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De plus en plus de staphylocoques dorés résistants dans les abcès rétro-pharyngiens de l’enfant

Publié le 10/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les abcès rétro-pharyngiens (ARP) résultent d’une suppuration développée à partir d’adénopathies profondes du cou. Leur formation peut être précédée d’une infection naso-pharyngée, d’un traumatisme, de l’ingestion d’un corps étranger mais beaucoup paraissent idiopathiques. Les enfants de moins de 6 ans sont le terrain de prédilection des ARP car les ganglions s’atrophient après cet âge et la plupart des cas surviennent entre 6 et 12 mois. Les abcès sont souvent dus à plusieurs germes ; les plus courants sont le streptocoque A, β hémolytique (SA), le staphylocoque doré et les anaérobies. L’incidence des ARP a augmenté ces dernières années du fait de l’émergence des SA et des staphylocoques résistant à la méthicilline (SDMR).

Des pédiatres de Détroit ont revu leurs cas d’ARP observés entre 2004 et 2010, à l’exclusion de ceux liés à une affection maligne, un déficit immunitaire ou un traumatisme. Durant cette période, 114 enfants, 61 garçons et 53 filles, ont été admis avec le diagnostic d’ARP soit 13,8 cas pour 10 000 admissions, ce qui représente une augmentation de 2,8 fois en comparaison des 11 années précédentes et de 12,5 fois par rapport à la période 1978-89. Les enfants étaient âgés de 4 mois à 17 ans, en moyenne 54 mois et médiane 29 mois. Les signes révélateurs étaient un gonflement du cou (97 %), une douleur cervicale (95 %), de la fièvre (90 %), des douleurs pharyngées (82 %), une dysphagie (75 %), une hypersialorrhée (65 %). L’examen montrait une diminution des mouvements du cou ou un torticolis (99 %), des adénopathies cervicales (95 %), une amygdalite (87 %) ; 9 enfants (8 %) avaient un stridor et une dyspnée.

La leucocytose moyenne était de 21 574/mm3 (2200-54 500). Les radios du cou de profil ont montré un élargissement de l’espace rétro-pharyngien 78 fois sur 80 et les scanners une inflammation ou un abcès dans la totalité des cas avec une extension médiastinale 5 fois. Une aspiration ou une incision pratiquée dans 74 cas (65 %) a ramené du pus 66 fois dont la culture a poussé 61 fois permettant l’isolement de 116 bactéries. Les anaérobies (23 cas) ont toujours poussé avec un germe aérobie (93 cas). Des staphylocoques ont été isolés 25 fois sur 66 prélèvements (38 %) contre 2 sur 41 lors des 11 années précédentes (4,9 %) : 16/25 (64 %) étaient des SDMR contre 0 auparavant. Les enfants avec des SDMR étaient en moyenne plus jeunes que les autres : 11 mois contre 62 (P<0,001) et ont été hospitalisés plus longtemps (8,8 jours contre 4,5 ; P=0,02). Une médiastinite due au SDMR était présente dés l’admission chez 5 enfants. Toutes les souches de SDMR étaient sensibles à la clindamycine.

L’association ceftriaxone clindamycine a été l’antibiothérapie la plus utilisée. Tous les enfants ont guéri de leur abcès.

Au total, cette étude montre l’émergence des staphylocoques comme cause d’abcès rétropharyngiens en particulier avant 2 ans. 



Pr Jean-Jacques Baudon


Abdel-Haq N et coll. : Retropharyngeal abscess in children: the rising incidence of methicillin-resistant Staphylococcus aureus. Pediatr Infect Dis J., 2012; 31:696-99



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