La ménopause correspond à une diminution de la production des
hormones sexuelles féminines et elle peut s’accompagner de troubles
plus au moins gênants.
Les symptômes les plus fréquents sont les bouffées de chaleur,
les sueurs nocturnes, la sécheresse vaginale, les sensations de
grande fatigue, les troubles de l'humeur (irritabilité, anxiété) et
les troubles du sommeil (insomnie). Leur prise en charge, notamment
des troubles les plus gênants, peut améliorer la qualité de
vie.
En Europe et en Amérique du Nord, pendant plusieurs décennies,
un THS (traitement hormonal de substitution) était fréquemment
proposé pour atténuer les symptômes ménopausiques. Depuis les
publications concernant les risques associés aux THS, ceux-ci sont
désormais prescrits à faible dose et pour de courtes durées. Les
professionnels de santé et les femmes ont ainsi recours à des
solutions alternatives afin d’alléger les symptômes de la
ménopause. Plusieurs stratégies sont adoptées : elles varient des
médicaments (antidépresseurs, anti-hypertensifs….), aux médecines
douces (acupuncture, phytothérapie, réflexologie….) en passant par
les interventions comportementales (exercices, relaxation,
aménagement de l’environnement [dormir dans une chambre fraîche…]
etc.). Mais depuis la publication des résultats de l’étude WHI
(Women’s Health Initiative), peu d’études se sont
intéressées à l’utilisation de ces différentes stratégies.
Une étude transversale sur un échantillon représentatif de la
population a été effectuée au nord-est de l’Ecosse afin d’évaluer
la prévalence des symptômes ménopausiques et leur prise en charge
chez les femmes âgées de 45 à 54 ans, enregistrées auprès de 16
médecins généralistes.
Au total, 8 206 femmes ont été invitées en 2009 à répondre à un
questionnaire sur la fréquence, le degré des troubles et la prise
en charge des symptômes (parmi 23) dont elles avaient souffert au
cours du mois précédent. Seules 4 407 étaient disponibles pour
cette enquête. Parmi ces dernières, environ 25 % étaient en
pré-ménopause, 28 % en péri-ménopause, 22 % en post-ménopause, 14 %
en ménopause chirurgicale et 12 % étaient inclassables. L’âge
médian de la ménopause naturelle était de 48 ans (45-50).
En ce qui concerne le mois précèdent la réception du
questionnaire, environ la moitié des participantes rapportaient
avoir eu des symptômes ménopausiques ; les bouffées de chaleurs,
les sueurs nocturnes et la sécheresse vaginale ont été signalées
par respectivement 46,7 % (intervalle de confiance à 95 % [IC95] :
45,2–48,2), 46,4 % (IC95 : 44,9–47,9) et 28,2 % (IC95 : 26,9–29,6)
des femmes. Environ 40 % des femmes trouvaient les symptômes assez
ou extrêmement gênants. Le nombre moyen des symptômes rapportés
était de 9,3 (DS=4,7). Les femmes en péri-ménopause rapportaient un
peu plus de symptômes (moyenne=10,5 ; DS=4,5), suivies par celles
ménopausées chirurgicalement (moyenne=10,2 ; DS=5) puis les celles
en post-ménopause (moyenne=9,5 ; DS=4,4), et enfin les femmes en
pré-ménopause (moyenne= 7,5 ; DS=4,5).
La majorité des femmes (>60 %) avaient recherché un soutien
social en parlant avec les amies et la famille et avaient cherché
des informations sur la prise en charge des symptômes. Les remèdes
à base de plantes étaient plus fréquemment utilisés que les
médicaments. Un THS était plus souvent suivi en cas de ménopause
chirurgicale (21 %), que par les femmes en post-ménopause (8 %) et
en péri-ménopause (<2 %). Plus d’un tiers des femmes étaient
demandeuses de soutien de la part du médecin généraliste, de
l’infirmière et de leur partenaire.
En conclusion, cette étude rappelle que les symptômes de la
ménopause sont fréquents et souvent gênants. Pour les alléger, les
femmes ont recours aux différentes stratégies disponibles et il
reste important que les études à venir évaluent leurs efficacités
respectives, notamment au delà des THS et des remèdes à base de
plantes.
Dr Viola Polena
Duffy O et coll. : The impact and management of symptoms experienced at midlife: a community-based study of women in northeast Scotland. BJOG 2012; 119: 554–564.
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Vos réactions |
Homéopathie + acupuncture
Le 28 juin 2012
Cet article ne prouve rien et il est inutile.
L'homéopathie bien conduite est par expérience significativement supérieure à tous les traitements conventionnels en ce qui concerne les eczémas chroniques non allergiques.
Il serait intéressant de s'intéresser à la combinaison de certains points d'acupuncture associés à des remèdes homéopathiques bien choisis et dont l'efficacité sur les symptômes les plus gênants sont spectaculaires à court et à long terme.
Pierre Henri Nevado
Mélange d'époque...
Le 29 juin 2012
"Par expérience significativement supérieure à tous les traitements conventionnels".
Quel est votre p-value? Vous avez bien fait un contrôle placebo? Plus sérieusement, on ne peut pas qualifier scientifiquement des résultats empiriques personnels. Et ces méthodes alternatives n'ont pas supporté l'épreuve de l'evidence-based medicine jusqu'à aujourd'hui. Ce n'est pas une bataille entre deux façons de voir les choses, la démarche scientifique la plus rigoureuse qu'on a aujourd'hui étant celle des essais cliniques contrôlés.
Bruno Chabanas
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