Dès le premier Plan Cancer, l’accent était mis sur l’intérêt des
soins en pluridisciplinarité, la formalisant avec la mise en place
de Réunions de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) dans les
centres suivant les patients cancéreux. Nos voisins d’Outre-Manche
avaient, dès 1995, organisé ce type de prise en charge
pluridisciplinaire, dans la région de Glasgow.
Une étude est publiée dans le British Medical Journal, précisant
les effets de ce mode de prise en charge sur la survie des
patientes traitées pour cancer du sein. L’étude prend place dans
deux régions voisines, l’une ayant organisé la prise en charge
pluridisciplinaire, l’autre non, et totalise 14 358 patientes chez
lesquelles a été diagnostiqué un cancer du sein entre 1990 et
2000.
Alors qu’avant la mise en place des soins en pluridisciplinarité
la mortalité à 5 ans par cancer du sein était supérieure de 11 %
dans la région étudiée en comparaison avec la zone voisine, elle
devient inférieure de 18 % entre 1995 et 2000, après la nouvelle
organisation des soins (Hazard ratio ajusté 0,82 ; intervalle de
confiance à 95 % : 0,74 à 0,91). A la même période, la mortalité à
5 ans toutes causes confondues est elle aussi inférieure de 11 %
pour les patientes bénéficiant de la prise en charge
pluridisciplinaire (0,89 ; 0,82 à 0,97).
L’étude montre aussi que l’organisation des soins en
pluridisciplinarité s’accompagne d’une diminution des centres
traitant le cancer du sein, une diminution des inégalités dans les
taux de mortalité entre les différents hôpitaux et une
réorganisation des soins dans les hôpitaux ayant les moins bons
résultats.
Les améliorations constatées sur la mortalité tiennent sans
doute à plusieurs facteurs, allant d’une adhésion plus étroite aux
recommandations à une formation plus spécialisée des infirmiers, en
passant par une augmentation de la pratique des chirurgiens et de
meilleurs échanges entre les différents intervenants auprès du
patient.
Quelques questions restent toutefois en suspens. L’une d’elle
est la raison pour laquelle la pluridisciplinarité profite un peu
plus aux patients les plus âgés (28 % pour les 65-79 ans et 25 %
pour les plus de 80 ans). Et reste bien entendu la question du
rapport coût-efficacité de la mise en place des équipes
pluri-disciplinaires, question que soulèvent les auteurs sans que
leur étude soit prévue pour y répondre.
Dr Roseline Péluchon
Kesson HM et coll. : Effects of multidisciplinary team working on breast cancer survival : retrospective, comparative, interventional cohort study of 13 722 women.
BMJ 2012;344:e2718 doi: 10.1136/bmj.e2718
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