en ce 14 décembre, aussi bien chercheurs que médecins, infirmiers, gestionnaires, aidants, bénévoles, etc…qui contribuent tous à répondre aux besoins des malades et de leur entourage.

Quels sont les besoins et obstacles spécifiques rencontrés par les malades jeunes dont on estime le nombre entre 5 000 et 8 000 en France ? Une problématique qui touche plusieurs dizaines de milliers de personnes si on ajoute les proches. France Alzheimer a réalisé une étude exploratoire sur 20 patients volontaires diagnostiqués avant 65 ans, pour recueillir en particulier leur perception et leur vécu. Ils sont à un stade modéré de la maladie, et ont été recrutés via le réseau d’associations et les consultations mémoires. Leurs problèmes, résume la psychosociologue Lucie Bordeau, chargée d’évaluation, incluent ceux liés à la difficulté du diagnostic, au manque de dispositif de prise en charge, à l’incidence de la maladie sur la vie professionnelle, familiale, sociale et financière et à l’absence de cadre juridique.

Le diagnostic et son vécu revêtent une importance particulière. Sans surprise, le diagnostic est plus tardif pour les personnes jeunes (5 ans vs 3 ans), chez qui on ne soupçonne pas de prime abord une maladie d’Alzheimer. Plus de la moitié d’entre elles ont d’abord eu un diagnostic de dépression. Un délai jugé par les patients comme une perte de chances avec un retard de prise en charge. L’annonce du diagnostic est faite directement au malade (100 % de ceux de l’échantillon), d’une façon considérée comme « maladroite et inadaptée ». Elle le condamne aussitôt, véhiculant une image très négative et très pénible de la maladie, et une absence totale d’espoir. Dès le diagnostic, est renvoyé au patient un sentiment d’incapacité, dont celui de sa propre incompétence, ce qui rend très difficile ensuite de continuer à vivre avec la maladie.

Une attitude des médecins opposée à celle qui sera celle des malades, qui adopteront par la suite une stratégie basée sur le désir d’agir, de continuer à faire les choses, de maintenir des centres d’intérêt et des loisirs, ainsi que de lutter contre les troubles de la maladie, mémoire en particulier, par une prise en charge et des outils adaptés.



Dominique Monnier


Marie-Odile Desana et Lucie Bordeau : Résultats de l’étude « Malades à début précoce » menée par France Alzheimer. 5èmes Rencontres annuelles France Alzheimer (Paris : 14 décembre 2011.



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