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Quelles sont les conséquences de l’exposition prénatale au chlordécone ?

Publié le 18/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 18 septembre 2012 – En septembre 2007, le professeur Dominique Belpomme transmettait au parlement un rapport détonnant sur les conséquences de l’utilisation massive aux Antilles d’un pesticide très toxique, le chlordécone. Ce produit, interdit aux Etats-Unis dès 1976 en raison de sa dangerosité mais qui est demeuré autorisé officiellement jusqu’en 1990 en France a continué à être utilisé « clandestinement » au moins jusqu’au début des années 2000 en Martinique et en Guadeloupe dans les exploitations bananières. Or, les conséquences de l’utilisation de ce pesticide et des contaminations persistantes (pour de nombreuses décennies) de l’environnement pourraient être dramatiques. Bien que les études précises manquent sur le sujet, le rapport du professeur Belpomme n’hésitait ainsi pas à affirmer que le produit pourrait être à l’origine de certaines malformations chez le nourrisson en raison d’une exposition quasi générale des femmes enceintes.

1 042 femmes et leurs enfants suivis pendant sept ans

Cinq ans après ces travaux qui avaient été à l’époque fortement commentés, une équipe de l’Inserm dirigée par Sylvaine Cordier (Rennes) et Luc Multigner (Pointe à Pitre) donnent plus de précisions sur les effets de l’exposition prénatale et postnatale au chlordécone. Les chercheurs ont constitué entre 2005 et 2007 une cohorte de 1 042 femmes enceintes. Depuis lors, les enfants sont suivis régulièrement et devraient l’être jusqu’à l’âge de 7 ans. L’exposition prénatale au chlordécone a été évaluée à partir du dosage du pesticide dans le sang du cordon, tandis que l’exposition post-natale a été estimée grâce à des prélèvements du lait maternel et un relevé de l’alimentation, destiné à déterminer la fréquence de consommation de produits potentiellement contaminés par le chlordécone. En collaboration avec des chercheurs québécois, belges et américains, les équipes françaises ont ensuite décidé de soumettre les nourrissons et les jeunes enfants à des tests de « préférence visuelle pour la nouveauté » ainsi qu’à des « tests de motricité fine » en vue de déterminer l’impact éventuel de l’exposition au chlordécone.

Pas de troubles graves mais des conséquences certaines

Les premiers résultats de leur étude qui concernent 153 enfants suivis jusqu’à l’âge de 7 mois viennent d’être publiés dans la revue Environnemental Research. Ils mettent en évidence une diminution significative « du score de préférence visuelle pour la nouveauté » et des résultats obtenus aux tests de « motricité fine » chez les enfants les plus fortement exposés in utero au pesticide. Le lien entre exposition au chlordécone par le biais d’aliments potentiellement contaminés et altération du développement psychomoteur est pour sa part à « la limite de la signification statistique ». Enfin, l’exposition à la substance par l’allaitement ne semble pas entraîner de « modification du développement psychomoteur ». En guise de conclusion préalable, les auteurs observent tout à la fois que leurs observations « ne traduisent pas de troubles graves » mais confortent cependant les résultats de travaux menés chez l’adulte.



Aurélie Haroche



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