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Acupuncture dans la lombalgie aiguë : peu importe comment on pique…

Publié le 14/09/2012   |  6 réactions Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

L'efficacité de l'acupuncture dans le traitement de la lombalgie aiguë reste contestée : une synthèse Cochrane de 2005 (1) n'a retenu que trois essais évaluant l'acupuncture pour les douleurs lombaires aiguës ; ces études n'ont pas permis de conclusion définitive en raison de la petite taille des échantillons et de leur faible qualité méthodologique.

Pour les lombalgies chroniques, la synthèse Cochrane a estimé qu'il y a des preuves de soulagement de la douleur et d'amélioration fonctionnelle sous acupuncture par rapport à l'absence de traitement ou à un placebo. Ces effets n'ont cependant été observés qu'immédiatement après la fin des séances et à court terme. Il est également prouvé que l'acupuncture, ajoutée à d'autres traitements conventionnels, soulage mieux la douleur et améliore mieux la fonction que les traitements conventionnels seuls. Cependant, les effets ne sont que de petite taille et, pour les auteurs de la collaboration Cochrane, l'acupuncture n'est pas plus efficace que d'autres traitements classiques ou « alternatifs ». (1)

Cette incertitude persistante a motivé une étude multicentrique espagnole, randomisée et contrôlée, pour évaluer les effets de l'acupuncture dans le contexte des soins primaires. Son protocole a été précédemment publié. (2) Au total, 275 patients pour lesquels le diagnostic de lombalgie aiguë avait été établi par leur médecin généraliste ont été recrutés et randomisés dans 4 groupes : traitement conventionnel, seul ou complété par 5 séances en deux semaines d'acupuncture classique (AC), d'acupuncture simulée (AS) ou d'acupuncture placebo (AP).

Le critère principal était une réduction ≥ 35 % après deux semaines de traitement du score au Disability Questionnaire de Roland Morris (RMDQ ou score d’Eifel) (3), un questionnaire simple à remplir dont la fiabilité est établie et dont il existe 36 versions linguistiquement validées et d'accès libres (4) : un changement ≥ à 4 points / 24 (un point par item) peut être considéré comme non lié au hasard. Les patients ont été traités en insu, sauf ceux qui ont reçu le seul traitement conventionnel.

Dans l'analyse ajustée pour l'échantillon total, ainsi que pour les patients professionnellement actifs, les 3 modalités de l'acupuncture ont été supérieures au traitement conventionnel seul, mais sans aucune différence significative entre elles : pour l'AC, le risque relatif (RR) était de 5,04 (intervalle de confiance à 95 %, IC : 2,24 à 11,32) ; pour l'AS, le RR était de 5,02 (IC : 2,26 à 11,16) ; pour l'AP le RR était de 2,57 (IC : 1,21 à 5,46). Trois mois après la randomisation, des lombalgies étaient encore présentes chez 18,1 % des patients : 9,8 % dans le groupe acupuncture classique, 13,8 % dans le groupe acupuncture simulée, 21,6 % dans le groupe acupuncture placebo et 16,7 % dans le groupe traitement conventionnel seul.

Dans la lombalgie aiguë, l'acupuncture améliore donc les résultats du traitement conventionnel, mais l'acupuncture classique n'est pas supérieure à l'acupuncture factice ou à l'acupuncture placebo !



Dr Gérard Loeb


Vas J et coll. : Acupuncture in patients with acute low back pain: A multicentre randomised controlled clinical trial. Pain, 2012; 153: 1883-9.

(1) Furlan AD et coll. : Acupuncture and dry-needling for low back pain: an updated systematic review within the framework of the cochrane collaboration. Spine (Phila Pa 1976) 2005; 30: 944-63.
(2) Vas J et coll. : Efficacy and safety of acupuncture for the treatment of non-specific acute low back pain: a randomised controlled multicentre trial protocol [ISRCTN65814467]. BMC Complement Altern Med 2006; 6 :14.
(3) Roland MO, Morris RW. : A study of the natural history of back pain. Part 1:Development of a reliable and sensitive measure of disability in low back pain. Spine 1983; 8:141-4.
(4) http://www.rmdq.org/




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Vos réactions

Contestation

Le 14 septembre 2012

Cette étude est complètement fausse.
En acupuncture traditionnelle la démarche doit être rigoureuse même en aigue
1) interrogatoire
2) examen clinique classique
3) examen de la langue
4) palpation des pouls chinois
5) choix judicieux du ou des points et surtout pas n’importe lesquelles
6) techniques de dispersion ou tonification ou moxibustion
Le but est d'avoir un effet à long terme et complet.

