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Yoyo avec ou sans adénoïdectomie pour prévenir les récidives d’otites

Publié le 18/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Prés de 70 % des enfants ont eu au moins une otite au cours de leurs deux premières années de vie. Les otites récidivantes entraînent une perte auditive fluctuante jusqu’à moins 20-30 dB et une altération de la qualité de vie. Les séquelles auditives peuvent conduire à un retard de langage et de scolarité. Les drains transtympaniques (yoyo) et l’adénoïdectomie sont les traitements proposés pour prévenir les récidives. Très peu d’études randomisées ont été consacrées à leur efficacité. L’adénoïdectomie seule paraît inefficace ; en complément des drains, elle a été peu évaluée.

Des ORL finlandais ont conduit une étude prospective chez des enfants de 10 mois à 2 ans adressés pour otites récidivantes, au moins 3 épisodes durant les 6 mois précédents. Les critères d’exclusion étaient des antécédents d’adénoïdectomie, de drains préalables, d’antibiothérapie pour une autre cause, de malformations ou de déficit immunitaire. Après acceptation parentale, 300 enfants ont été sélectionnés et tirés au sort pour avoir des drains (groupe D) ou une adénoïdectomie et des drains (groupe AD) ou aucun traitement chirurgical (groupe contrôle C). Les inclusions n’ont eu lieu qu’après assèchement de l’oreille moyenne sous antibiotiques. Les visites de contrôle ont été programmées tous les 4 mois pendant 1 an et à la demande en cas de suspicion d’otite. Le diagnostic a été étayé par otoscopie pneumatique, tympanométrie, otomicroscopie ou otorrhée par un des ORL de l’équipe. Une récidive d’otite n’a été diagnostiquée qu’en l’absence d’épanchement lors de l’examen antérieur. Chaque épisode a été traité par antibiotique.

L’évolution était jugée défavorable en cas de survenue de 2 épisodes d’otite en 2 mois, 3 en 6 mois ou d’un épanchement persistant pendant 2 mois. Un an après l’intervention, un échec ainsi défini a été constaté dans 21 cas sur 100 dans le groupe D, 16 sur 100 dans le groupe AD et 34 sur 100 dans le groupe C. Entre les groupes D et C, la différence a été de -13 % (intervalle de confiance -25 à -1 % P=0,04) et entre les groupes AD et C de -18 % (IC -30 % à -6 % P=0,004). Au total, l’insertion de drains seuls ou avec adénoïdectomie réduit le risque de récidive de 38 % et 53 % respectivement. Dans les groupes D et AD, 48 % et 49 % des enfants n’ont pas eu de récidive contre 34 % dans le groupe C. Cependant, il n’y avait pas de différences statistiques entre les 2 groupes chirurgicaux concernant le nombre de récidives (-5 % P=0,37), le délai des rechutes ni le nombre d’enfants sans rechute (différence 1 %).
En conclusion, les drains transtympaniques avec ou sans adénoïdectomie ont une certaine efficacité dans la prévention des récidives d’otite.



Pr Jean-Jacques Baudon


Kujala T et coll. : Tympanostomy with and without adenoidectomy for the prevention of recurrences of acute otitis media. A randomized trial. Pediatr Infect Dis J., 2012; 31: 565-69



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