Paris, le mardi 25 septembre 2012 – L’Académie de pharmacie n’a
jamais caché ses réticences vis-à-vis de la réforme de la première
année des études de santé (PACES) entrée en vigueur en 2010 et qui
entre autres a inclus pour la première fois la pharmacie au sein
d'un tronc commun. On se souvient ainsi comment lors de la séance
délocalisée de l’Académie au printemps dernier à Grenoble, la
discussion n’avait pas uniquement porté sur l’excellence de
l’université grenobloise mais également concerné les défauts de la
PACES. Le président de l’Académie, Jean-Paul Chiron avait ainsi
énuméré les différents points particulièrement insatisfaisants,
dont la « disparition » de plusieurs « disciplines
fondamentales ». Quelques mois plus tard, dans un éditorial
paru dans le numéro de juin de la lettre de l’institution, il
réitérait ses critiques et avançait une nouvelle fois l’idée d’une
sélection à l’entrée.
« Destructrice sur le plan pédagogique »
Cette recommandation est désormais actée par l’ensemble de
l’Académie de pharmacie qui vient de publier un avis concernant la
PACES, fruit du travail de la Commission de l’enseignement et de la
formation permanente. Sans tirer de bilan très précis des deux
années écoulées, les sages notent cependant l’existence de «
résultats hétérogènes d’une Université à l’autre » ainsi «
qu’un certain nombre de dysfonctionnements ». Ils
n’hésitent pas même à considérer que « la poursuite de la PACES
en l’état est destructrice sur le plan pédagogique et ne répond pas
à ses objectifs ». Aussi, l’Académie incite-t-elle en premier
lieu les pouvoirs publics à réaliser un examen complet des deux
années écoulées, afin de prendre les décisions qui s’imposent.
Un concours à l’entrée ou un concours pour chaque filière faute
de mieux
Quelques pistes sont par ailleurs déjà clairement dessinées par
l’Académie de médecine qui suggère de « mettre en place, soit
(de préférence), une pré-sélection à l’entrée de la première année
des études de Santé dans l’intérêt des étudiants (…) à organiser à
l’issue du baccalauréat avec prise en compte du dossier »,
soit « un concours spécifique en fin de première année pour
chacun des cursus des études de santé ». Cette notion de «
concours spécifique » obéie à un souhait d' une plus grande
distinction entre les filières. Beaucoup en effet considèrent que
la constitution d’un tronc commun a nuit à l’enseignement de
certaines disciplines et notamment de la pharmacie. C’est dans ce
cadre que s’inscrit l’une des recommandations fortes de l’Académie
qui appelle à « rétablir une formation de base solide dans les
sciences fondamentales, notamment pour les futurs pharmaciens
».
Vive le tutorat
Plusieurs préconisations visent en outre des questions
organisationnelles : réduction du nombre d’intervenants au sein
d’une même unité d’enseignement, restructuration des enseignements
dirigés (avec pour objectif notamment de restreindre le nombre
d’étudiants par groupe) ou encore implication des professionnels de
santé dans la formation (notamment pour la pharmacie) sont autant
de propositions concrètes formulées par les sages.
Si ces différentes suggestions confirment l'avis plutôt réticent
de l’Académie de pharmacie au sujet de la PACES, un point paraît
trouver particulièrement grâce à ses yeux : la pérennisation de «
la démarche de Tutorat, jugée globalement très positive
».
Aurélie Haroche
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