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Un arrêt de la réanimation serait décidé plus souvent pour les hommes que pour les femmes

Publié le 24/04/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les soins palliatifs sont une des activités dévolues aux Unités de réanimation vu le considérable taux de mortalité qu’elles connaissent. Prendre soin de la fin de vie fait donc partie du standard de haute qualité auquel ces centres sont astreints. Maintenir ou arrêter la réanimation est une décision toujours difficile, et variable d’un centre à l’autre. Si un consensus semble s’être dégagé pour une discussion avec la famille ou les proches, prenant en compte les aspects culturels et religieux, en revanche les particularités liées au mourant lui-même ont donné lieu à peu de travaux, et encore moins en ce qui concerne les malades chirurgicaux.

M. Lissauer et coll. de Baltimore ont entrepris de déterminer si certains facteurs propres au malade (en dehors d’un pronostic funeste, de douleurs rebelles et de l’incurabilité), intervenaient dans la décision de cesser la réanimation.

Ils ont donc séparé les patients ayant fait un séjour en réanimation après intervention chirurgicale en 2 groupes :
-arrêt ou poursuite des soins selon l’évolution et les desiderata (AS) ; tous ces patients avaient dans leur dossier un ordre (Do not ressuscitate) interdisant l’acharnement thérapeutique ;
-ceux pour lesquels la réanimation a été poursuivie usque ad mortem (UAM).

Ils ont retenu les 151 décès consécutifs (83 hommes) observés (sur 1764 opérés) entre 2008 et 2010 parmi lesquels 111 AS et 40 UAM.

Les deux groupes étaient comparables en termes d’âge (63 ans en moyenne), de pathologies associées, bronchiques ou hépatiques et de diabète. Toutefois, les opérés du groupe UAM avaient un score APACHE IV encore plus sévère que ceux du groupe AS lors de l’admission en réanimation, ce qui n’a pas empêché la poursuite de leurs soins. Il n’y a pas eu d’aggravation plus importante de l’état clinique la veille de la prise de décision des AS dans un groupe que dans l’autre. On n’a pas observé de plus de différence selon que les malades étaient entrés ou non en urgence. La seule grande différence, statistiquement significative, est le sexe (p=0,05) : 62 % des opérés du groupe AS étaient des hommes, vs 35 % dans le groupe UAM.

Finalement, le sexe masculin a été le facteur corrélé le plus fortement avec une décision d’arrêt des soins, bien plus que la gravité de la pathologie. Cette conclusion inattendue implique que des paramètres indépendants de l’état clinique influent sur la décision de ne plus retarder la mort ou de poursuivre la réanimation.



Dr Jean-Fred Warlin


Lissauer M. et coll. Patient characteristics associated with end-of-life decision making in critically III surgical patients. J.Am.Coll.Surg. 2011;213:766-770.



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