La toux est un symptôme fréquemment retrouvé chez l'athlète.
Souvent considérée comme un symptôme prémonitoire de l'asthme
induit par l'effort dont elle est parfois le seul symptôme, la toux
doit cependant être étudiée avec attention car elle peut être la
manifestation de nombreuses affections.
La première condition génératrice de toux est cependant la
qualité de la respiration, et la perte d’eau contenue dans l'air
inspiré de telle sorte que les fibres C du tractus respiratoire
sont fortement stimulées et secrètent de la substance P et de la
neurokinine. Le traitement est simple, et passe par
l'humidification de l'air ou la brumisation.
Parmi les autres pathologies, l'asthme induit par l'effort est
bien connu, mais est loin d'être la seule affection en cause. Il ne
faut pas oublier en effet à quel point les athlètes sont
susceptibles de déclencher des affections virales (rhinovirus,
adénovirus, coronavirus, virus respiratoire syncytial)
principalement du tractus respiratoires supérieur (30-40 % des
consultations des athlètes). Le traitement passera principalement
par une bonne prophylaxie et l'administration d'anti-inflammatoires
topiques en spray nasal ou buccal.
La rhinite, allergique ou non, souvent induite par l'effort est
un autre symptôme fréquent, surtout chez l'athlète exposé à l'air
extérieur, notamment parce qu'il hyperventile, ce qui génère un
contact étroit et répété avec les pneumallergènes, la pollution
atmosphérique et un air froid. Il faut être d'autant plus attentif
à la survenue de symptômes respiratoires supérieurs qu'ils
conditionnent souvent la survenue d'un asthme. Le traitement
classique passe par les corticostéroïdes topiques, les
antihistaminiques, et quand cela s'impose, par l'immunothérapie. A
la condition expresse d'en avoir avisé les autorités sportives afin
d'éviter toute imputation de dopage. On peut rappeler aussi que la
pseudoéphédrine est interdite à une dosage supérieur à 150 µg/ml
dans les urines et à ce titre ne doit pas être utilisée au cours
des 24 heures qui précèdent une compétition.
La toux peut également être liée à une dysfonction des cordes
vocales, une pathologie spécifique liée à un rétrécissement de la
filière glottique souvent confondue avec un asthme induit par
l'effort. La dyspnée, symptôme cardinal, est souvent subite,
et ne dure généralement pas plus de 5 minutes. Elle est plus
fréquente chez la femme (probablement parce que le diamètre de la
filière glottique est moindre) et facilitée par la présence d'un
reflux, d'un jetage nasal postérieur ou d'un trouble anxieux. Le
traitement est essentiellement psychologique et de
conditionnement.
Enfin, il ne faut pas oublier d'autres pathologies non
respiratoires, comme le reflux, et qui doivent être traitées de
manière spécifique.
Dr Dominique-Jean Bouilliez
Boulet LP : Cough and upper airway disorders in elite athletes: a critical review. Br J Sports Med 2012 ; 46 (4) : 417-21.
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