Prés de 70 % des enfants ont eu au moins une otite au cours de
leurs deux premières années de vie. Les otites récidivantes
entraînent une perte auditive fluctuante jusqu’à moins 20-30 dB et
une altération de la qualité de vie. Les séquelles auditives
peuvent conduire à un retard de langage et de scolarité. Les drains
transtympaniques (yoyo) et l’adénoïdectomie sont les traitements
proposés pour prévenir les récidives. Très peu d’études randomisées
ont été consacrées à leur efficacité. L’adénoïdectomie seule paraît
inefficace ; en complément des drains, elle a été peu évaluée.
Des ORL finlandais ont conduit une étude prospective chez des
enfants de 10 mois à 2 ans adressés pour otites récidivantes, au
moins 3 épisodes durant les 6 mois précédents. Les critères
d’exclusion étaient des antécédents d’adénoïdectomie, de drains
préalables, d’antibiothérapie pour une autre cause, de
malformations ou de déficit immunitaire. Après acceptation
parentale, 300 enfants ont été sélectionnés et tirés au sort pour
avoir des drains (groupe D) ou une adénoïdectomie et des drains
(groupe AD) ou aucun traitement chirurgical (groupe contrôle C).
Les inclusions n’ont eu lieu qu’après assèchement de l’oreille
moyenne sous antibiotiques. Les visites de contrôle ont été
programmées tous les 4 mois pendant 1 an et à la demande en cas de
suspicion d’otite. Le diagnostic a été étayé par otoscopie
pneumatique, tympanométrie, otomicroscopie ou otorrhée par un des
ORL de l’équipe. Une récidive d’otite n’a été diagnostiquée qu’en
l’absence d’épanchement lors de l’examen antérieur. Chaque épisode
a été traité par antibiotique.
L’évolution était jugée défavorable en cas de survenue de 2
épisodes d’otite en 2 mois, 3 en 6 mois ou d’un épanchement
persistant pendant 2 mois. Un an après l’intervention, un échec
ainsi défini a été constaté dans 21 cas sur 100 dans le groupe D,
16 sur 100 dans le groupe AD et 34 sur 100 dans le groupe C. Entre
les groupes D et C, la différence a été de -13 % (intervalle de
confiance -25 à -1 % P=0,04) et entre les groupes AD et C de -18 %
(IC -30 % à -6 % P=0,004). Au total, l’insertion de drains seuls ou
avec adénoïdectomie réduit le risque de récidive de 38 % et 53 %
respectivement. Dans les groupes D et AD, 48 % et 49 % des enfants
n’ont pas eu de récidive contre 34 % dans le groupe C. Cependant,
il n’y avait pas de différences statistiques entre les 2 groupes
chirurgicaux concernant le nombre de récidives (-5 % P=0,37), le
délai des rechutes ni le nombre d’enfants sans rechute (différence
1 %).
En conclusion, les drains transtympaniques avec ou sans
adénoïdectomie ont une certaine efficacité dans la prévention des
récidives d’otite.
Pr Jean-Jacques Baudon
Kujala T et coll. : Tympanostomy with and without adenoidectomy for the prevention of recurrences of acute otitis media. A randomized trial. Pediatr Infect Dis J., 2012; 31: 565-69
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