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Les JO en pleine saison du Ramadan : quelles conséquences pour les athlètes ?

Publié le 23/07/2012   |  1 réaction Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les conséquences du jeûne du Ramadan  (ou plutôt doit-on dire de l’observance du Ramadan puisqu’il ne s’agit que d’un jeûne intermittent), sur les performances physiques méritent d’être mieux définies qu’elles ne le sont avec la participation de plus en plus nombreuse d’athlètes concernés dans les compétitions internationales. Selon le pays et la saison du Ramadan, la durée du jeûne peut ne pas être plus longue que celle d’une nuit de sommeil mais elle peut parfois être de 12 à 14 heures voire 18 h dans les pays du Nord. Lors des prochains jeux Olympiques qui vont s’ouvrir à Londres ce 27 juillet, elle sera de 15h et 37 mn.

Les données  actuelles sur les effets nutritionnels et physiques du Ramadan  chez les athlètes sont largement hypothétiques et empiriques. C’est ce qu’observe  Roy Shephard (Breckendale, Ontario, Canada) dans sa revue de la littérature qui a concerné  18 articles portant sur les apports nutritionnels, 32 sur les modifications de masse corporelle et 12 sur la performance physique des athlètes suivant le Ramadan.

Globalement, si aucune modification majeure n’est rapportée en termes nutritionnels malgré une légère augmentation des apports en protéines et en hydrates de carbone et une baisse des apports liquides, cela se traduit cependant par une élévation (parfois jusque 10 %) des taux d’urée et d’acide urique signant une déshydratation. Quant à la protéinémie, elle est peu modifiée. Parallèlement, les taux hormonaux ne différent pas, qu’il s’agisse de l’hormone de croissance, de l’IGF-1, de l’insuline, de la leptine et de l’adiponectine, contrairement au taux de cortisol dont le rythme circadien est légèrement décalé.

Sur le plan de la masse corporelle, on observe généralement une discrète diminution du poids, curieusement marquée par une chute proportionnellement plus élevée de la masse maigre. Mais on est ici dans une population d’athlètes sensés n’avoir qu’une masse grasse de faible importance. Ces données indiquent que les athlètes puisent dans leurs réserves protéiques plutôt que lipidiques les apports caloriques dont ils ont besoin durant la journée.

Enfin, la modification du rythme alimentaire entraîne une perte légère, mais perceptible des performances physiques (de 2 à 13 %) avec difficultés de récupération et fatigue plus marquée.

Dans ces conditions, l’auteur conseille aux athlètes observant le Ramadan de mieux gérer leurs réserves en glycogène, en privilégiant notamment l’apport de graisses en début de nuit de manière à éviter une gluconéogenèse puisant dans les réserves protéiques, et donc dans le muscle. Parallèlement, le dernier repas de la nuit (ou premier de la journée, avant le lever du soleil et au plus tard 1 heure avant le premier entraînement) devrait comporter des sucres lents en quantité. L’hydratation doit être répartie du mieux possible sur la nuit en favorisant les boissons isotoniques en fin de nuit.

Bien que basées sur des études observationnelles de qualité, ces données et recommandations restent probablement insuffisantes. Et il serait légitime d’entreprendre des études comparant des athlètes de haut niveau observant étroitement le Ramadan et des athlètes ne l’observant pas, les deux groupes suivants un même entraînement afin de mieux définir les conséquences nutritionnelles et physiques de ce type de jeûne et les moyens de les pallier.  



Dr Dominique-Jean Bouilliez


Shephard RJ : Physical performance and training response during Ramadan observance, with particular reference to protein metabolism. Br J Sports Med. 2012; 46: 477-484. doi:10.1136/bjsports-2011-090849


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