Au-delà de l'âge chronologique facile à calculer pour chacun, il
existe un âge biologique qui peut être évalué par la longueur des
télomères, ces morceaux de matériel génétique qui se trouvent à
l'extrémité des chromosomes. La perte d'ADN télomérique
survenant lors des divisions cellulaires est associée au
développement des pathologies chroniques telles que les maladies
cardiovasculaires, les cancers ou certaines démences. Selon des
travaux récents, il semble que la perte de télomère soit un facteur
modifiable, en particulier par l'hygiène de vie. Peu d'études ont
toutefois examiné précisément l'association entre la taille des
télomères et l'adoption d'une bonne hygiène de vie.
C'est dans ce contexte que Sun et al. ont analysé de façon
transversale, dans la cohorte des infirmières américaines (NHS
Study), la relation entre la longueur des télomères et cinq
comportements considérés comme protecteurs vis à vis des
principales maladies chroniques : pratique régulière d'activité
physique, consommation modérée d'alcool, alimentation saine,
absence de tabagisme et maintien d'un IMC normal. Les femmes ayant
une maladie chronique à l'inclusion étaient exclues de l'analyse.
Au total, les données de 5 862 sujets, comprenant notamment
les réponses à un questionnaire de fréquence de consommation des
aliments, de pratique d'activité physique, de consommation d'alcool
et de tabac ont été analysées et confrontées à la longueur des
télomères mesurée dans les leucocytes de ces volontaires. Aucun des
"comportements sains" n'était, de façon individuelle,
significativement associé à la taille de l'ADN télomérique. En
revanche, celle-ci était positivement corrélée au nombre de
facteurs environnementaux protecteurs. Ainsi chez les femmes ayant
une excellente hygiène de vie (cinq comportements protecteurs) le
score évaluant la longueur des télomères était supérieure de 31,2
%.
Pour expliquer l'effet possible de l'hygiène de vie sur les
télomères, les auteurs rappellent que la sédentarité,
l'"alimentation malsaine" et le tabagisme favorisent
l'inflammation, le stress oxydant et l'insulinorésistance qui
pourraient tous les trois accélérer le raccourcissement de l'ADN
télomérique, notamment via une augmentation du renouvellement des
cellules (davantage de divisions cellulaires). La principale limite
de cette étude est son modèle transversal, empêchant d'effectuer
une analyse temporelle entre des modifications d'hygiène de vie et,
d'une part l'évolution des télomères et d'autre part l'incidence
des pathologies chroniques.
Ce travail n'a pas véritablement d'intérêt pratique, mais il
permet d'imaginer de manière simple et concrète l'une des voies par
lesquelles l'hygiène de vie peut influencer le vieillissement et
comment il est possible de le freiner en adoptant des
"comportements sains".
Dr Boris Hansel
Sun Q et coll. : Healthy lifestyle and leukocyte telomere length
in u.s. Women. PLosONE 2012; 7: e38374.
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Vos réactions |
L'hygiène de vie améliore surtout la santé des bien portants
Le 25 juin 2012
Je ne pense pas que l'hygiène de vie permette de modifier en quoi que ce soit l'âge physiologique, la mort étant génétiquement programmée chez chacun de nous. L'hygiène de vie permet jusqu'à preuve du contraire d'éviter des "accidents" et permet de vivre sa vie programmée dans de meilleures conditions...
Il est difficile d'apprécier l'incidence des pathologies sur l'âge physiologique et d'y soustraire l'amélioration due à l'hygiène de vie. Un diabétique avec une bonne hygiène de vie évite certains accidents mais améliore-t-il son âge physiologique? J'en doute. L'hygiène de vie améliore surtout la santé des bien portants...pour les autres, elle évite le pire et de façon très transitoire.
Dr J-F Huet
D'accord et...pas d'accord...
Le 26 juin 2012
"...On a vu souvent rejaillir le feu de l'ancien volcan qu'on croyait éteint..." chantait Brel ! Ma grand-mère maternelle, adepte sans le savoir (Mercière à Paris, bac-6...) du tout génétique,à plus de 80 ans dans les années...50 ! me prédisait une longue vie car l'autre grand-mère frôlait alors aussi les 80 printemps...Autant le dire nous ne savons pas grand chose sur les possibilités d'évaluer même imparfaitement la possible longévité. Il y a des contrées (Himalaya...)où il semble y avoir nettement plus de centenaires en "forme" chez des humains physiquement très actifs, peu pollués par Coca-cola ou Altadis mais l'endogamie y joue probablement un rôle difficile à quantifier car ces régions sont en règle peu ou pas accessibles et nettement moins attirantes que Bali ou Djerba !..."Fumer, picoler, ne pas bouger, bouffer" toutes les études statistiques montrent des liens de proportionnalité avec certaines pathologies très mortifères, alors faute de mieux !
Dr Claude Lamy
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