La Belgique est le premier pays européen à avoir inclus la
vaccination contre le rotavirus dans son calendrier vaccinal.
Depuis octobre 2006, la vaccination est en partie remboursée, et la
couverture vaccinale a rapidement atteint le seuil de 90 %. Pour
évaluer l’efficacité d’une telle mesure, une équipe belge a mené
une étude prospective cas-contrôle, incluant 215 enfants
hospitalisés pour une gastro-entérite à rotavirus. Les enfants
devaient avoir l’âge requis pour une vaccination (> 14 semaines)
et être nés après le 1er octobre 2006, date à laquelle est publiée
en Belgique la recommandation de la vaccination.
Parmi les enfants hospitalisés pour gastro-entérite à rotavirus, 99
(48 %) avaient reçu au moins une dose de vaccin, principalement le
vaccin monovalent. En termes de présence/absence des symptômes de
gastro-entérite (diarrhée, vomissements, modifications du
comportement, fièvre), aucune différence n’est constatée entre les
enfants qui ont reçu deux doses de vaccin et ceux qui ne sont pas
vaccinés. C’est en termes de sévérité des symptômes que la
différence se fait, puisque les enfants vaccinés ont moins souvent
un score de Vesikari « sévère » que les enfants non vaccinés (67 %
vs 86 %) et sont moins souvent déshydratés. Les auteurs constatent
que la responsabilité du rotavirus dans les gastro-entérites de
l’enfant a nettement diminué depuis l’introduction de la
vaccination, passant de 58 % avant la vaccination à 16 % au moment
de l’étude (2008-2010).
L’analyse cas-contrôle permet d’estimer à 90 % l’efficacité de deux
doses du vaccin monovalent pour la prévention de l’hospitalisation,
efficacité légèrement supérieure dans la classe d’âge des 3-11 mois
(91 %), mais se maintenant toutefois à un niveau très respectable
au delà de la première année (90 %). La souche G2P(4) est retrouvée
dans 52 % des cas confirmés par PCR (polymerase chain reaction).
Dans ¼ des cas confirmés, il existe en réalité une co-infection
avec un adénovirus, un astrovirus et/ou un norovirus. L’efficacité
de la vaccination contre ces cas de co-infections, est de 86 % avec
au moins une dose et de 91 % avec deux doses.
Pratiquement tous les enfants du monde contractent une
gastro-entérite à rotavirus avant l’âge de 5 ans, avec un pic
d’incidence entre 4 et 23 mois. En Europe, les infections à
rotavirus sont à l’origine de plus des deux tiers des
hospitalisations et des passages aux urgences des enfants de moins
de 5 ans. Cette étude belge vient confirmer par l’expérience
pratique les résultats des essais cliniques.
Dr Roseline Péluchon
Braeckman T et coll. : Effectiveness of rotavirus vaccination in prevention of hospital admissions forrotavirus gastroenteritis among young children in Belgium: case-control study
BMJ 2012;345:e4752
http://www.bmj.com/content/345/bmj.e4752.pdf%2Bhtml
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De nécessaires précisions...
Le 14 août 2012
L'expérience de vaccination est intéressante mais il est toujours difficile d'évaluer l'efficacité et l'impact d'une vaccination en population.
L'étude présentée est à cet égard modeste puisque
1- il ne s'agit pas d'une étude prospective mais cas-témoin, c’est-à-dire rétrospective (le résumé parle d'étude cas-contrôle) ;
2- elle ne porte que sur 215 enfants et le résumé ne décrit pas la population témoin ;
3- elle porte sur des enfants atteints de l'affection et ne peut donc porter que sur l'importance ou la gravité des symptômes ;
4- on ne comprend pas comment l'étude, telle qu'elle est présentée, permettrait d'estimer l'efficacité du vaccin dans la prévention de l'hospitalisation, surtout à un niveau de 90 % ;
Au total, je m'interroge, sur le contenu du résumé, espérant ne pas devoir m'interroger sur celui de l'article lui-même.
Edouard Guévart
Des précisions !
Le 14 août 2012
Cette étude est bien une étude prospective cas-témoin appariés, incluant 215 enfants admis aux urgences pour une gastro-entérite (GEA) à rotavirus, appariés à 276 témoins admis pour une pathologie autre. Parmi les enfants admis pour GEA, 48 % avaient reçu au moins 1 dose de vaccin, et 91 % des sujets témoins.
Pour l’analyse principale, les auteurs ont inclus dans l’analyse de régression logistique seulement les paires cas-témoins ayant un statut identique en termes de vaccinations : cas ayant reçu une vaccination complète ou non vaccinés et au moins 1 contrôle complètement vacciné ou non vacciné. Ils ont ainsi inclus 160 « paires » (70 cas complètement vaccinés et 90 cas non vaccinés et 179 témoins vaccinés et 19 non vaccinés). La conclusion de cette analyse est que l’efficacité de 2 doses du vaccin monovalent pour prévenir l’hospitalisation pour GEA est de 90 % (intervalle de confiance à 95 % de 81 % à 95 %). Les résultats de l’analyse de sensibilité pour cet objectif vont de 76 % à 93 %.
Dr Roseline Péluchon
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