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Des traces de nickel dans les cosmétiques, quelle conséquence pour l’allergique ?

Publié le 10/04/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’allergie de contact au nickel est particulièrement fréquente dans la population générale avec une prévalence estimée à 17 % chez les femmes et 3 % chez les hommes.

Les produits de maquillage pigmentés peuvent contenir du nickel. C’est le cas des ombres à paupières et du mascara.

Le rôle du nickel contenu dans ces cosmétiques dans l’apparition d’une dermatite de contact sur les paupières est cependant controversé, le nickel n’étant présent que comme impureté au même titre que les oxydes de fer.

Une étude a été menée en Finlande sur 23 personnes ayant une allergie au nickel et/ou un patch-test positif au nickel pour évaluer leur tolérance à ce type de cosmétique.

Les patients ont été exposés pendant 48 heures à des produits de maquillage minéraux et à des pigments isolés dispersés dans l’alkylbenzoate (50 %) à l’aide de Finn Chambers de 20 µl. Un test au sulfate de nickel a complété l’exploration. Une zone non traitée a servi de témoin négatif.

La lecture a eu lieu 24 heures après le retrait des tests et les patients devaient signaler toute réaction de survenue tardive.

Un score en 8 points a été établi pour évaluer la réaction cutanée observée : 0 en cas d’absence de réaction ; 0,5, 1, 2, 3 et 4 pour un érythème plus ou moins important, 5 lorsque l’érythème était accompagné d’œdème et 6 en cas de réaction érosive.

La lecture visuelle a été suivie d’une lecture instrumentale quantifiant l’érythème cutané (Tissue Viability Imaging System, TiVi600; Wheelsbridge AB, Linköping,
Suède).

Une réaction visible (soit un score ≥ 0,5) a été observée avec le sulfate de nickel chez 17 des 23 personnes étudiées. Une corrélation significative a été constatée entre la lecture visuelle et les valeurs obtenues par l’instrument de mesure (r = 0,8098, p < 0,0001).

Aucun patient n’a réagi aux différents produits testés, tant visuellement qu’à l’aide du TiVi.

L’absence de réaction cutanée aux produits testés a été confirmée dans le sous-groupe constitué des personnes les plus réactives au nickel (score ≥ 2).

Aucune réaction retardée n’a par ailleurs été rapportée.

Ces résultats semblent donc rassurants. L’absence de dosage du nickel et des autres métaux lourds dans les produits testés est cependant regrettable.



Dr Geneviève Démonet


Lóden M et coll. : No skin reactions to mineral powders in nickel-sensitive subjects. Contact Dermatitis 2012, 66 : 210-214


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