De nombreuses études ont souligné l’influence du tabagisme sur
le lupus érythémateux chronique, mais il s’agissait surtout de
lupus cutanés alors que l’impact du tabagisme pour les lupus
systémiques n’apparaissait pas.
On sait que le tabac favorise l’augmentation des cytokines
inflammatoires, l’apoptose, l’apparition de certains auto-anticorps
et la production de radicaux libres ainsi que de micro-particules
qui peuvent être photo-toxiques. Ces différents facteurs peuvent
influencer l’évolution de la maladie séparément ou de façon
conjointe.
Cette étude réalisée en Pennsylvanie apporte des conclusions
plus nuancées :
• Si l’on se réfère à des échelles de sévérité du lupus
comme l’échelle CLASI, on constate que l’atteinte lupique est plus
grave chez les patients fumeurs atteints de lupus cutané que chez
ceux qui n’ont jamais fumé ou ont arrêté de fumer.
• Les patients continuant de fumer ont par ailleurs des scores
beaucoup élevés pour l’indice skindex 29+3.
• De façon plus détaillée, les lupiques fumeurs qui recevaient
de l’hydroxychloroquine utilisaient par ailleurs plus de quinacrine
(autre anti-paludéen utilisé parfois au cours du lupus) que les non
fumeurs.
• On observe aussi de façon paradoxale que, chez les lupiques
fumeurs, l’amélioration obtenue avec les antipaludéens seuls est
meilleure que celle obtenue quand ils sont associés à des
immunosuppresseurs.
Il est probable, comme le soulignent les auteurs, que ces
réponses paradoxales sont peut être liées à un biais de sélection.
Les lupus traités à la fois par anti-paludéens et
immunosuppresseurs étaient naturellement plus sévères. D’autre
part, cette étude n’a pas pris en compte le nombre de cigarettes
fumées qui peut être un facteur de réponse ou de mauvaise réponse à
un traitement donné.
Néanmoins, ce travail confirme l’influence du tabagisme sur la
sévérité du lupus cutané.
Dr Patrice Plantin
Piette EW et coll. : Impact of smoking in cutaneous lupus erythematous. Arch Dermatol 2012 ;148 : 317-22.
Copyright © http://www.jim.fr
 |
Vos réactions |