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Faut-il manger gras pour éviter de reprendre du poids?

Publié le 12/07/2012   |  10 réactions Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Si maigrir reste un objectif réalisable à cour terme, la stabilisation du poids semble être une mission quasi-impossible. La baisse excessive de la dépense énergétique (DE) de l’organisme enregistrée à la suite d’une perte de poids serait une des causes de la reprise de poids durant la période de consolidation.

Cette baisse de la DE serait- elle influencée par la nature du régime de consolidation ? L’objectif de cette étude est d’examiner l’effet de 3 régimes sur la DE durant la période de stabilisation consécutive à un régime.

Vingt et un jeunes adultes en surpoids ou obèses ont été suivis par une équipe de Harvard.

Les participants ont commencé par un régime hypocalorique standard qui leur a fait perdre 10 à 15 % de leur poids. Ensuite chaque participant a été soumis successivement à 3 régimes différents  isocaloriques pendant 4 semaines chacun:

1. un régime pauvre en graisses et riche en glucides (20 % lipides, 60 % glucides, 20 % protéines),
2. un régime avec une charge glycémique moyenne (40 % glucides, 40 % lipides, et 20 % protéines)
3.  un régime très pauvre en glucides et riche en graisses (10 % glucides, 60 % lipides, 30 % protéines).

L’objectif principal est d’évaluer la DE au repos (DER), et secondairement la dépense énergétique totale (DET).

Les résultats montrent que la perte de poids s’est accompagnée, comme prévu, d’une diminution de la DER. Cependant, cette diminution a été la plus forte avec le régime 1 (–205 kcal/d), intermédiaire avec le régime 2 (–166 kcal/d) et la plus faible avec le régime 3 (−138 kcal/d). La diminution de la DET a suivi une courbe parallèle avec -423 Kcal/j, -297 Kcal/j et -97 Kcal/j respectivement, (p=0,03). A noter que c’est avec le régime 3 que les composants du syndrome métabolique ont varié le plus favorablement.

Selon les auteurs, après une perte de poids, un régime de stabilisation riche en graisse et pauvre en glucides permet de brûler environ 300 Kcal/j de plus qu’un régime pauvre en graisses et riche en glucides, à apport calorique égal, les bases physiologiques de cette différence restant spéculatives.

Ces résultats, malgré certains biais, suggèrent que la stratégie qui vise à diminuer la charge de glucides au profit des lipides faciliterait la stabilisation du poids après un régime, tout en améliorant le profil métabolique. Si ses avantages venaient à se confirmer à plus long terme, ce type de diète serait intéressant. En effet, au jour d’aujourd’hui,  seuls 15 % des gens qui ont suivi un régime amaigrissant réussirent à se maintenir après 1 an et à peine 5 % après 2 ans !



Dr Rodi Courie


Ebbeling CB et coll. : ,Effects of dietary composition on energy expenditure during weight-loss maintenance. JAMA. 2012;307: 2627-34.



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Vos réactions

Assez de ces études comptables.

Le 12 juillet 2012

Va-t-on enfin finir avec cette approche rétrécie et dangereuse de l'amaigrissement ? Comment font donc les patients pour entreprendre une activité physique avec un régime contenant 10 % de glucides ? Pourtant, c'est bien elle qui leur garantira d'avoir une DER qui augmente grâce à la conservation ou même à la prise de masse maigre. Sans compter la dépense énergétique liée à l'exercice. Et ne parlons pas du fait qu'en améliorant la condition physique, les études épidémiologiques sur la mortalité nous montre qu'on annule tout effet de la corpulence. En rester donc à cette approche comptable (combien de % de gras dans mon assiette, de kilos sur ma balance) devient proprement criminel tant on la sait inopérante et dangereuse. Sans parler des retombées médiatiques de ces articles (les patients se lâchant sur les graisses puisque contrairement à ce que leur ont dit leur médecin, ça fait maigrir) qui trouvent dans JAMA une tribune bien injustifiée. Comme disait Sénèque,il y a des études qu'il faut savoir ne pas mener. En voilà une.

