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L’élévation du facteur rhumatoïde prédit l’apparition de la polyarthrite

Publié le 20/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Le dosage du facteur rhumatoïde est un examen largement utilisé en cas de suspicion de polyarthrite rhumatoïde (PR). La recherche n’est toutefois positive que dans 40 % des cas au début de la maladie. A contrario, il peut être élevé alors qu’aucun signe de PR n’est présent. En ce cas, se pourrait-il  qu’il soit un signe annonciateur de la maladie, à plus ou moins long terme ?

C’est ce qu’a cherché à savoir une équipe danoise, en suivant pendant 28 ans, 9 712 patients âgés de 20 à 100 ans et indemnes de toute PR au moment de l’inclusion. Un dosage du facteur rhumatoïde était réalisé chez tous les patients à l’entrée dans l’étude.

Au cours du suivi, 183 individus ont développé une PR et le constat semble assez convaincant : le doublement, par rapport à la norme, du taux du facteur rhumatoïde à l’entrée dans l’étude est associé à une augmentation par un facteur de 3,3 de développer la maladie (intervalle de confiance à 95 % : 2,7 à 4,0). Une tendance identique est retrouvée pour d’autres maladies auto-immunes, syndrome de Sjögren, lupus érythémateux disséminé et sclérodermie, mais le nombre de ces cas est trop limité pour que les résultats soient réellement significatifs.

Le risque de développer une PR est d’autant plus grand que le taux de facteur rhumatoïde est élevé (Hazard Ratio : 3,6 pour un taux de 25-50 UI/ml, 6,0 pour un taux compris entre 50,1 et 100 UI/ml, et 26 pour un taux > 100 UI/ml). La population le plus à risque semble être incontestablement les femmes entre 50 et 69 ans, fumeuses et dont le taux initial était > 100 UI/ml. Elles ont alors 32 % de risque de développer la maladie dans un délai de 10 ans.

Contrairement à ce qui est souvent avancé, l’âge ne paraît pas ici un facteur indépendant d’augmentation du taux du facteur rhumatoïde.

Conclusion pratique de ce constat, les auteurs estiment que les patients qui présentent un taux élevé de facteur rhumatoïde devraient être adressés sans tarder à une consultation spécialisée, même en l’absence de signes cliniques de PR.

La plus grande spécificité du dosage des Anticorps anti-peptides cycliques citrullinés (Anti-CCP) avait enlevé un peu de son utilité à celui du facteur rhumatoïde pour le diagnostic de la PR. Si les résultats de cette étude se confirment, ce dernier  pourrait retrouver un regain d’intérêt.



Dr Roseline Péluchon


Nielsen S.F. et coll. : Elevated rheumatoid factor and long term risk of rheumatoid arthritis: a prospective cohort study
BMJ 2012;345:e5244


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