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Risque de maladie thromboembolique après chirurgie intestinale doublé en cas de MICI

Publié le 20/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La première description d’une association entre thrombose veineuse profonde (TVP) et maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) date de 1936. De récentes études ont montré que le risque de TVP était, chez ces malades, multiplié par un coefficient variant de 1,5 à 7. De plus, les embolies pulmonaires (EP) sur un tel terrain seraient plus souvent fatales.

Les auteurs ont voulu, sur l’année 2008, vérifier les résultats d’un protocole de qualité de soins, observé par 170 centres américains d’excellence, sur les porteurs de MICI, que leur intervention ait intéressé ou non le tube digestif, (pour éliminer le biais de la poussée aiguë), et en prenant en compte les pathologies associées. Ils ont retenu, sur plus de 271 000 dossiers, 2 249 MICI, dont 1 146 maladies de Crohn ou iléites régionales. Pendant la même année, dans les mêmes centres, plus de 84 000 sujets ont subi une intervention sur l’intestin (dont plus du ¼ sur l’appendice). Sur tous ces patients, on a noté l’occurrence dans les suites opératoires de TVP, EP, et décès dans les 30 j.

On a constaté la survenue de TVP ou de PE chez 57 opérés de MICI, soit 2,5 % à comparer avec une incidence de 1 % sur les 270 000 patients opérés d’autre chose. En revanche, le risque d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral est similaire avec ou sans MICI. La MICI sévit davantage chez les Blancs ou Hispaniques que chez les Noirs, et atteint des sujets plus jeunes (âge moyen 43 vs 55 ans), davantage en surpoids, plus souvent consommateurs de tabac et de corticoïdes, mais quand même d’un stade ASA (American Society of Anaesthesiology) meilleur (1 ou 2), et ayant au total une mortalité opératoire légèrement plus faible, malgré un taux de sepsis supérieur.

En analyse multivariée, même après prise en compte des variables parasites (âge, indice de masse corporelle, prise de corticoïdes), la présence de MICI double le risque de maladie thromboembolique, et c’est un des facteurs les plus discriminants en ce sens (avec l’infection postopératoire). En revanche, la présence de TVP ou de PE ne modifie pas la mortalité des opérés de MICI (8,7 %).

Dans le sous-groupe des 100 patients porteurs de MICI ayant subi une intervention non intestinale, on constate encore un risque de maladie thromboembolique de 5 %, vs 0,8 % chez 213 402 patients sans MICI, soit un risque quintuplé !

Peut-être faudrait-il reconsidérer la prophylaxie anticoagulante en cas de maladie inflammatoire chronique de l’intestin.



Dr Jean-Fred Warlin


Merrill A, Millham F : Increased risk of postoperative deep vein thrombosis and pulmonary embolism in patients with inflammatory bowel disease. Arch.Surg. 2012; 147: 120-124.




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