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Plaidoyer pour un dépistage de la rétinopathie diabétique aussi précoce que possible

Publié le 14/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La découverte d’un diabète de type 2 (DT2) fait souvent suite à une longue période d’hyperglycémie méconnue, exposant au développement sournois de complications microangiopathiques, dont la rétinopathie diabétique (RD), cause majeure de perte de la vision, pourtant accessible à la prévention et au traitement. Considérant la prévalence de la RD au diagnostic du DT2 comme un indicateur d’intérêt, à la fois marqueur de la qualité du système de santé (eu égard à la détection précoce du DT2 et de sa rétinopathie), et marqueur de l’ampleur des besoins de dépistage de la RD après le diagnostic du diabète et de l’urgence de ce dépistage, des équipes écossaises ont évalué la prévalence de la RD au diagnostic du DT2 ainsi que les facteurs contribuant à cette prévalence.

Pour ce faire, HC Looker et coll ont examiné les données de la Scottish Care Information-Diabetes Collaboration (SCI-DC) database, recueillant, depuis 2000, nombre d’items clés ayant trait au diabète (IMC, HbA1c, pression artérielle, lipides…) provenant de tous les hôpitaux et de 1 100 structures de médecine générale d’Écosse, et celles d’un programme d’amélioration du dépistage de la RD, par rétinographie, le Scottish Diabetic Retinopathy Screening (DRS) programme, mis en œuvre en 2006.

L’étude a inclus 51 526 patients ayant un DT2 diagnostiqué entre janvier 2005 et mai 2008 (55 % d’hommes), âgés en moyenne de 61,8 ± 12,8 ans). Au 31 décembre 2010, 91,4 % des patients avaient bénéficié d’un dépistage de la RD, 53,8 % d’entre eux au cours de la première année suivant le diagnostic du DT2. Parmi les 8,6 % de la population d’étude ayant échappé au dépistage de la RD, les décès comptaient pour 4,2 % des cas, tandis que le refus d’adhérer au programme DRS, et le changement de lieu de résidence hors d’Écosse, constituaient les principaux motifs autres d’absence de dépistage recensés.

Plus le délai de dépistage est long, plus la prévalence de la rétinopathie augmente

Le délai médian entre le diagnostic du DT2 et le premier dépistage de la RD, dans l’ensemble, de 315 jours (111-607 jours), était fortement lié à l’année de diagnostic du diabète : de 540 jours (258-747 jours) lorsque le DT2 avait été diagnostiqué en 2005, il chutait à 83 jours (51-135 jours) lorsque le diagnostic de DT2 avait été posé en 2008.

La prévalence de rétinopathie diabétique au premier dépistage était de 19,3 % et celle de la RD avancée et de la maculopathie de 1,9 %. Lorsque le dépistage de la RD avait eu lieu dans l’année suivant le diagnostic du DT2, les prévalences correspondantes étaient respectivement de 18,3 % et 1,6 %, vs 20,5 % et 2,3 % lorsque le dépistage avait été réalisé plus de 1 an après le diagnostic du diabète (p < 0,0001), le dépistage effectué plus de 2 ans après le diagnostic du DT2 retrouvant la prévalence de rétinopathie la plus forte (respectivement 20,7 % et 2,7 %).

En analyse multivariée plusieurs facteurs ressortent significativement associés à la prévalence toutes formes de RD (p < 0,001 pour ces liens) :

- le fait d’être un homme (Odds ratio [OR] = 1,19 : intervalle de confiance à 95 % : 1,14-1,25) ;
- le taux d’HbA1c [OR =1,07 (1,06-1,08) pour chaque accroissement de 1 % du taux d’hémoglobine glyquée] ;
- la pression artérielle systolique [OR = 1,06 (1,05-1,08) par accroissement de 10 mmHg] ;
- le temps écoulé entre le dépistage de la RD et le diagnostic du diabète, l’odds ratio étant de 1,12 (1,07-1,17) lorsque ce délai dépassait 1 an ;
- l’IMC (0,87 ; 0,82-0,93).

À l’ère de la progression épidémique du DT2, cause de cécité évitable, cette étude attire l’attention sur l’impact de la mise en œuvre d’un programme de dépistage de la rétinopathie diabétique mené à l’échelle de l’Écosse. Plus de 90 % des patients ayant un diabète de type 2 nouvellement diagnostiqué ont bénéficié de ce dépistage, la majorité dans l’année suivant le diagnostic du DT2, le délai médian séparant diagnostic du DT2 et dépistage de la RD, facteur de risque de prévalence accrue de la RD, étant allé s’amenuisant au cours de la période d’étude, passant de 18 mois à moins de 3 mois.



Dr Julie Perrot


Looker HC et coll. :Diabetic retinopathy at diagnosis of type 2 diabetes in Scotland. Diabetologia 2012 ; 55 : 2335-42 (DOI : 10.1007/s00125-012-2596-z).




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