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Ils sont nombreux à ne pas savoir qu’ils souffrent de rétinopathie diabétique ou de DMLA !

Publié le 18/07/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Aux États-Unis, comme dans nombre de pays occidentaux, la rétinopathie diabétique (RD) et la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) figurent au rang des maladies oculaires les plus fréquentes, et sont cause majeure de perte visuelle. La perte de vision liée à la RD est souvent évitable grâce au dépistage des lésions, à leur traitement local, et au contrôle de l’hyperglycémie et de l’HTA ; on dispose également désormais d’un traitement pour stabiliser, voire améliorer la vision en cas de DMLA néovasculaire. Encore faut-il que la RD ou la DMLA ne soient pas ignorées, qu’un examen ophtalmologique soit effectué, … ce qui, selon cette étude menée à la City University de New York, est loin d’être le cas.

Afin d’estimer la fréquence de la méconnaissance de la RD et de la DMLA, et les facteurs qui y contribuent, DM Gibson s’est appuyée sur les données des rétinographies de 6 797 sujets, âgés de 40 ans ou plus participant au National Health and Nutrition Examination Survey (NHANES), sur la période 2005-2008. Les proportions de sujets ignorant leur RD et de ceux ignorant leur DMLA (tous identifiés comme n’ayant pas rapporté, lors des entretiens du NHANES, l’existence de ces affections) ont été évaluées séparément.

L’échantillon intéressant la RD comptait 345 patients ayant des signes de RD à un ou aux deux yeux (RD non proliférante légère, RD non proliférante modérée, RD menaçant la vision) qui avaient déclaré, à l’occasion des entretiens, être diabétiques ou avaient un taux d’hémoglobine glyquée supérieur à 6,5 %. L’échantillon intéressant la DMLA (définie ici dans sa forme précoce par la présence de drusens ou d’altérations pigmentaires rétiniennes, et dans sa forme tardive, par l’existence  de néovaisseaux, d’un décollement de l’épithélium pigmentaire ou d’une atrophie géographique) comprenait 498 sujets ayant des signes de DMLA à un ou aux deux yeux. Parmi ces participants, 36 sujets avaient à la fois une RD et une DMLA.

73 % de rétinopathies diabétiques et 84 % de DMLA ignorées

Parmi les participants ayant une RD, 73 % se sont avérés ignorer leur RD, et le taux de méconnaissance était de 84 % chez ceux ayant une DMLA. Près de 75 % des RD méconnues étaient des formes  légères, près de 95 % des DMLA méconnues, des formes légères ou une DMLA précoce.

Au rang des facteurs ressortant prédictifs de méconnaissance de la RD figuraient : la durée du diabète, inversement associée au risque de méconnaissance de la RD (odds ratio, OR = 0,97 ; 0,95-0,99) ; la taille de la famille, le risque d’ignorer la RD étant inversement associée au nombre de ses membres (0,73 ; 0,57-0,94) ; la sévérité de la RD (OR = 0,17 ; 0,06-0,46 pour la RD menaçant la vision / 0,45 ; 0,16-1,24 pour la RD modérée non proliférante, en comparaison de la RD non proliférante légère) ; le temps écoulé depuis le dernier examen du fond d’œil (FO) avec dilatation pupillaire, l’OR étant de 0,10 (0,04-0,25) lorsque cet examen datait de moins de 1 an, de 0,19 (0,05-0,67) lorsqu’il remontait à 1 à 2 ans, en comparaison du FO examiné depuis plus de 2 ans ou jamais examiné. 

Parmi les facteurs prédictifs de méconnaissance de la DMLA, l’accent a été mis sur le type de DMLA, le risque d’ignorer sa DMLA étant plus élevé dans les formes précoces (OR de 0,14 ; 0,06-0,33 pour les formes tardives, en comparaison des formes précoces) ; l’âge plus jeune (l’OR étant de 3,94 ; 1,19-13,2 chez les 40-64 ans, en comparaison des 65-79 ans) ; l’usage d’une langue principale autre que l’anglais (OR = 10,35 ; 1,05-102,4, en comparaison des foyers où l’anglais était la première langue) ; le niveau d’éducation moindre (OR de 0,89 ; 0,43-1,86 lorsque le cursus scolaire incluait le lycée, en comparaison d’une scolarisation interrompue au collège).

Selon les estimations récentes, 4,2 millions d’adultes âgés de 40 ans ou plus, aux États-Unis, auraient une RD et 7,2 millions, à ces âges, une DMLA. L’ampleur considérable de la méconnaissance de ces deux affections que révèle cette étude conduite sur un échantillon représentatif de la population non institutionnalisé des États-Unis, celle du NHANES, suggère que près de 3,07 millions des 40 ans ou plus ignorent leur RD, et qu’environ 6,05 millions ne savent pas qu’ils ont une DMLA. La préoccupation, en termes de santé publique, est majeure : il s’agit de  prévenir ou retarder l’évolution (souvent silencieuse, sournoise) vers la cécité, et ce d’autant plus que la prévalence du diabète va croissant, le vieillissement des populations aussi.



Dr Julie Perrot


Gibson D. Diabetic retinopathy and age-related macular degéneration in the U.S. Am J Prev Med., 2012 ; 43 : 48-54.




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