L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) est
une pathologie très fréquente dans la population générale. L’AOMI,
même asymptomatique, est associée est une forte morbimortalité
cardiovasculaire.
Des américains ont eu l’idée d’étudier les caractéristiques
scannographiques des muscles des mollets de sujets artéritiques,
ainsi que la puissance musculaire de ces patients, et à rechercher
d’éventuelles corrélations avec le pronostic général ou
cardiovasculaire.
Ils se sont donc intéressés à quelque 450 patients atteints
d’AOMI (n : 434) qui ont tous bénéficié annuellement d’une analyse
fine des mollets par scanner. Les mesures de la force musculaire
étaient également réalisées annuellement, selon des protocoles
standardisés et validés.
Un quart des patients sont morts au cours des 4 ans du suivi (n
: 103 ; 24 %).
Toutes les analyses ont été faites après ajustement sur de
nombreux facteurs confondants (âge, sexe, indice de masse corporal,
indices de pressions systoliques (IPS), tabagisme, activité
physique et comorbidités.
Il ressort des analyses qu’une moindre densité des muscles des
mollets est associée à une plus forte mortalité toutes causes
confondues (hazard ratio [HR] dans le tertile inférieur : 1,80 ;
intervalle de confiance à 95 % [IC] : 1,07-3,03 ; HR dans tertile
moyen : 0,91 ; IC : 0,51-1,62 ; HR dans le tertile supérieur : 1,00
; p pour la tendance : 0,020).
De même, la moindre densité des muscles des mollets est associée à
un risque de mortalité cardiovasculaire presque 2 fois et demi
supérieur (HR pour le tertile inférieur : 2,39 ; IC : 0,90-6,30 ;
HR pour le tertile moyen : 0,85 ; IC : 0,27-2,71 ; HR pour le
tertile inférieur : 1,00 ; p pour la tendance : 0,047).
Une force de flexion plantaire limitée est par ailleurs un
marqueur prédictif indépendant de mortalité toutes causes
confondues (p : 0,004), de même qu’une faible puissance musculaire
jambière (faiblesse d’extension ou de flexion du genou ; p : 0,046)
ou encore une faible force de préhension au niveau de la main (p :
0,005). Et ce, rappelons-le, car c’est intéressant, après
ajustement sur de nombreux facteurs, y compris l’IPS, l’âge, les
comorbidités et l’activité physique.
Autrement dit, chez les artéritiques, la faiblesse musculaire
serait un marqueur de risque - indépendant - de mortalité toutes
causes confondues. A noter cependant qu’il s’agit d’une étude
observationnelle. A confirmer donc.
Dr Olivier Meillard
Mc Dermott MM et coll. : Calf muscle characteristics, strength measures, and mortality in peripheral arterial disease
J Am Coll Cardiol 2012; 59:1159-67
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