Marisol Touraine annonce... un groupe de travail sur la réorganisation des urgences

Paris le jeudi 23 août 2012. La visite de la ministre de la santé au SAMU de Paris, situé à l’hôpital Necker, a été l’occasion de dresser un bilan positif de la gestion de l'épisode de canicule. Alors que ces dernières journées ont été les plus chaudes enregistrées en France depuis 2003, « il n'y a pas eu d'accident majeur relevé », a souligné Marisol Touraine, portant une attention particulière aux cas des personnes âgées qui « ont bien traversé pour l'essentiel cette période ».

Satisfecit et...

Elle s'est félicitée du fait que le nombre d'admissions quotidiennes dans les hôpitaux soit resté globalement stable par rapport à la même période en 2011 (environ 28 000 par jour). Les services d'urgences et les Samu ont surtout été sollicités pour des conseils et des informations. Ainsi, au niveau national, le nombre de dossiers ouverts n’a augmenté que de 4,7 % par rapport à la même période en 2011. En Ile-de-France, qui n'était pourtant pas en niveau 2, l’augmentation a été de 9,7 %.

Toujours dans l’attente « d’éléments définitifs qui nous permettront d'affirmer que cela s'est correctement passé », la ministre a estimé que le dispositif canicule aurait pu faire face « avec assurance » à une période de canicule plus longue, nécessitant un engagement des personnels de santé dans la durée.

Marisol Touraine tire certains enseignements de la semaine passée. Elle estime, par exemple, qu’un « travail de sensibilisation des entreprises », en lien avec la médecine du travail, serait nécessaire pour revoir les conditions des travailleurs en plein air, notamment dans le bâtiment, qui ont généralement continué leur labeur en extérieur, même aux heures les plus chaudes de la journée. La ministre a également regretté que le déploiement insuffisant de certificats de décès électroniques dans les hôpitaux ne permette pas disposer de statistiques en temps réel (le même regret avait été formulé lors de la canicule de 2003 !).

« Cette canicule, on l'a passée, mais est-ce que ça veut dire que les urgences fonctionnent de manière optimale, à l'évidence non », a toutefois déclaré la ministre, en présence du médecin urgentiste Patrick Pelloux qui avait alerté les pouvoirs publics en 2003 des conséquences de la canicule dans les services hospitaliers.

...nouvelle commission

« J'aurai l'occasion dans les prochaines semaines avec les urgentistes, dans leur diversité, d'engager la réflexion pour mettre en place des mesures qui doivent nous permettre de répondre aux besoins, à la fois dans les services d'urgence et dans les territoires, puisque nous nous sommes engagés à ce qu'aucun Français ne se trouve à plus de 30 minutes de soins d'urgence », a-t-elle indiqué. La ministre a, par ailleurs, annoncé la mise en place d'un groupe de travail, dans les prochaines semaines, « qui devra déboucher avant la fin de l'année sur des propositions de réorganisation pouvant éventuellement concerner l'évolution de certains textes applicables aux services d'urgence ». « C'est d'abord une question d'organisation » plutôt que de moyens, a affirmé la ministre, mettant notamment l'accent sur la nécessité d'une meilleure articulation avec la médecine de ville. « Nous sommes à un moment clé, il nous faut revoir certains éléments d'organisation de notre système», a ajouté M Touraine.

Patrick Pelloux a salué l'engagement de la ministre pour une réorganisation des urgences et une modification des décrets urgence. « Les décrets concernent l'organisation territoriale, datent d'une dizaine d'années et sont dépassés, notamment sur l'organisation des liens avec la médecine de ville, les plateaux techniques, les spécialistes qu'on met dans les services d'urgence », a déploré l'urgentiste.

Amandine Ceccaldi

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (1)

  • Visitez donc nos voisins germains

    Le 24 août 2012

    Madame Marisol Touraine cherche une solution à la surcharge de la garde hospitalière. Une petite excursion chez nos voisins germains lui serait bénéfique.
    Ou alors de demander à ses services d’établir un rapprochement utile entre les déserts médicaux ruraux allemands et les zones sous-dotées françaises et ceci d’autant plus qu’il nous faut réformer la garde.
    On ne peut accéder à la garde hospitalière allemande que si, sauf urgences vraies, un médecin libéral de garde établit un courrier expliquant la trop grande difficulté du cas qu’il adresse à son confrère hospitalier.
    Curieusement, alors que la garde libérale allemande est très bien organisée grâce au volontariat des médecins libéraux favorisés en cela, par le tiers payant intégral et le cumul des honoraires parce que chaque appareil utile à la garde voit chaque utilisation comptée, la dernière mesure, prise en Allemagne est curieuse.
    Concernant les gardes libérales cette mesure consiste en ce qu’en seront dispensés les médecins les plus à l’écart. Bref là où justement ils sont les plus utiles pour éviter des dépenses de déplacements.
    Ceci peut nous sembler paradoxal à nous médecins français quand c’est là, justement, en France au moins, que ces médecins rares seraient des plus utiles.
    Il faudrait, pour y parvenir chez nous, me semble-t-il, former en fin d’internat, sur deux ou trois ans, de jeunes médecins volontaires, aux urgences et petites chirurgies, imageries radio-échographiques et surtout leur accorder le cumul des actes de la journée, comme justement les allemands, en avaient le bénéfice au contraire de chez nous qui sommes bloqués par l’article 11 de la NGAP.
    La pénurie Outre-Rhin ne concerne, en fait, exactement que l’ancienne Allemagne de l’Est qui est, en effet, démunie depuis les anciennes mesures prises par Walter Ulbricht, je veux parler de celle qui consistait à obliger les jeunes médecins à s’installer deux ans dans les zones peu peuplées ou dépeuplées.
    C’est ainsi que j’ai vu une génération de 28 jeunes médecins juste formés d’une grande ville que je ne nommerais pas fondre comme neige au soleil et se réduire à un seul médecin : un militant du Parti !

    Dr Jean Doremieux, urologue en retraite ayant vécu 35 ans en Allemagne

Réagir à cet article