La médecine en pharmacie, ce ne sera bientôt plus virtuel !

Paris, le lundi 19 mars 2012 – L’observation de certaines innovations étrangères nous permet soit d'accuser l’étendue de notre retard soit a contrario à nous féliciter de ne pas connaître de pareilles évolutions. La description du projet « NetCare » récemment lancé en Suisse, visant à pratiquer la télémédecine au sein des officines, semble pouvoir relever des deux catégories. Ce dispositif que nous avions évoqué dans ces colonnes il y a un mois consiste pour un pharmacien auquel un patient vient exposer des symptômes bénins à organiser dans l’enceinte même de son officine une consultation avec un médecin par système vidéo interposé. Face à un tel dispositif, l'émerveillement face au développement de l’e-santé chez nos voisins helvètes et l’inquiétude vis-à-vis de ces consultations virtuelles pouvaient pareillement nous saisir.

Le grand emprunt dope l’e-santé

Il fallait cependant peut-être voir tout simplement dans NetCare un précurseur de ce qui pourrait prochainement voir le jour en France. On le sait, le développement de l’e-santé a été retenu comme l’un des chantiers devant être dopé par le grand emprunt national décidé en 2010. Dans ce cadre un appel à projet « e-santé n°1 » a été lancé, consistant à sélectionner les projets amenés à se partager neuf millions d’euros. Le nom des quatorze lauréats vient d’être dévoilé. Parmi eux, comme le relève aujourd’hui le Quotidien du pharmacien, figure le projet SYMPAD (Système de monitoring médicalisé de patients en pharmacie ou à domicile).

Tout est dans la boîte !

Ce dispositif est le fruit du travail de la société Médecin Direct, orchestrée par un pharmacien. Il consiste à favoriser le suivi par les pharmaciens de patients atteints de maladies chroniques. Pour ce faire, les officines seront équipées d’une H Box. Celle-ci assurera la connexion entre une tablette numérique et différents appareils médicaux de mesures (pour l’heure un thermomètre, un tensiomètre, un oxymètre et une interface permettant d’utiliser un glucomètre). Les mesures seront réalisées dans l’officine et les résultats seront compilés grâce à la tablette numérique. Puis, par le biais de la H Box, les données du patient seront transmises à la plateforme médicale de Médecin Direct, dont le Quotidien du pharmacien indique qu’elle « est spécialisée dans le téléconseil et prochainement la télémédecine ». Les résultats pourront également, si le patient le souhaite, être transmis à son médecin traitant.

Et toujours et encore : qui va payer ?

Le dispositif doit donc faire du pharmacien une "interface" centrale du suivi des patients atteints de maladie chronique. Une perspective qui ne peut que séduire les officinaux actuellement en intense négociation pour définir de nouvelles missions (rémunérées) des pharmaciens. « A partir du moment où l’on considère que le pharmacien peut suivre les patients, il faut que l’on ait les outils adaptés qui permettent de communiquer avec les médecins » remarque Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmacies d’officine (USPO) qui commente cette initiative pour le Quotidien du pharmacien. De nombreuses questions demeurent cependant en suspens : le financement du système (au-delà des 1,2 millions d’euros accordé par l’appel d’offre), la position des praticiens et la faisabilité de l’expérience. Pour l’heure moins d’une dizaine de pharmacie ont accepté de participer au lancement du programme, mais Médecin Direct espère bien avoir équipé 300 à 400 officines en SYMPAD d’ici la fin de l’année.

Aurélie Haroche

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