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Première année des études de santé : l’Académie de pharmacie favorable à une sélection à l’entrée

Publié le 25/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 25 septembre 2012 – L’Académie de pharmacie n’a jamais caché ses réticences vis-à-vis de la réforme de la première année des études de santé (PACES) entrée en vigueur en 2010 et qui entre autres a inclus pour la première fois la pharmacie au sein d'un tronc commun. On se souvient ainsi comment lors de la séance délocalisée de l’Académie au printemps dernier à Grenoble, la discussion n’avait pas uniquement porté sur l’excellence de l’université grenobloise mais également concerné les défauts de la PACES. Le président de l’Académie, Jean-Paul Chiron avait ainsi énuméré les différents points particulièrement insatisfaisants, dont la « disparition » de plusieurs « disciplines fondamentales ». Quelques mois plus tard, dans un éditorial paru dans le numéro de juin de la lettre de l’institution, il réitérait ses critiques et avançait une nouvelle fois l’idée d’une sélection à l’entrée.

« Destructrice sur le plan pédagogique »

Cette recommandation est désormais actée par l’ensemble de l’Académie de pharmacie qui vient de publier un avis concernant la PACES, fruit du travail de la Commission de l’enseignement et de la formation permanente. Sans tirer de bilan très précis des deux années écoulées, les sages notent cependant l’existence de « résultats hétérogènes d’une Université à l’autre » ainsi « qu’un certain nombre de dysfonctionnements ». Ils n’hésitent pas même à considérer que « la poursuite de la PACES en l’état est destructrice sur le plan pédagogique et ne répond pas à ses objectifs ». Aussi, l’Académie incite-t-elle en premier lieu les pouvoirs publics à réaliser un examen complet des deux années écoulées, afin de prendre les décisions qui s’imposent.

Un concours à l’entrée ou un concours pour chaque filière faute de mieux

Quelques pistes sont par ailleurs déjà clairement dessinées par l’Académie de médecine qui suggère de « mettre en place, soit (de préférence), une pré-sélection à l’entrée de la première année des études de Santé dans l’intérêt des étudiants (…) à organiser à l’issue du baccalauréat avec prise en compte du dossier », soit « un concours spécifique en fin de première année pour chacun des cursus des études de santé ». Cette notion de « concours spécifique » obéie à un souhait  d' une plus grande distinction entre les filières. Beaucoup en effet considèrent que la constitution d’un tronc commun a nuit à l’enseignement de certaines disciplines et notamment de la pharmacie. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’une des recommandations fortes de l’Académie qui appelle à « rétablir une formation de base solide dans les sciences fondamentales, notamment pour les futurs pharmaciens ».

Vive le tutorat

Plusieurs préconisations visent en outre des questions organisationnelles : réduction du nombre d’intervenants au sein d’une même unité d’enseignement, restructuration des enseignements dirigés (avec pour objectif notamment de restreindre le nombre d’étudiants par groupe) ou encore implication des professionnels de santé dans la formation (notamment pour la pharmacie) sont autant de propositions concrètes formulées par les sages.

Si ces différentes suggestions confirment l'avis plutôt réticent de l’Académie de pharmacie au sujet de la PACES, un point paraît trouver particulièrement grâce à ses yeux : la pérennisation de « la démarche de Tutorat, jugée globalement très positive ».



Aurélie Haroche


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