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Gastroparésie dans le diabète de type 1 : fréquente et pas sans conséquences

Publié le 21/06/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Si le diabète compte, dans différents travaux, pour un tiers des cas de gastroparésie (GP), la prévalence de la GP chez les diabétiques est mal connue, variant selon qu’elle est déterminée en mesurant le temps de vidange gastrique (estimée alors de 30 à 50 % chez les patients diabétiques  de type 1 depuis longtemps), ou repose sur l’existence de symptômes (estimée alors de 5 à 83 %). Des auteurs danois ont dans ce contexte cherché à évaluer plus précisément la prévalence de la gastroparésie chez les patients ayant un diabète de type 1 (DT1), en cotant la symptomatologie liée à la GP.

Une prévalence de près de 10 %

C’est auprès de 1 028 diabétiques de type 1 suivis en consultation externe au Steno Diabetes Center qu’a été menée l’étude conduite par K Kofod-Andersen. Ces patients ont répondu à un questionnaire adressé par mail (taux de réponse de 74,4 % ; n = 765 répondants) précisant l’existence, dans les deux semaines précédentes, de symptômes de GP (nausées/vomissements ; sensation précoce de satiété, de plénitude gastrique ; ballonnement),  et un indice de sévérité des symptômes a été établi.

Un score total GCSI (Gastroparesis Cardinal Symptoms Index) égal ou supérieur à 1,90 affirmait la présence d’une symptomatologie liée à la gastroparérie. Chez les 102 patients qui avaient un tel score, a été attentivement recherchée une étiologie autre que le diabète susceptible d’expliquer la GP, qu’il s’agisse de pathologies (affections gastriques, post-chirurgicales ou non ; affections neurologiques ; anorexie mentale ; connectivites ;  dysthyroïdie ;  insuffisance surrénalienne ; hypokaliémie…) ou de traitements médicamenteux ralentissant la vidange gastrique (anticholinergiques, antidépresseurs, antagonistes calciques, sédatifs, antipsychotiques, opiacés, dopaminergiques…). Une telle étiologie a été retrouvée chez 30 patients, qui ont été exclus de l’analyse, ramenant le nombre de patients ayant une symptomatologie compatible avec une GP diabétique à 72 (9,8 %), le diagnostic n’ayant été posé auparavant que chez 9 de ces derniers.

La médiane du score GCSI était de 0,71 (0,0-4,36). Chez les diabétiques de type 1 atteints de gastroparésie (score GCSI ≥ 1,90), les  taux moyens d’hémoglobine glyquée étaient plus élevés que chez ceux indemnes de GP (8,4 ± 1,3 % vs 8,2 ± 1,2 % ; p = 0,02). L’analyse selon la présence ou l’absence de complications du diabète montre, chez les patients atteints de GP, l’existence plus fréquente d’une neuropathie périphérique (16,7 % vs 6,7 % ; p < 0,001), d’une rétinopathie diabétiques (p = 0,006), en comparaison de ceux ayant un DT1 n’ayant pas de gastroparésie, ainsi qu’une tendance à la présence plus fréquente d’une néphropathie diabétique (p = 0,08). Parmi les patients ayant une GP, 26 % avaient aussi des manifestions d’une autre neuropathie autonome (dysfonction érectile, entéropathie, neuropathie vésicale ou cardiaque).

Davantage d’hypoglycémies sévères

C’est aussi une fréquence accrue d’hypoglycémies sévères, qui est mise en évidence en cas de gastroparésie. Parmi les 433 diabétiques de type 1 pour lesquels les données intéressant les hypoglycémies étaient disponibles, les 39 ayant une GP ont rapporté, par semaine, en moyenne 2,2 ± 0,7 épisodes d’hypoglycémie sévère, vs 1,5 ± 0,4 épisodes rapportés par ceux indemnes de GP (p = 0,01), sans majoration observée du risque d’hypoglycémies légères.

De cette étude, il ressort une forte prévalence des symptômes de gastroparésie chez les patients atteints de diabète de type 1, proche de 10 %, plus fréquente chez ceux dont l’hyperglycémie est mal contrôlée, et atteints d’autres complications microangiopathiques diabétiques. C’est sur le dépistage de la gastroparésie en population diabétique qu’insistent les auteurs (peu de cas avaient été reconnus dans la cohorte étudiée), ainsi que sur ses conséquences : risque accru d’hypoglycémies sévères, de malnutrition, de moindre absorption des médicaments, d’hospitalisations, retentissant sur la qualité de vie.



Dr Julie Perrot


Kofod-Andersen K et coll. : Prevalence of gastroparesis-related symptoms in an unselected cohort of patients with type 1 diabetes. J Diabetes Complications, 2102 ; publication avancée en ligne le 28 mars (doi: 10.1016/j.jdiacomp.2012.02.009)


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