Paris, le mardi 10 juillet 2012 – Il n’est pas fréquent de voir
converger les positions des représentants des « jeunes » avec
celles des sages. Pourtant, sur la question de la mise en place de
la première année commune des études de santé (PACES) incluant
depuis 2010 la pharmacie, les syndicats d’étudiants et les
Académiciens se sont parfaitement retrouvés pour dénoncer cette
idée. Et depuis deux ans, ils n’ont de cesse de d’étayer leurs
arguments.
Sélection à l’entrée plutôt que l’inefficacité de la PACES
L’Académie nationale de pharmacie a ainsi récemment confié à sa
commission de l’enseignement et de la formation le soin de se
pencher sur les effets de la PACES. A l’origine de cette mission,
un a priori plutôt défavorable : « Le point de départ de la
réflexion a été d’une part l’observation de dysfonctionnements dans
le cadre de la PACES et d’autre part, la désaffection apparente des
étudiants pour la filière pharmaceutique » avait ainsi
expliqué la responsable de la commission Yvette Pourcelot-Roubeau
lors d’une séance spéciale à Grenoble au printemps. Aujourd’hui,
alors que les travaux de cette entité n’ont pas encore été achevés,
le président de l’Académie, Jean-Paul Chiron, confirme dans le
numéro de juin de la lettre de l’institution son profond désaccord
avec l’organisation de la PACES. Dans cette tribune, il souligne
ainsi que la prochaine mission de l’Académie sera de formuler des
propositions « sur la formation de nos futurs confrères et
consoeurs ». Dès lors, souligne-t-il, faudra-t-il que les sages
répondent à certaines questions. « Quelle sélection [proposer]
pour les professionnels de santé : une sélection à l’entrée ou la
poursuite d’un PACES qui, à ce jour, destructeur sur le plan
pédagogique ne répond pas à ses objectifs ? » semble-il ainsi
s’interroger. Cependant, la réflexion entamée par l’Académie
concernant l’avenir des études de pharmacie ne se limite pas à la
question épineuse de la PACES. Jean-Paul Chiron note entre autres
qu’elle doit également porter sur « le rôle et les missions du
pharmacien en 2040 » et la formation et le recrutement des
enseignants impliqués dans le cursus pharmaceutique.
Léa Crébat
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