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Deux glycémies à jeun pour repérer les sujets à haut risque de DT2

Publié le 16/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La prévalence du diabète allant croissant de par le monde et les prévisions à l’horizon 2030 étant à la progression épidémique (1), l’identification aussi précoce que possible des sujets à risque de devenir diabétiques est au cœur des préoccupations sanitaires. C’est, dans ce contexte, à la prévention primaire du diabète de type 2 (DT2) que se sont intéressés des auteurs japonais qui ont cherché à en savoir plus sur le lien entre altération de la glycémie à jeun et risque de DT2, selon que l’altération de la glycémie à jeun était transitoire ou persistante.

L’étude rétrospective menée à cet effet, entre 1998 et 2006, a porté sur une cohorte de 7 929 volontaires enrôlés en centre de bilan de santé (4 108 hommes et 3 821 femmes), âgés de 53,7 ans en moyenne, indemnes de diabète à l’inclusion, ayant alors tous une glycémie à jeun inférieure à 7 mmol/l et un taux d’hémoglobine glyquée inférieur à 6,5 %. La glycémie plasmatique à jeun a été dosée à au moins deux reprises au cours d’une période initiale allant de 1998 à 2002, et l’incidence cumulée du diabète a été déterminée sur un suivi moyen de 4,8 ans, de 2002 à 2006.

Les participants ont été répartis en quatre groupes : le groupe 1 comprenait les sujets dont les deux glycémies à jeun étaient normales (< 5,6 mmol/l) ; le groupe 2, ceux dont la première glycémie à jeun était normale et la seconde altérée (entre 5,56-6,94 mol/l) ; le groupe 3, ceux dont la première glycémie à jeun était altérée et la seconde normale ; le groupe 4, dont les deux glycémies à jeun étaient altérées. L’altération de la glycémie à jeun des groupes 2 et 3 a été définie comme transitoire, celle du groupe 4 comme persistante.

Sur un suivi moyen de près de 5 ans l’incidence cumulée du diabète a été globalement de 3,5 % (7,3 p. 1 000 sujets-années). Dans le groupe 4, où l’altération de la glycémie à jeun était persistante, l’incidence cumulée du diabète a été de 14,6 % (30,4  p. 1 000 sujets-années), vs 0,6 % dans le groupe 1 à normoglycémie persistante (1,3 p. 1 000 sujets-années).

Après ajustements (notamment sur l’âge, le sexe, la période de suivi, l’IMC, la pression artérielle systolique, les taux de triglycérides, d’alanine aminotransférase, le nombre de leucocytes, la période écoulée entre les deux dosages en phase initiale), l’analyse associe à l’altération persistante de la glycémie à jeun un risque accru de progression vers le DT2. Le ratio de risque de progression vers le DT2 était, dans le groupe 4, en comparaison du groupe 1, de 37,10 (intervalle de confiance à 95 % 21,6-63,7). Les ratios de risque de DT2 lorsque seule la seconde ou seule la première glycémie à jeun était altérée étaient, en comparaison de la normoglycémie persistante, respectivement de 6,75 (3,37-13,54) et de 4,68 (2,25-9,74).

L’altération persistante de la glycémie à jeun prédisait la survenue d’un DT2 avec une sensibilité de 80,7 % et une spécificité de 83,1 % ; les chiffres correspondants pour la valeur prédictive de la seule altération de la première glycémie à jeun étaient respectivement de 86,9 % et 74,9 %, et la comparaison de l’aire sous la courbe ROC plaidait pour la supériorité de la valeur prédictive du risque de DT2 du modèle utilisant les deux glycémies sur celui utilisant uniquement la première glycémie à jeun (0,92 vs 0,88).

Selon les résultats de cette étude (peut-être entachée d’un biais de sélection, la cohorte examinée étant constituée de volontaires, possiblement en meilleure santé que la population générale), l’altération persistante de la glycémie à jeun serait davantage prédictive de la progression vers le diabète de type 2 que l’altération transitoire de cette glycémie. L’impact des mesures préventives, des modifications du mode de vie, sur l’altération de la glycémie à jeun reste à déterminer.



Dr Julie Perrot


Inoue K et coll. : Persistent fasting hyperglycaemia is more predictive of type 2 diabetes than transient fasting hyperglycaemia. Diabet Med 2012 ; 29 : 75-81 (DOI: 10.1111/j.1464-5491.2011.03536).
1) Whigting DR et coll. IDF Diabetes Atlas : Global estimates of the prevalence of diabetes for 2011 and 2030. Diabetes Res Clin Pract 2011 ; 94 : 311-21.


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