Paris, le vendredi 8 juin 2012 – Fléau dénoncé depuis de
nombreuses années, qui tue des milliers de personnes chaque année
dans les pays en voie de développement, la contrefaçon de
médicaments paraissait devoir rester un épiphénomène en France.
Grâce un réseau de distribution très encadré et au rempart que
représente le monopole des officines sur la vente de produits
pharmaceutiques, notre pays n’enregistrait en effet jusqu’alors
qu’un très faible nombre de médicaments contrefaits pénétrant sur
son territoire. La donne pourrait être en passe de changer comme
l’ont mis en évidence des chiffres présentés par l’Union des
fabricants (UNIFAB) à l’occasion de la quatorzième journée mondiale
anti-contrefaçon.
L’année 2010 avait déjà constitué une alerte. Ainsi, en Europe,
les services des douanes interceptaient trois millions de faux
médicaments, représentant 3 % des 103 millions d’articles
contrefaits saisis cette année là. Cependant, la France demeurait
encore pratiquement totalement épargnée par ce phénomène. 2011 a
cependant marqué un tournant : sur les 8,9 millions de produits
contrefaits découverts par les douanes françaises, 65 000 étaient
des boîtes de médicaments. « Cela représente un bond, en
comparaison des années précédentes où les saisies de médicaments
contrefaits étaient quasiment nulles » relève Delphine Sarfati,
porte-parole de l’Unifab, citée par le Figaro. D’une manière
générale, la contrefaçon de médicaments paraît avoir explosé ces
dernières années en Europe et dans le monde. Aujourd’hui, 8 et 10 %
des produits de santé dans le monde ne seraient pas authentiques,
tandis que le gain tiré par les fraudeurs est évalué à 75 milliards
d’euros par an.
M.P.
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