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La pluridisciplinarité de la prise en charge améliore la survie après cancer du sein

Publié le 16/05/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Dès le premier Plan Cancer, l’accent était mis sur l’intérêt des soins en pluridisciplinarité, la formalisant avec la mise en place de Réunions de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) dans les centres suivant les patients cancéreux. Nos voisins d’Outre-Manche avaient, dès 1995, organisé ce type de prise en charge pluridisciplinaire, dans la région de Glasgow.

Une étude est publiée dans le British Medical Journal, précisant les effets de ce mode de prise en charge sur la survie des patientes traitées pour cancer du sein. L’étude prend place dans deux régions voisines, l’une ayant organisé la prise en charge pluridisciplinaire, l’autre non, et totalise 14 358 patientes chez lesquelles a été diagnostiqué un cancer du sein entre 1990 et 2000.

Alors qu’avant la mise en place des soins en pluridisciplinarité la mortalité à 5 ans par cancer du sein était supérieure de 11 % dans la région étudiée en comparaison avec la zone voisine, elle devient inférieure de 18 % entre 1995 et 2000, après la nouvelle organisation des soins (Hazard ratio ajusté 0,82 ; intervalle de confiance à 95 % : 0,74 à 0,91). A la même période, la mortalité à 5 ans toutes causes confondues est elle aussi inférieure de 11 % pour les patientes bénéficiant de la prise en charge pluridisciplinaire (0,89 ; 0,82 à 0,97).

L’étude montre aussi que l’organisation des soins en pluridisciplinarité s’accompagne d’une diminution des centres traitant le cancer du sein, une diminution des inégalités dans les taux de mortalité entre les différents hôpitaux et une réorganisation des soins dans les hôpitaux ayant les moins bons résultats.

Les améliorations constatées sur la mortalité tiennent sans doute à plusieurs facteurs, allant d’une adhésion plus étroite aux recommandations à une formation plus spécialisée des infirmiers, en passant par une augmentation de la pratique des chirurgiens et de meilleurs échanges entre les différents intervenants auprès du patient.

Quelques questions restent toutefois en suspens. L’une d’elle est la raison pour laquelle la pluridisciplinarité profite un peu plus aux patients les plus âgés (28 % pour les 65-79 ans et 25 % pour les plus de 80 ans). Et reste bien entendu la question du rapport coût-efficacité de la mise en place des équipes pluri-disciplinaires, question que soulèvent les auteurs sans que leur étude soit prévue pour y répondre.



Dr Roseline Péluchon


Kesson HM et coll. : Effects of multidisciplinary team working on breast cancer survival : retrospective, comparative, interventional cohort study of 13 722 women.
BMJ 2012;344:e2718 doi: 10.1136/bmj.e2718




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