Paris, le lundi 25 juin 2012 – Les vacances estivales risquent
de tourner court pour les représentants syndicaux des médecins
libéraux. Donnant plusieurs interviews ce week-end (au site
internet de Corse Matin, à France 3 et à Nice Matin), le ministre
de la Santé, Marisol Touraine s’est montrée un peu plus précise sur
le calendrier que devront suivre les négociations autour de
l’encadrement des dépassements d’honoraires. « J’ai informé
l’assurance malade que je lui demanderai formellement dans quelques
jours d’engager ces négociations » a-t-elle indiqué. Les
convocations des syndicats par l’assurance maladie devraient
ensuite être réalisées promptement puisque Marisol Touraine prévoit
un début de négociations à la mi-juillet.
Toujours pas de chiffres
Dans cette missive que doit donc recevoir l’UNCAM cette semaine,
les attentes du gouvernement en matière « d’encadrement » seront
peut-être enfin un peu plus détaillées. Pour l’heure en effet on ne
sait quel « plafond » le ministre de la Santé souhaite voir fixer
par les syndicats et l’assurance maladie ni à qui il devra
s’adresser en priorité. Sur ce point, Marisol Touraine s’est
contentée de répéter : « Il y aura des contrôles et si les
négociations n’aboutissaient pas, je prendrais des dispositions
dans la loi de Sécurité sociale de la fin de l’année qui
permettront, je le dis, de plafonner les dépassements
d’honoraires ».
La contrainte à l’installation : une mauvaise « démarche »
Le ministre s’inspirera-t-elle des suggestions formulées en la
matière par le Conseil national de l’Ordre qui ont depuis la fin du
mois de mai fait couler beaucoup d’encre ? L’instance ordinale a on
le sait estimé que les médecins de secteur 2 devraient réaliser au
moins 30 % de leur activité au tarif du secteur 1. Par ailleurs,
elle a considéré qu’en tout état de cause, les honoraires d’un
praticien ne devraient pas dépasser trois à quatre fois le montant
opposable de l’acte. On ne sait si ce seuil représente pour Marisol
Touraine une recommandation à creuser.
Une chose est sûre cependant, les autres préconisations du
Conseil de l’Ordre, concernant la contrainte à l’installation des
jeunes médecins pendant leurs cinq premières années de carrière
déplaisent plutôt au ministre. Marisol Touraine juge en effet qu’il
ne s’agit pas de la « bonne marche » et refuse de faire peser sur
les épaules des plus jeunes les erreurs du passé. « S’il n’y a
pas assez de médecins dans les zones rurales ou dans certains
quartiers difficiles, ce n’est pas la faute des jeunes médecins.
Pourquoi faudrait-il que ce soit les plus jeunes qui paient pour
les dysfonctionnements de notre système qui a été laissé à la
dérive ces dernières années ? » interroge-t-elle. Pour le
ministre, la solution résiderait plutôt dans une refonte des études
de médecine et dans un plus grand soutien aux organisations en
équipe.
Léa Crébat
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