La grossesse non désirée constitue un problème majeur de santé
aux USA, puisqu’environ la moitié des grossesses aux USA sont des
grossesses non désirées (3 millions par an), lesquelles sont à
l’origine de 1,2 million d’interruptions de grossesse par an. Chez
les femmes qui utilisent une méthode contraceptive, c'est environ
une grossesse sur deux qui n'est pas désirée
Les échecs contraceptifs sont liés pour une large part à un
manque de rigueur dans le suivi de la contraception. La pilule
constitue la méthode contraceptive la plus utilisée aux USA. Le
taux d’échec de la pilule est estimé à 9 % pour la population
générale, 13 % pour les adolescentes et 30 % pour certains groupes
de population à haut risque.
Les méthodes contraceptives de longue durée, telles que le
stérilet et l’implant, qui ne dépendent pas d’une prise
quotidienne, sont associées à un taux d’échec inférieur à 1 %.
Malgré son efficacité, le stérilet n’est utilisé que par 5,5 % des
femmes recourant à une contraception.
Aux USA, les analyses prospectives des échecs des méthodes
contraceptives sont en nombre limité. Dans ce contexte, une étude
prospective de cohorte a été entreprise afin de comparer les taux
d’échecs des méthodes contraceptives de longue durée et réversibles
(stérilets et implants) avec ceux d’autres méthodes contraceptives
fréquemment utilisées (la pilule, le patch transdermique, l’anneau
vaginal et l'acétate de médroxyprogestérone en dépôt DMPA).
Au total, 7 486 femmes âgées de 14 à 45 ans, à risque de
grossesse non désirée, et utilisant une méthode contraceptive de
leur choix et gratuite, ont été incluses (2007-2011) dans cette
étude. Toutes ont reçu des conseils sur l’utilisation, l’efficacité
et les effets secondaires des différentes méthodes contraceptives
avant de faire leur choix entre pilule, patch transdermique, anneau
vaginal, stérilet ou implant.
Les participantes ont été suivies d’abord à trois et à six mois,
puis tous les six mois pendant trois ans. Durant cette période 334
femmes ont eu des grossesses non désirées, dont 156 étaient
associées à un échec contraceptif. Parmi ces patientes, 133
utilisaient la pilule, le patch transdermique ou l’anneau vaginal,
21 étaient porteuses d’un stérilet ou d’un implant vaginal et deux
avaient eu des injections de DMPA. Le taux d’échec est apparu
environ 20 fois plus faible avec les méthodes contraceptives de
longue durée (stérilet ou implant) qu’avec les pilules,
patchs ou anneaux. Ainsi, après ajustement pour des facteurs
confondants (âge, niveau d’éducation…), le taux d’échec
contraceptif était seulement de 0,27 pour 100 participantes-années
chez les utilisatrices d’une méthode longue durée, contre 4,55 chez
les utilisatrices de pilules, patch ou anneau (Hazard Ratio ajusté=
21,8 ; intervalle de confiance à 95 % : 13,7 – 34,9).
Parmi les utilisatrices de la pilule, du patch ou d’un anneau,
le risque de grossesse non désirée était deux fois plus important
chez les femmes âgées de moins de 21 ans, par rapport aux femmes
plus âgées.
Au-delà de 21 ans, aucune différence d’efficacité de
contraception en fonction de l’âge n’a été observée.
Parmi les utilisatrices de stérilet, d’implant ou d’injection de
DMPA, les taux de grossesse non désirée étaient faibles et
similaires et aucune différence d’efficacité n’a été observée en
fonction de l’âge.
En conclusion, les résultats de cette étude montrent que, quelle
que soit la tranche d’âge, les méthodes contraceptives réversibles
de longue durée (stérilet ou implants) sont beaucoup plus efficaces
dans la prévention de la grossesse non désirée que la pilule, le
patch ou l’anneau. Ces résultats encouragent l’utilisation des
méthodes contraceptives de longue durée, notamment chez les jeunes
femmes.
Dr Viola Polena
Winner B et coll. : Effectiveness of long-acting reversible contraception. N Engl J Med. 2012; 366: 1998-2007
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