Comme la récente campagne électorale en France l’a encore
rappelé, l’immigration demeure une question d’actualité, avec «
l’afflux des demandeurs d’asile » dans les pays dits « riches. » Et
quelle que soit la réponse politique en la matière («
anti-populationniste[1] » c’est-à-dire restrictive, ou au contraire
plus permissive), force est de reconnaître, avec les éditorialistes
du British Journal of Psychiatry, qu’il faudrait –en
Grande-Bretagne comme dans l’ensemble des pays d’accueil– mieux
comprendre « les besoins des minorités ethniques », notamment en
matière de santé mentale. Besoins concernant à la fois les migrants
adultes et leurs enfants. Ces informations (sur la demande
implicite des réfugiés économiques ou politiques) sont en effet «
cruciales » pour identifier les « facteurs de risque pertinents »
et « élaborer des interventions appropriées fondées sur des faits »
(on reconnaît la marque de l’Evidence based medicine[2]), par
exemple « améliorer l’accès aux soins » ou proposer une offre
thérapeutique tenant compte des particularités culturelles.
Les auteurs rappellent que les termes « ethnie », « race » et «
migration » ont souvent une définition imprécise (on pourrait
ajouter à cette liste les termes de « communauté » et de «
communautarisme » souvent évoqués en France), qu’il existe une «
interaction complexe entre le statut de minorité ethno-culturelle
et le statut socio-économique », et que les besoins de santé
mentale comme l’efficacité concrète des soins dispensés varient
largement selon le type de migrants et en fonction de l’âge. À tel
point qu’avant toute réflexion sur les besoins des nouvelles
générations d’immigrés, on devrait déjà « commencer à tirer des
leçons » (révélées par les trajectoires) des enfants dont les
parents ou grands-parents ont migré voilà plusieurs décennies. Les
auteurs plaident donc pour le développement des recherches
épidémiologiques sur ce thème, au carrefour controversé de la
médecine, la sociologie, la politique, l’économie…
[1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Populationnisme
[2]
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9decine_fond%C3%A9e_sur_les_faits
Dr Alain Cohen
Dogra N et coll. : Mental health problems in children and young people from minority ethnic groups: the need for targeted research. Br J Psychiatry, 2012; 200: 265–267.
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