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Contraception : nouvelles preuves de la supériorité du stérilet et des implants

Publié le 01/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La grossesse non désirée constitue un problème majeur de santé aux USA, puisqu’environ la moitié des grossesses aux USA sont des grossesses non désirées (3 millions par an), lesquelles sont à l’origine de 1,2 million d’interruptions de grossesse par an. Chez les femmes qui utilisent une méthode contraceptive, c'est environ une grossesse sur deux qui n'est pas désirée

Les échecs contraceptifs sont liés pour une large part à un manque de rigueur dans le suivi de la contraception. La pilule constitue la méthode contraceptive la plus utilisée aux USA. Le taux d’échec de la pilule est estimé à 9 % pour la population générale, 13 % pour les adolescentes et 30 % pour certains groupes de population à haut risque.

Les méthodes contraceptives de longue durée, telles que le stérilet et l’implant, qui ne dépendent pas d’une prise quotidienne, sont associées à un taux d’échec inférieur à 1 %. Malgré son efficacité, le stérilet n’est utilisé que par 5,5 % des femmes recourant à une contraception.

Aux USA, les analyses prospectives des échecs des méthodes contraceptives sont en nombre limité. Dans ce contexte, une étude prospective de cohorte a été entreprise afin de comparer les taux d’échecs des méthodes contraceptives de longue durée et réversibles (stérilets et implants) avec ceux d’autres méthodes contraceptives fréquemment utilisées (la pilule, le patch transdermique, l’anneau vaginal et l'acétate de médroxyprogestérone en dépôt DMPA).

Au total, 7 486 femmes âgées de 14 à 45 ans, à risque de grossesse non désirée, et utilisant une méthode contraceptive de leur choix et gratuite, ont été incluses (2007-2011) dans cette étude. Toutes ont reçu des conseils sur l’utilisation, l’efficacité et les effets secondaires des différentes méthodes contraceptives avant de faire leur choix entre pilule, patch transdermique, anneau vaginal, stérilet ou implant.

Les participantes ont été suivies d’abord à trois et à six mois, puis tous les six mois pendant trois ans. Durant cette période 334 femmes ont eu des grossesses non désirées, dont 156 étaient associées à un échec contraceptif. Parmi ces patientes, 133 utilisaient la pilule, le patch transdermique ou l’anneau vaginal, 21 étaient porteuses d’un stérilet ou d’un implant vaginal et deux avaient eu des injections de DMPA. Le taux d’échec est apparu environ 20 fois plus faible avec les méthodes contraceptives de longue durée (stérilet ou implant)  qu’avec les pilules, patchs ou anneaux. Ainsi, après ajustement pour des facteurs confondants (âge, niveau d’éducation…), le taux d’échec contraceptif était seulement de 0,27 pour 100 participantes-années chez les utilisatrices d’une méthode longue durée, contre 4,55 chez les utilisatrices de pilules, patch ou anneau (Hazard Ratio ajusté= 21,8 ; intervalle de confiance à 95 % : 13,7 – 34,9).

Parmi les utilisatrices de la pilule, du patch ou d’un anneau, le risque de grossesse non désirée était deux fois plus important chez les femmes âgées de moins de 21 ans, par rapport aux femmes plus âgées.

Au-delà de 21 ans, aucune différence d’efficacité de contraception en fonction de l’âge n’a été observée.

Parmi les utilisatrices de stérilet, d’implant ou d’injection de DMPA, les taux de grossesse non désirée étaient faibles et similaires et aucune différence d’efficacité n’a été observée en fonction de l’âge.

En conclusion, les résultats de cette étude montrent que, quelle que soit la tranche d’âge, les méthodes contraceptives réversibles de longue durée (stérilet ou implants) sont beaucoup plus efficaces dans la prévention de la grossesse non désirée que la pilule, le patch ou l’anneau. Ces résultats encouragent l’utilisation des méthodes contraceptives de longue durée, notamment chez les jeunes femmes.



Dr Viola Polena


Winner B et coll. : Effectiveness of long-acting reversible contraception. N Engl J Med. 2012; 366: 1998-2007




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