PACES : quel bilan pour la pharmacie ?

Grenoble, le mardi 24 avril 2012 – L’inclusion de la pharmacie au sein de la première année commune des études de santé (PACES) à la rentrée 2009 a entraîné de nombreuses critiques. Les étudiants en pharmacie, ainsi que nombre de leurs professeurs, ont en effet, dès l’annonce du projet, redouté que ce nouveau dispositif n’entraîne une certaine désaffection de la filière pharmaceutique. Le sujet continue à faire débat comme en ont témoigné les discussions de conclusion de la séance délocalisée de l’Académie de pharmacie organisée à Grenoble le mois dernier.

Innovations pédagogiques pour doper l’enseignement de la pharmacie

La présentation de l’UFR de Pharmacie de l’Université Joseph Fournier de Grenoble qui était l’objet principal de cette séance a permis de rendre compte de son dynamisme dans le domaine de la recherche et de la formation des futurs pharmaciens. En la matière, les UFR de médecine et de pharmacie de Grenoble ont choisi d’anticiper dès 2008 la mise en œuvre de la PACES. Outre la séparation des concours, de nombreuses innovations pédagogiques ont ainsi accompagné la réforme afin notamment que ne soit pas lésée la filière pharmaceutique. Ainsi, au sein de la faculté de pharmacie de Grenoble, l’enseignement se déroule-t-il « par séquence d’apprentissage de quatre semaines. Première semaine : étude des cours sur DVD. Deuxième semaine : formulation en ligne des questions. Troisième semaine : enseignement présentiel interactif pour répondre aux questions, pour insister sur les objectifs pédagogiques, pour faire des exercices. Quatrième semaine : séance de tutorat institutionnel (séance présentielle) sous forme de QCM préparées par des étudiants mais, validées par des enseignants » a énuméré Edwige Nicolle maître de conférence au sein de l’UFR de pharmacie. Ce dispositif semble avoir offert à l’enseignement de la pharmacie une image fortement positive à Grenoble. Ainsi, « Parmi les étudiants admis en L2, 82 % ont choisi la Pharmacie en premier choix : la Pharmacie n’est pas un choix par défaut », insiste Edwige Nicolle, qui remarque en outre : « En 2010-2011, il y avait 385 étudiants inscrits en Pharmacie et, en 2011-2012, les inscriptions ont augmenté ».

Le président de l’Académie de pharmacie favorable à une sélection à l’entrée

Ces résultats très encourageants ne suffisent cependant pas pour faire taire toutes les critiques. La présentation des efforts réalisés à Grenoble et chaleureusement salués a ainsi néanmoins été suivie de plusieurs interrogations sur les méfaits de la PACES. Le président de l’Académie de pharmacie, Jean-Paul Chiron a ainsi fait remarquer que « les disciplines fondamentales ont plus ou moins disparu de la PACES et c’est un problème. Il serait, par ailleurs, préférable de faire une sélection à l’entrée » a-t-il plaidé. De son côté, Christophe Ribuot, directeur de l’UFR de pharmacie de Grenoble a estimé que pour l’heure, il n’était pas possible de tirer un bilan de la réforme. « Peut-être y aura-t-il moins de perte de temps grâce à la réorientation, si elle est réussie. Il est difficile de répondre à cette question dès maintenant » a-t-il ainsi répondu lorsqu’on l’interrogeait sur le point. Le sujet est d’ailleurs au centre des réflexions de la Commission de l’enseignement et de la formation permanente de l’Académie nationale de pharmacie, saisie de cette question après une rencontre avec Xavier Jeunemaître, conseiller auprès du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. « Le point de départ de la réflexion » est « d’une part l’observation de dysfonctionnements dans le cadre de la PACES et d’autre part, la désaffection apparente des étudiants pour la filière pharmaceutique » a précisé Yvette Pourcelot-Roubeau responsable de cette commission.

Aurélie Haroche

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