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Vivre et mourir

Publié le 22/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le vendredi 21 septembre 2012 - Ne sommes nous destinés qu’à devenir des reliques ? Des traces, des carnets, des histoires mystérieuses à déchiffrer après notre mort. Comprendre la vie de Z., ce grand musicien forcé d’abandonner sa vie, sa passion et de devenir « l’ombre de l’être triomphant et légendaire » qu’il fut. Découvrir ses errances, ses hallucinations et l’incompréhension des médecins. Cette quête nous la menons parallèlement au narrateur de « La Sœur », qui reçoit un jour, par la poste, le manuscrit de Z., rencontré quelques mois plus tôt, juste pour quelques heures. Une véritable « quête » de vérité, un suspens presque haletant s’installe alors, sous l’écriture claire et réaliste de Sandor Maraï, écrivain hongrois mort en 1989, redécouvert ces dernières années comme un auteur européen majeur. Son roman, La sœur, et son labyrinthe narratif, vient de recevoir le prix Jean Bernard de l’Académie de médecine, qui récompense chaque année un roman évoquant, entre autres, la médecine et la maladie.

A un cheveux de l’Histoire

Des reliques, des objets magiques, des instants de mémoire : tels deviennent parfois les cheveux. Nos coiffures, nos crinières, nos tonsures racontent parfois une partie de nos vies : notre quête de jeunesse et de beauté éternelle, notre peur de la maladie et du temps qui passe, notre besoin maladif de nous rattacher à quelques talismans. C’est que ce nous raconte l’exposition ouverte cette semaine au musée du quai Branly : « Cheveux chéris – Frivolités et trophées », qui suit la destinée des cheveux à travers le monde, de la Papouasie Nouvelle-Guinée jusqu’aux villages d’Afrique.

A un cheveux de la beauté

Sauver ses cheveux des affres du temps, mais pas seulement les cheveux. Telle est aujourd’hui l’obsession de certains de nos contemporains, des obsessions qui s’exposeront peut-être dans cent ans, dans mille ans, dans un musée des civilisations. On y retrouvera les capsules de botox, les appareils de lipo-aspiration, les dessins des chirurgiens. Ce sont dores et déjà les vedettes du reportage qui sera diffusé dimanche soir à 20 h 40 sur France 5 : « Interdit de vieillir, le prix à payer », où l’on nous promet de nous faire découvrir les coulisses d’un marché en plein expansion.

A un cheveux de la pitié

Pour Yvette Evrard, l’héroïne de Quelques heures de printemps (interprétée par l’excellente Hélène Vincent), il n’est plus temps de chercher à ne pas vieillir. Pas même de tenter de ne pas mourir. Toute seule, dans sa petite maison où elle ne laisse survivre aucune poussière, aucune trace de ses passages, Yvette Evrard a décidé de partir en Suisse où des associations proposent aux personnes souffrant d’une maladie incurable de les « assister au suicide ». Le retour dans sa vie de son fils (joué par un très convaincant Vincent Lindon) n’y changera rien. D’ailleurs, ces deux là ne parviendront jamais à dépasser leurs différences, leurs propres insuffisances. Et le silence s’installe dans ce long film de Stéphane Brizé, qui ne lésine pas sur les longues pauses et les instants de pitié « dangereuse » aurait soufflé Stéphane Zweig. Dangereuse surtout pour le spectateur qui ne parvient pas à faire sienne la souffrance des personnages.



Aurélie Haroche


Livre : La Sœur, Sandor Marai, Albin Michel, 310 pages, 20 euros, traduit du hongrois par Catherine Fay (qui recevra en décembre le prix Jean Bernard)

Exposition : « Cheveux chéris – Frivolités et trophées », Musée du Quai Branly, du 18 septembre 2012 au 14 juillet 2013, 37, quai Branly, 75007 Paris.

Télévision : « Interdit de vieillir, le prix à payer », France 5, dimanche 23 septembre, 20h40

Cinéma : « Quelques heures de printemps », de Stéphane Brizé, sortie le mercredi 19 septembre, 1h48



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