Frank-Walter Steinmeier, homme politique allemand de premier
plan (ministre fédéral des Affaires Etrangères de 2005 à 2009)
signe un papier dans numéro récent d’une grande revue européenne de
Chirurgie Thoracique pour encourager ses compatriotes à faire
connaître, de leur vivant, leur position vis-à-vis du don
d’organe.
Deux raisons l’ont poussé à s’engager ainsi :
• l’une factuelle : la constatation que l’Allemagne est mal
placée dans le classement international du don d’organe après décès
(en 2010, 15,9 dons/par million d’habitants quand l’Espagne en est
à 34,4/pmh)
• l’autre personnelle : il a, en effet, donné un de ses reins
à son épouse en 2010.
Constatant que le système allemand de la transplantation
d’organe ne fonctionne pas bien, il propose non pas une loi (qui
ferait de chacun un donneur de fait) mais une solution
«consensuelle» qui demanderait à tout citoyen(ne) sa position
vis-à-vis du don d’organe laquelle serait inscrite sur la carte de
sécurité sociale.
Au-delà de ce choix technique, cet homme politique fait appel à
la responsabilité de chacun en portant le débat sur le plan
philosophique : le don d’organe est une vraie solidarité.
La situation de la France qui est plus favorable (23,8 dons/pmh
en 2010) mais encore notoirement insuffisante (4 708 greffes pour
15 600 malades en attente en 2010), pourrait inspirer à nos hommes
et femmes politiques une telle prise de position car, comme
le dit l’éditorialiste du même journal, l’amélioration et le
développement du don d’organe est une affaire de Médecins et de
Politiques.
Dr Roland Charpentier
1) Beyersdorf F : Improvements in organ donation are best done by the combined efforts of physicians and politicians Eur J Cardiothorac Surg., 2012 ; 41: 239
2) Steinmeier FW : Organ donation is true solidarity Eur J Cardiothorac Surg., 2012 ; 41 : 240-241
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