Dr Didier Chapelot
Université Paris 13

Une hypothèse

Le 12 juillet 2012

Ma première réaction est de spéculer qu'il s'agit simplement de la prolongation du processus de néoglycogénèse.

Dr Jean-Louis Bernard

DER ou DET ? Manger gras et ne pas faire de sport ou en faire ?

Le 12 juillet 2012

Le sport ne touche pas la DER mais la DET
ici on ne vous parle que de DER.
Le régime riche en graisse comme d'ailleurs le régime riche en protéine qui ici n était pas testé, entraine une augmentation bien connue du métabolisme basal c' est tout ce que l'on vous dit !
L'université ne protège pas les prof de mal lire.
Maintenant c est seulement de la science ...
C est pas une opinion d' expert qui fonde les cours des prof de Paris 13 mais de la découverte qui doit obliger à remettre en cause des dogmes .
Pour revenir au sport qui , on est d' accord , est bon pour rectifier l hyper insusulinisme qui fait grossir avec un cercle vicieux mais de là à penser que c'est bon pour tous il y a un pas difficile à franchir :
Michel Berger mort à 42 ans , de nombreux foot balleurs, un vieux pote de 45 ans mort tout récemment après un tennis, me font penser que Churchill tirant sur son cigare en prônant le " no sport " n'avait pas tort non plus .
Quelles études prouvent contre placebo que faire du sport apporte une perte de poids ?
Même en étude non contrôlée, qui peut prouver que l'on ne fait pas que sélectionner les plus résistants avec impasse totale faite sur la "casse" (comme la saignée et la purge
ou la chirurgie délabrante, la chimio et la radio thérapie , si on en réchappe on survivra !)
Comment expliquez vous que les esquimaux vivent vieux en ne mangeant presque que du phoque ?
Comment Sénèque faisait il pour déterminer qui a le droit de lire la science et qui va se torcher avec sans réfléchir parce que ça prouve ce que l'on croyait ou que cela heurte ses convictions ?
Si le Jim ou le Jama vous gênent, lisez la presse aux ordre des labo ou du gouvernement, comme dans l'ordre Paris Match ou "Prescrire"

François Roche

D'accord avec un commentaire précédent

Le 13 juillet 2012

Je suis d'avis pour dire que cette étude est dangereuse et risque comme tout régime déséquilibré d'introduire des facteurs de risque préjudicable à un bon état de santé.
Revenons à des principes simples : mangeons équilibré en respectant les proportions de chaque nutriment !
Et privilégions une actvité physique garante de notre équilibre physique et psychique.

Cathy Venturin

L'essentiel apport d'acides gras essentiels...

Le 13 juillet 2012

Manquer d'acide delta aminolévulinique équivaut à manquer de carnitine... cela équivaut à dévier le métabolisme des protéines et des lipides vers des voies toxiques tout en favorisant le stockage inutile des graisses et cela favorise l'inflammation et les thromboses...L'organisme peut éventuellement "faire" des glucides avec des acides aminés mais il en sait pas faire des acides gras tel que celui dénommé ci- dessus.
Par ailleurs l'essentiel des graisses de stockage vient des hydrates de carbone...et pas des graisses.
Il faut donc "manger du gras" pour ne pas grossir à condition de bien le choisir.
Le pire étant de "priver" son pancréas de sucres et lui en redonner ensuite: stockage assuré.

Dr J-F Huet

Bonnes graisses et mauvaises graisses...

Le 14 juillet 2012

Les résultats de cette étude publiée dans le JAMA ne me surprennent pas : j'en ai la confirmation tous les jours avec mes patients, à qui je conseille (dans le cadre de pathologies lourdes : cancers, etc.) de "remplacer les mauvais sucres par les bons sucres et les mauvaises graisses par les bonnes graisses", ainsi que je l'explique dans mon livre : "Les clés de l'alimentation santé".
Même si l'objectif initial n'est pas de leur faire perdre du poids, les résultats sont constants : toutes les personnes en surpoids retrouvent progressivement (env. -1 kg par mois) leur "poids de meilleure santé", sans se restreindre sur la quantité. Rappelons que les "bonnes graisses" (omégas 3 en particulier) ne peuvent être synthétisées par l'organismes, elles étaient appelées autrefois "vitamines F". Je rejoins tout à fait la remarque de François Roche (12 juillet) sur le fait que les esquimaux sont épargnés par les "maladies de civilisation" malgré leur régime très riche en graisses !

