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Comment définir l’échec biologique après cryoablation pour cancer de la prostate ?

Publié le 13/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La cryochirurgie par cryoablation de la prostate est une option récente pour le traitement du cancer de la prostate (CaP) dans sa forme localisée ; considérée comme moins invasive que la prostatectomie totale ou la radiothérapie, elle consiste à transmettre dans la prostate une température très froide par introduction d’une quinzaine d’aiguilles sous guidage échographique endorectal. Une température de - 40° C est obtenue et les cellules cancéreuses sont détruites par congélation. (1)

Plusieurs définitions de l'échec biologique (EB) ont été utilisées pour prédire la récurrence (c'est-à-dire la "réapparition tardive des signes d’une maladie succédant à une première affection de même nature, sans qu’il y ait de cause nouvelle") du CaP. La HAS (2) parle de récidive (terme discutable car impliquant la guérison réelle [3]) biologique en cas de PSA > 0,2 ng/mL après prostatectomie totale (définition retenue en cas de PSA initial indétectable), de PSA > PSA nadir + 2 ng/mL (critères de Phoenix) après radiothérapie ou curiethérapie, et de PSA ≥ 1,5 fois le PSA nadir après hormonothérapie. On ne peut pas s'attendre à observer les mêmes effets sur le PSA avec toutes les modalités thérapeutiques, surtout si une partie de la glande reste intacte : des études comparatives tenant compte de ce fait sont donc nécessaires. Or, à ce jour, aucune définition n'a été validée concernant l’échec biologique après cryochirurgie, d'où l'intérêt d'évaluer dans ce contexte spécifique la valeur prédictive (VP) d'une récurrence locale prouvée par biopsie des taux de PSA retenus dans ces différentes définitions de récidive biologique.

La base de données d'urologie oncologique de l'Université de Columbia a été utilisée pour analyser le devenir des patients qui, ayant bénéficié d’une cryoablation de la prostate entre 1994 et 2010, ont ensuite subi une biopsie de surveillance pour suspicion clinique de récurrence.

Les valeurs des PSA postopératoires ont été utilisées pour déterminer l'EB et les résultats des biopsies pour établir l'existence d'une récurrence. La sensibilité, la spécificité, les VP positive et négative, la courbe sensibilité/spécificité caractérisant la performance d'un classificateur binaire (courbe ROC) ont été analysées pour chacune des définitions d'EB.

Sur les 843 patients consécutifs atteints de CaP T1-T3 traités par cryoablation pendant la période choisie, 110 patients répondaient aux critères d'inclusion ; 628 ont été exclus parce qu'ils n'avaient pas eu de biopsie échoguidée, les autres avaient eu un traitement adjuvant ou un suivi insuffisant. Les sujets inclus avaient été traités par cryoablation primaire sur toute la glande prostatique (n = 38), cryoablation  focalisée (n = 24), ou cryoablation de sauvetage (n = 48).

Sur les biopsies de surveillance, 66 patients (60 %) ont eu un diagnostic de récurrence locale. La définition la plus précise d'EB s'est avérée être celle des critères de Phoenix, c'est-à-dire un PSA > PSA nadir + 2 ng/mL : la sensibilité est de 68 %, la spécificité 59 %, et l'aire sous la courbe ROC 0,64.

Cette étude, la première à comparer différentes définitions de l'EB après cryoablation de la prostate et à corréler ces définitions aux résultats pathologiques, indique donc que la définition selon les critères de Phoenix est la meilleure pour la prédiction de la récurrence après cryoablation. Ces critères ne permettent cependant pas de prédire la progression clinique et la population étudiée reste limitée.



Dr Gérard Loeb


Pitman M et coll. : Comparison of biochemical failure definitions for predicting local cancer recurrence following cryoablation of the prostate. Prostate 2012., publication avancée en ligne le 22 mai. doi: 10.1002/pros.22541. [
(1) Rebillard X et coll. Cryothérapie dans le traitement du cancer localisé de la prostate. Prog Urol 2005;15:1135-6.
(2) Haute Autorité de santé (HAS). Institut National du Cancer (INCa). Guide ALD n° 30 : Cancer de la prostate. 2012 (Janvier). Tableau 2 page 31.
http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2012-03/ald_30_guide__prostate_web.pdf
(3) http://www.groupetraduction.ca/documents/Vol15no32004singlespread.pdf




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