Paris, le vendredi 21 septembre 2012 - Ne sommes nous destinés
qu’à devenir des reliques ? Des traces, des carnets, des histoires
mystérieuses à déchiffrer après notre mort. Comprendre la vie de
Z., ce grand musicien forcé d’abandonner sa vie, sa passion et de
devenir « l’ombre de l’être triomphant et légendaire »
qu’il fut. Découvrir ses errances, ses hallucinations et
l’incompréhension des médecins. Cette quête nous la menons
parallèlement au narrateur de « La Sœur », qui reçoit un jour, par
la poste, le manuscrit de Z., rencontré quelques mois plus tôt,
juste pour quelques heures. Une véritable « quête » de vérité, un
suspens presque haletant s’installe alors, sous l’écriture claire
et réaliste de Sandor Maraï, écrivain hongrois mort en 1989,
redécouvert ces dernières années comme un auteur européen majeur.
Son roman, La sœur, et son labyrinthe narratif, vient de recevoir
le prix Jean Bernard de l’Académie de médecine, qui récompense
chaque année un roman évoquant, entre autres, la médecine et la
maladie.
A un cheveux de l’Histoire
Des reliques, des objets magiques, des instants de mémoire :
tels deviennent parfois les cheveux. Nos coiffures, nos crinières,
nos tonsures racontent parfois une partie de nos vies : notre quête
de jeunesse et de beauté éternelle, notre peur de la maladie et du
temps qui passe, notre besoin maladif de nous rattacher à quelques
talismans. C’est que ce nous raconte l’exposition ouverte cette
semaine au musée du quai Branly : « Cheveux chéris – Frivolités
et trophées », qui suit la destinée des cheveux à travers le
monde, de la Papouasie Nouvelle-Guinée jusqu’aux villages
d’Afrique.
A un cheveux de la beauté
Sauver ses cheveux des affres du temps, mais pas seulement les
cheveux. Telle est aujourd’hui l’obsession de certains de nos
contemporains, des obsessions qui s’exposeront peut-être dans cent
ans, dans mille ans, dans un musée des civilisations. On y
retrouvera les capsules de botox, les appareils de lipo-aspiration,
les dessins des chirurgiens. Ce sont dores et déjà les vedettes du
reportage qui sera diffusé dimanche soir à 20 h 40 sur France 5 : «
Interdit de vieillir, le prix à payer », où l’on nous
promet de nous faire découvrir les coulisses d’un marché en plein
expansion.
A un cheveux de la pitié
Pour Yvette Evrard, l’héroïne de Quelques heures de printemps
(interprétée par l’excellente Hélène Vincent), il n’est plus temps
de chercher à ne pas vieillir. Pas même de tenter de ne pas mourir.
Toute seule, dans sa petite maison où elle ne laisse survivre
aucune poussière, aucune trace de ses passages, Yvette Evrard a
décidé de partir en Suisse où des associations proposent aux
personnes souffrant d’une maladie incurable de les « assister
au suicide ». Le retour dans sa vie de son fils (joué par un
très convaincant Vincent Lindon) n’y changera rien. D’ailleurs, ces
deux là ne parviendront jamais à dépasser leurs différences, leurs
propres insuffisances. Et le silence s’installe dans ce long film
de Stéphane Brizé, qui ne lésine pas sur les longues pauses et les
instants de pitié « dangereuse » aurait soufflé Stéphane Zweig.
Dangereuse surtout pour le spectateur qui ne parvient pas à faire
sienne la souffrance des personnages.
Aurélie Haroche
Livre : La Sœur, Sandor Marai, Albin Michel, 310 pages, 20 euros, traduit du hongrois par Catherine Fay (qui recevra en décembre le prix Jean Bernard)
Exposition : « Cheveux chéris – Frivolités et trophées », Musée du Quai Branly, du 18 septembre 2012 au 14 juillet 2013, 37, quai Branly, 75007 Paris.
Télévision : « Interdit de vieillir, le prix à payer », France 5, dimanche 23 septembre, 20h40
Cinéma : « Quelques heures de printemps », de Stéphane Brizé, sortie le mercredi 19 septembre, 1h48
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