Paris, le mercredi 25 juillet 2012 – Il n’y a pas qu’une seule
bonne réponse à un problème donné. La maxime est vérifiée tous les
jours. Pourtant, pour les syndicats représentant les pharmaciens,
face à la crise économique actuelle, les moyens de préserver la
bonne santé des officines ne seraient pas légions. Il faut proposer
aux pharmaciens de diversifier leur mode de rémunération et surtout
ne pas toucher à leurs marges voire même au contraire les faire
progresser. Ils ont d’ailleurs obtenu au printemps que leurs marges
sur les conditionnements trimestriels soient augmentées, ce qui
représente un surcoût de 60 millions d’euros pour l’Assurance
maladie.
Des officines moins nombreuses n’auraient pas besoin de marges
aussi élevées
N’existerait-il pas une autre façon d’agir, un moyen de garantir
un bon niveau de rentabilité aux officines tout en ne grevant pas
d’avantage le budget de l’Assurance maladie, voire même en
l’allégeant ? L’Inspection générale des affaires sociales
(IGAS) n’est pas à court d’idées. Son constat : la
marge accordée aux pharmaciens demeure très importante et ne peut
être diminuée au risque de pénaliser les petites officines. Or ces
structures de faible importance sont très nombreuses en France. La
densité du réseau officinal dans notre pays, bien supérieure à
celle des autres pays de l’Union européenne (une officine pour 2
560 habitants contre une pour 3 300 en moyenne dans le reste de
l’Europe) est d'ailleurs depuis longtemps pointée du doigt. Pour
cette dernière, une diminution du nombre de pharmacies aurait un
effet mécanique d’augmentation du seuil de rentabilité,
augmentation qui permettrait de jouer plus facilement sur les
marges, c'est-à-dire de les diminuer. D’où sa suggestion
d’atteindre une baisse de 10 % du nombre d’officines d’ici 2016
!
10 % d’officines = 11 000 emplois en moins
On s’en doute la proposition ne séduit nullement le Conseil de
l’Ordre des pharmaciens, dont la présidente dans une interview
accordée aujourd’hui à Libération s’émeut de l’absence de
considération humaine que sous-tendrait une telle
recommandation.
Elle rappelle tout d’abord que la diminution de 10 % d’officines
représente la suppression de quelques 11 000 emplois. Mais surtout,
elle s’inquiète de l’impact d’une telle mesure sur l’accès aux
soins et met en garde contre le risque de voir se former des «
déserts pharmaceutiques » dont la France est aujourd’hui
heureusement protégée. Enfin, elle note que la situation actuelle
est déjà marquée par une diminution croissante du nombre
d’officines.
Aurélie Haroche
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