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Maladies rares : 46 % des patients victimes d’erreurs de diagnostic

Publié le 04/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L’Observatoire des maladies rares a été créé en 2011 pour évaluer la situation des patients et de leurs proches, recenser les difficultés et contribuer à apporter des solutions d’amélioration. Sa première enquête, dévoilée en début de semaine, révèle l’ampleur de la mission. Menée en 2011 auprès de 198 usagers du service Maladies rares info service (0810 63 19 20), elle montre notamment l’étendue du problème d’errance diagnostic.

Errance diagnostic

Parmi les 198 personnes interrogées, 127 étaient des personnes directement touchées par une maladie rare, le reste des sondés étant des proches de malades. Au total, l'échantillon regroupait 121 pathologies différentes.

L'étude montre qu’aucun diagnostic n’est clairement posé pour 15 % des malades sondés, dont les deux tiers depuis plus d'un an et la moitié depuis plus de trois ans. Pour obtenir l'identification de la maladie, 50 % des patients (avec ou sans diagnostic) ont consulté entre 2 et 5 médecins de ville ou médecins hospitaliers, et 13 % plus de cinq. Dans trois cas sur quatre, c'est un praticien hospitalier qui a posé le diagnostic final, au terme d’un parcours du combattant où les erreurs de diagnostic se sont révélées nombreuses puisque 46 % des sondés disent en avoir été victimes.

L'absence de diagnostic est lourde de conséquences pour ces malades. Près des deux tiers d’entre eux estiment que leur santé s'est dégradée durant cette période d’attente.

Quarante cinq pour cent ont ressenti un manque de reconnaissance de leur état de malade par l’entourage tant que la pathologie n’a pas été identifiée. Enfin, 26 % rapportent des commentaires de médecins attribuant une origine psychologique à leurs symptômes. « Ce chiffre est d'autant plus significatif qu'il concerne une population dont, pour la grande majorité, le diagnostic d'une maladie rare est finalement avéré ou dont les symptômes renvoient probablement à une maladie rare », précise sur ce point l’Observatoire des maladies rares.

L’enquête montre que 47 % des personnes malades sans diagnostic sont suivies dans des centres de référence « maladies rares », contre 20 % pour les personnes diagnostiquées, davantage suivies en services hospitaliers à 49 %.

Accès à l’information

Avant de contacter Maladies rares info services, 93 % des sondés ont d’abord tenté de se renseigner sur Internet. L’information obtenue par cette voie est jugée complète par seulement 38 % des participants. Parmi les autres sources d’information, les participants de l’enquête citent les échanges avec un médecin hospitalier (70 %), un médecin de ville (42 %), les livres, brochures et journaux (38 %), les associations (26 %) et les proches (17 %). Pour 37 % des personnes malades et 54 % des proches, l’information délivrée par les professionnels de santé est jugée suffisamment claire. Cinquante-quatre pour cent des malades et 63 % des proches estiment également la qualité de l’écoute satisfaisante. « Sans doute, les personnes malades attendent-elles encore davantage de leur médecin que leurs proches. Une autre explication peut aussi résider dans l’état émotif de la personne malade », commente l’Observatoire.

Reste à charge

Interrogés sur la prise en charge des soins, produits et prestations, les sondés révèlent une situation financière délicate. Quarante-sept pour cent des malades avec diagnostic et 57 % des patients sans diagnostic déclarent un reste à charge. La moitié des malades évaluent les dépenses à charge entre 100 et 1000 euros par mois, et 14 % à plus de 1000 euros.

Ce reste à charge est principalement dû à un remboursement partiel de l’assurance-maladie (57 %), des dépassements d’honoraires de professionnels de santé (44 %) et des remboursements partiels des complémentaires santé (35 %). Il concerne en premier lieu les enfants en bas âge (78 %), suivis des personnes en activité (50 %), des retraités (48 %), des personnes en invalidité, arrêt de travail ou au chômage (43 %) et des scolaires (40 %). Enfin, 19 % des personnes interrogées déclarent avoir déjà renoncé aux soins pour des raisons financières. Une statistique peu étonnante quand on sait que seulement 22 % des personnes atteintes d’une maladie rare exercent une activité professionnelle.

Dans une prochaine enquête prévue en 2012, l’Observatoire des maladies rares s’intéressera à trois autres sujets : l’annonce du diagnostic, les difficultés pratiques liées à un médicament et la coordination des acteurs du parcours médico-social de la personne malade.

 

Joseph Merick, présentant un peu commun syndrome de Protée en consultation publique (The Elephant Man, David Lynch, 1980)



Amandine Ceccaldi



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