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Traitement par HIFU du cancer de la prostate : des résultats insuffisants à long terme

Publié le 12/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les ultrasons focalisés de haute intensité (avec une puissance 10 000 fois plus élevée que dans le cas de l’imagerie à ultrasons) ou HIFU ("High Intensity Focused Ultrasound") permettent l'ablation d'une tumeur par échauffement brutal.

En 2008, les auteurs d'une méta-analyse française (1) examinant les résultats de la méthode dans les séries de cas publiées (une seule étude comparative, non randomisée, avec le Sonablate® américain, était disponible) dans le cancer de la prostate (CP) avaient recommandé son utilisation en cas de refus ou d'inéligibilité pour un traitement radical chez les patients âgés (≥ 70 ans) ayant un CP T1-T2 N0 M0 avec score de Gleason < 7, PSA < 15 ng / mL et volume prostatique < 40 mL. Cependant, en l'absence de données à long terme et de consensus sur la définition de la récurrence biologique (RB), l'EAU (European Association of Urology) et l'AUA (American Urological Association) restent réticentes (2, 3).        

En conséquence, les résultats à long terme de l'Ablatherm® (EDAP SA, Lyon, France), premier dispositif à recevoir (en 2000) le marquage CE dans le CP, ont été évalués rétrospectivement par une équipe coréenne dans une cohorte de 157 patients qui ont bénéficié de cette technique entre février 2004 et août 2010.

La RB a été définie selon les critères dits de Stuttgart (4) par un PSA > 1,2 ng / mL au nadir (valeur la plus basse au cours du temps). Une analyse de Kaplan-Meier a été réalisée afin d'évaluer la RB et la survie sans progression de la maladie en fonction du risque. Les facteurs prédictifs de la progression de la maladie et de la RB ont été identifiés en utilisant la méthode des risques proportionnels de Cox.

Cent-vingt-six patients, avec un suivi médian de 61,1 mois, étaient analysables (médianes : âge 71 ans, volume prostatique 31,2 mL, PSA préopératoire 8,7 ng/mL, PSA au nadir 0,11 ng/mL ; délai d’atteinte du PSA nadir : moyenne ± écart-type 72,9 ± 49,6 jours, médiane 57 jours).

Le taux de RB global a été de 59,5 %, et la récurrence est survenue après 13,8 mois (médiane). Les taux de survie à 5 ans sans RB des groupes (définis sur l’IRM) à bas risque, à risque intermédiaire et à haut risque ont été respectivement de 66,3 %, 40,2 % et 21,0 % (p = 0,001). Les taux de survie sans progression de la maladie à 5 ans ont été respectivement de 73,5 %, 46,0 % et 29,2 % (p = 0,008).

L'analyse multivariée a montré que la stratification du risque, le taux de PSA au nadir et le délai d’atteinte du nadir étaient des éléments prédictifs significatifs de la RB et de la progression de la maladie.

Dans les trois premiers mois postopératoires, 11 patients (8,7 %) ont eu des complications, mais aucun n'a nécessité de transfusion sanguine et il n'a été noté ni plaie, ni accident vasculaire cérébral, ni thrombose veineuse profonde, ni dysfonctionnement colique.

Ces résultats insuffisants à long terme confirment ceux d'une très récente étude française à six ans (5) et ne devraient pas modifier les réticentes de l'EAU ou de l'AUA... en attendant l'étude randomisée qui manque toujours.



Dr Gérard Loeb


Sung HH et coll. : Seven years of experience with high-intensity focused ultrasound for prostate cancer Advantages and limitations. Prostate 2012; 72: 1399-406.
doi: 10.1002/pros.22491.

(1) Rebillard X et coll. ; High-intensity focused ultrasound in prostate cancer; a systematic literature review of the French Association of Urology. BJU Int 2008; 101(10): 1205–13.
(2) Heidenreich A et coll. : EAU guidelines on prostate cancer. Part 1: Screening, diagnosis, and treatment of clinically localised disease. Eur Urol 2011; 59(1): 61–71.
(3) Thompson I et coll. : Guideline for the management of clinically localized prostate cancer: 2007 update. J Urol 2007; 177(6): 2106–31.
(4) Blana A et coll. : High-intensity focused ultrasound for prostate cancer: Comparative definitions of biochemical failure. BJU Int 2009; 104(8): 1058–62.
(5) Ripert T et coll. : Six years’ experience with high-intensity focused ultrasonography for prostate cancer: Oncological outcomes using the new ’Stuttgart’ definition for biochemical failure. BJU Int 2011; 107(12): 1899–1905.


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