Dr Michel Lallement

Toutes les chances d'aboutir à des catastrophes

Le 14 juillet 2012

D'abord, s'adresser aux gens de manière courtoise n'est pas interdit. Je ne sais pas ce qui me vaut cette hargne, j'ai dû toucher un point névralgique.
Ensuite si, l'activité physique augmente le DER et pas seulement la DET, je disais même comment, via l'augmentation ou le maintien de la masse maigre. Les études pullulent. Et je sais lire, même en anglais.
Si aussi, les protéines sont impliquées dans ce résultat puisque le régime gras était plus riche en protéines que les deux autres (tiens donc). Georges Bray le fait d'ailleurs remarquer dans l'éditorial qui précède l'article dans JAMA. Car Bray sait, comme moi, que non, le régime gras n'entraîne justement pas une augmentation du métabolisme de base. C'est connu depuis les études de Tremblay, Ravussin & Co il y a plus de 20 ans.
L'abondance des études sur le rôle bénéfique de l'activité physique (qui parle de sport ? Vous, pas moi) non seulement sur le poids (mais en fait, le poids est un point de fixation secondaire) mais sur l'ensemble de ce qui fait la santé, est telle que pouvoir encore lire que ce n'est pas démontré montre le fossé qu'il existe entre l'état de la science et ce qui est su.
Quant à prendre les quelques morts subites recensées lors de pratiques sportives (j'ai bien dit sportives) pour promouvoir la sédentarité, ça c'est de la pensée scientifique.
Concernant les esquimaux (peuple sédentaire s'il en est), je ne suis pas certain que leur espérance de vie était aussi enviable que ça. D'ailleurs le problème n'est pas de jeter l'anathème sur les graisses, mais de dénoncer cette approche diététique comptable qui, lorsqu'on la fonde sur un régime gras, a toutes les chances d'aboutir à des catastrophes, on pourrait les détailler mais ce n'est pas là l'endroit.
Pour finir Sénèque disait qu'il y a certaines études qu'il faut savoir ne pas mener, et tout chercheur qui soumet son protocole à un comité d'éthique se voit jugé sur ce seul critère Sénéquien : est-ce que cette étude mérite d'être menée étant donnée le bénéfice pour la science qu'on en attend par rapport aux risques courus par les volontaires et les besoins de la science actuelle. Donc la pensée de Sénèque prévaut dans chaque CPP et c'est très bien ainsi quoi qu'en pense M Roche.
PS. Je sais ce qui doit fonder mes cours et n'ai nul besoin de conseils de quelqu'un qui d'ailleurs ne précise pas d'où il parle.

