Qui sont ces médecins qui gazouillent au-dessus de nos têtes (pensantes) ?

Paris, le samedi 8 septembre – C’est ce que l’on appelle « faire le buzz ». Dans d’autres circonstances, nous ne serions sans doute pas laissés aller à utiliser cette expression et aurions probablement préféré signaler un événement ayant par exemple « défrayé la chronique ». Mais, ici le terme de « buzz » est incontournable, tant le fait en question est indissociable des nouveaux médias et plus précisément de ce que l’on appelle le web 2.0. qui précisément ont fait naître le mot « buzz ».

Hashtag : Privé de Déserts

Lundi 2 septembre, vingt-quatre médecins blogueurs ont ainsi fait leur rentrée en fanfare. Certains sont désormais célèbres dans la « blogosphère » (le docteur Dominique Dupagne ou plus encore Christian Lehmann), plusieurs ont déjà eu les honneurs de la rubrique « Le Post » de notre lettre JIM + (Farfadoc, Borée, Jaddo…), tous se revendiquent comme des professionnels « libres » (notamment des syndicats) et soucieux de partager leurs propositions pour améliorer l’organisation des soins de ville. Derrière leurs pseudos et armés de leur compte twitter, ils ont dégainé en groupe lundi matin. « Hey Marisol Touraine, si tu cherches des conseillers, c’est par là », lançait ainsi sur son compte twitter le Dr Foulard. Derrière le nom de code #PrivésDeDéserts (encore appelé hashtag, c'est-à-dire le mot clé répertoriant tous les tweets sur un même sujet) étaient déclinées plusieurs propositions qui se veulent détonantes.

Le MUSt ?

Parmi elles, la création de 1 000 maisons universitaires de santé (MUSt). A quoi sert une MUSt ? Offrir aux internes et aux chefs de clinique la possibilité d’apprendre leur métier de généraliste, à la manière des spécialistes au sein des CHU. Comment se fait le choix d’une MUSt plutôt qu’une autre par le jeune carabin ? Par un système de salaire aux enchères. « Au salaire de base égal au SMIC est ajouté une prime annuelle qui sert de régulateur de choix : la prime augmente à partir de zéro jusqu’à ce qu’un candidat se manifeste » nous explique-t-on. Non seulement ce système est censé régler les problèmes d’attractivité de la médecine générale chez les jeunes, mais aussi résoudre la question des déserts médicaux. « Avec un tel dispositif ce sont 6 000 médecins généralistes qui seront disponibles en permanence dans les zones sous médicalisées : 3 000 chefs de clinique en médecine générale et 3 000 internes de médecine générale ». Autre idée de taille : créer un nouveau métier, les AGI ou Agent de gestion et d’interfaçage ! Attachés aux MUSt(s), les AGI(s) auraient pour mission de remplir toutes les tâches administratives qui aujourd’hui alourdissent considérablement les journées des praticiens libéraux. Et qui pour occuper ces postes ? Pourquoi pas les visiteurs médicaux dont la disparition est préconisée par les médecins blogueurs ! D’autres propositions tout aussi détonantes figurent dans un document… qui n’a cependant pas encore suscité un très grand nombre de commentaires du côté des syndicats à l’exception de celui des jeunes médecins libéraux qui s’est montré enthousiasmé.

 


Pour lire les propositions, rendez-vous sur le site d’un des médecins « signataires »

Aurélie Haroche

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