Pierre Henri Nevado

Rapport KCE sur l'acupuncture

Le 15 septembre 2012

Lire à ce sujet le rapport du KCE (équivalent belge de votre HAS) relatif à l'acupuncture via le lien: https://kce.fgov.be/fr/publication/report/etat-de-lieux-de-l%E2%80%99acupuncture-en-belgique

Bonne lecture !

Françoise Mijcke

La force de la conviction

Le 17 septembre 2012

Dramatique cette étude qui vient nous dire que mettre des aiguilles en des points précis et les mettre un peu n'importe où c'est du pareil au même ! Et qui confirme que l'effet acupuncture tient plus de la conviction qu'un effet réel.
Ce que ne dit pas l'étude, c'est comment a été menée la prise en charge conventionnel versus le processus avec acupuncture. Autrement dit, n'est-ce pas l'effet thérapeute qui est mis en évidence ? Et ce qui est mesuré alors c'est la nature de la prise en charge et non la technique proprement dite.

Paul Kiritzé-Topor

Endorphines

Le 22 septembre 2012

Si comme l'indiquaient des études déjà anciennes l'acupuncture agit par stimulation de la sécrétion d'endorphines (ce que démontrerait l'inhibition de son effet par les antagonistes morphiniques) le seul fait de percer la peau peut suffire, quel que soit l'endroit...

Dr Cécile Nizet

Acupuncture placebo vaste débat

Le 24 septembre 2012

Désolé je n'ai pas 31 dollar pour payer l'article complet ce qui m'aurait pourtant intéressée. L'acupuncture placebo est un vrai problème pour la recherche en acupuncture. Les chercheur dans ce domaine se trompent souvent et nous n'avons pas à ce jour de vrai placebo en acupuncture. Il existe des aiguilles qui sont placebo pour le patient car elle ne piquent qu'en superficie. Mais à partir du moment ou il y a une puncture même superficielle il s'agit d'acupuncture. L'acupuncture japonaise est même une acupuncture totalement indolore. Quand arrêterons nous de faire des études versus placebo ? L'acupuncture n'est pas un comprimé avec une substance à tester mais une pratique relevant souvent de l'art: l'art du diagnostique, l'art de l'observation, l'art du choix des points. Le protocole est souvent une mauvaise réponse aux maladies avec un diagnostic occidental. En effet la lombalgie peut être de différentes causes au regard de la médecine chinoise et donc relever de différents traitements. Si vous faites une mauvaise acu sur les patients (protocole) mis en regard d'un placebo non dénué d'effets, il est donc normal d'aboutir à des résultats proche c'est à dire une amélioration peu importante à peine meilleur que le "placebo". Tant que nous ferons de la recherche de cette façon en acupuncture nous arriverons toujours à ce genre de résultat! Pour en savoir plus sur l'acupuncture placebo se référer à mon excellente thèse qui en parle à partir de la page 83: http://dumas.ccsd.cnrs.fr/docs/00/62/47/70/PDF/2010GRE15065_gallon_claire_1_D_.pdf

Dr Claire Gallon

Réflexions pratiques

Le 29 septembre 2012

Le point d'acupuncture PA : La bibliographie nous apprend que le PA est un trajet débutant à l'épiderme pour se terminer dans le derme.
Ce qui expliquerait les stimulations externes du PA.
Il semble qu'une longueur d'aiguille atteignant l'hypoderme soit préférée par les professionnels.
La médecine Chinoise a proposé il y a quelques décades l'injection d'un médicament liquide dans les PA (effet stimulant du produit sur le PA et effet thérapeutique) et particulièrement en regard de la zone à traiter: Dans ce cas, la région lombaire.
Si l'efficacité de l'acupuncture semble être douteuse, l'action de la mésothérapie est reconnue. Mais n'étaient-ce pas des PA qui ont été injectés.
Si l'action sédative de la mésothérapie semble acquise, comment discriminer dans la paternité de cette action thérapeutique entre un point de mésothérapie et la partie dermique du PA stimulée par le médicament?
André Cohen

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