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La toux de l'athlète : aller au-delà du symptôme

Publié le 06/08/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La toux est un symptôme fréquemment retrouvé chez l'athlète. Souvent considérée comme un symptôme prémonitoire de l'asthme induit par l'effort dont elle est parfois le seul symptôme, la toux doit cependant être étudiée avec attention car elle peut être la manifestation de nombreuses affections.

La première condition génératrice de toux est cependant la qualité de la respiration, et la perte d’eau contenue dans l'air inspiré de telle sorte que les fibres C du tractus respiratoire sont fortement stimulées et secrètent de la substance P et de la neurokinine. Le traitement est simple, et passe par l'humidification de l'air ou la brumisation.

Parmi les autres pathologies, l'asthme induit par l'effort est bien connu, mais est loin d'être la seule affection en cause. Il ne faut pas oublier en effet à quel point les athlètes sont susceptibles de déclencher des affections virales (rhinovirus, adénovirus, coronavirus, virus respiratoire syncytial) principalement du tractus respiratoires supérieur (30-40 % des consultations des athlètes). Le traitement passera principalement par une bonne prophylaxie et l'administration d'anti-inflammatoires topiques en spray nasal ou buccal.

La rhinite, allergique ou non, souvent induite par l'effort est un autre symptôme fréquent, surtout chez l'athlète exposé à l'air extérieur, notamment parce qu'il hyperventile, ce qui génère un contact étroit et répété avec les pneumallergènes, la pollution atmosphérique et un air froid. Il faut être d'autant plus attentif à la survenue de symptômes respiratoires supérieurs qu'ils conditionnent souvent la survenue d'un asthme. Le traitement classique passe par les corticostéroïdes topiques, les antihistaminiques, et quand cela s'impose, par l'immunothérapie. A la condition expresse d'en avoir avisé les autorités sportives afin d'éviter toute imputation de dopage. On peut rappeler aussi que la pseudoéphédrine est interdite à une dosage supérieur à 150 µg/ml dans les urines et à ce titre ne doit pas être utilisée au cours des 24 heures qui précèdent une compétition.

La toux peut également être liée à une dysfonction des cordes vocales, une pathologie spécifique liée à un rétrécissement de la filière glottique souvent confondue avec un asthme induit par l'effort.  La dyspnée, symptôme cardinal, est souvent subite, et ne dure généralement pas plus de 5 minutes. Elle est plus fréquente chez la femme (probablement parce que le diamètre de la filière glottique est moindre) et facilitée par la présence d'un reflux, d'un jetage nasal postérieur ou d'un trouble anxieux. Le traitement est essentiellement psychologique et de conditionnement.

Enfin, il ne faut pas oublier d'autres pathologies non respiratoires, comme le reflux, et qui doivent être traitées de manière spécifique.



Dr Dominique-Jean Bouilliez


Boulet LP : Cough and upper airway disorders in elite athletes: a critical review. Br J Sports Med 2012 ; 46 (4) : 417-21.




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