Dr Didier Chapelot

Prendre du recul ou garder raison

Le 17 juillet 2012

Pour info, l'activité sportive augmente et la DER, et la DET; sans parler de la modification de l'utilisation des substrats, en post exercice, et qui dépend, de plus, du mode d'entrainement...C'est dire qu'au petit jeu du "je pousse un concept au maximum", on peut aller très loin, et même trouver des arguments. Intellectuellement, cela est satisfaisant mais ne couvre pas obligatoirement la réalité d'un patient!
A la question:
"Faut-il manger gras pour éviter de reprendre du poids?"
Il est peut être utile de garder raison et de savoir lire entre les lignes car il y a loin d'une conclusion d'une étude à la réalité, visible et invisible. Ne faut-il pas voir, tout simplement, le fait de ne pas nier l'importance des lipides (souvent quasi absents chez certains sportifs, obsédés par leurs poids...), sans parler de l'anathème qui avait été jeté sur les lipides, présent dans les esprits des impétrants à l'amaigrissement.
Si un régime à 10% de glucides est valide dans un test; il s'éloigne beaucoup de notre mode alimentaire actuel, c'est dire qu'il va rendre un patient "asocial"; et ma petite expérience me prouve que cela n'est jamais tenu très longtemps.Sans parler des risques potentiels. Car nous ne sommes pas encore génétiquement des Inuits, même si l'épigénétique se transmet! A 10 % de glucides, on n'est pas très loin des "régimes cétogènes" (4 % glu) dont les conséquences négatives sont connues (os, par exemple).
Avoir un comportement de santé, une modification corporelle est plus important que "Faire maigrir" à tout prix un sujet. Et je ne partage pas du tout, le point de vue des "enfants de Churchill".
Quant à la fameuse "stabilisation", c'est probablement un doux rêve compte tenu que tout varie, physiologiquement avec le temps : MG/MM, taux hormonaux...et l'apoptose de nos cellules graisseuses demande, semble t-il, entre 4 et 8 ans.
Un recul de quelques semaines pour sortir une vérité révélée sur la diététique de l'obésité, surtout quand on sait que même après des by-pass, il y a des reprises de poids, pose question.
La seule vérité, partageable par tous, sans chapelle, (mais aussi trop oubliée), est que la seule arme arme contre l'obésité est la prévention!

Christian Trape

A lire !

Le 21 juillet 2012

Je ne peux que vous conseiller un livre très intelligemment écrit, qui propose des explications sur le pourquoi des maladies métaboliques :
" FAT - Pourquoi on grossit - Gary Taubes "
Bonne lecture !

Pascale Colas

En relativisant

Le 28 juillet 2012

La phase de stabilisation pondérale est un cap difficile observée par les cliniciens qui suivent régulièrement des personnes en cours d'amaigrissement. Sortir d'une logique de perte de poids, passe par une acceptation compliquée du poids atteint et de l'image de soi. Concrètement c'est aussi accepter un comportement alimentaire et une dépense énergétiques correspondant à ce poids stabilisé. C'est souvent une découverte, une prise de conscience de nouveaux besoins qui remet en question praticien et personnes en cours d'amaigrissement. Si les besoins moyens sont facilement accessibles par des mesures, chaque individu est un peu une découverte. La répartition des nutriments, traduite en aliments est un casse tête qui vient s'opposer paradoxalement à une nécessité de lâcher prise du contrôle absolu comme à des représentations solidement ancrées. L'infra cognitif de la logique de reprise de poids, du maintien par la privation, du rôle supposé de prise de poids par la consommation de glucides et de lipides concernent aussi bien les patients que les soignants. Les connaissances actuelles de neuropsychoimmunologie pourraient expliquer l'importance d'une alimentation comportant des lipides à ce stade de stabilisation pondérale comme lors de la perte de poids. L'implication des acides gras dans les mécanismes des troubles addictifs du comportement alimentaire et les systèmes de récompense laisse à penser que la perte de poids peut aussi être considérée comme un sevrage avec réintroduction progressive de la quantité optimale sans passage au seuil des substances addictives. Nous pouvons espérer à ce stade que le couple soignant soigné soit assez fort pour permettre de supporter un travail de fonds intuitif de reconnaissance des capacité de chaque individu (même obèse ou en surpoids) à se nourrir et à bouger en pleine conscience (recherche de plaisir suffisant) en ayant à l'oeil des repères de dérapage (objectifs) comme des indicateurs individuels de perte de contrôle (subjectifs). Là encore le rôle de la répartition des aliments à certainement une place dans le déterminisme organique de cette balance à l'équilibre fragile. Et, peut être ce que provoque la réintroduction d'aliments riches en lipides (dans un volume calorique journalier controlé) est justement le retour à un contrôle ancien du plaisir, une sorte de dépénalisation qui évite les raptus anxieux, compulsifs (qui habituellement augmentent considérablement les apports caloriques journaliers). Y-a-t'il un risque cette fois ci à moyen-long terme de retour additif et de reprise de poids après de "bons résultats" apparents? Peut-être que cela vaudrait une étude considérant le comportement alimentaire et la qualité nutritionnelle en phase de stabilisation du poids.
Dr Frédéric Sittarame
Enseignement thérapeutique des patients obèses

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