Paris, le jeudi 27 septembre 2012 – Il paraît un peu jeune pour
participer à cette cérémonie organisée en ce jeudi 20 septembre par
le maire socialiste de Conflans-Sainte-Honorine, Philippe Esnol, en
l’honneur des bacheliers de sa ville. Pourtant, il n’est pas venu
accompagner un frère ou une sœur aîné. C’est bien lui qui tout à
l’heure recevra l’éloge de l’édile, un éloge peut-être un peu plus
appuyé que pour les autres jeunes diplômés. Bien sûr le fait que
Christian Etiti ait 14 ans y est pour beaucoup. En outre, la
réussite du jeune homme force plus encore l’admiration lorsqu’on
sait qu’il se destine à une carrière difficile : la médecine. Si
l’on ajoute enfin que Christian Etiti est née à Douala (Cameroun),
d’où ses parents sont partis lorsqu’il avait cinq ans, l’on pensera
sans doute avoir passé en revue toutes les raisons expliquant
l’attention particulière du maire.
Menace d’expulsion
La liste, cependant, ne s’arrête pas tout à fait là. Le très
jeune étudiant a fait son entrée en faculté de médecine sous des
auspices peu favorables. Son père est sous le coup d’une menace
d’expulsion depuis le mois de novembre dernier, en raison du non
renouvellement de sa carte de séjour. Bien sûr, aucune obligation
de quitter le territoire ne pèse directement sur Christian, dûment
inscrit à la faculté, et dont la mère, qui plus est, bénéficie
d’une situation régulière, bien que temporaire, en France.
Cependant, le père subvenant seul à l’ensemble des besoins de sa
famille, son « expulsion » aurait sans doute un impact majeur sur
la vie de Christian, au-delà des aspects sentimentaux en jeu.
Alerté, le réseau Education sans frontières (RESF) s’est emparé du
dossier et a notamment soutenu la famille afin qu’elle dépose un
recours devant le tribunal administratif de Versailles, recours
cependant non suspensif. Parallèlement à ces démarches juridiques,
le RESF a choisi cette semaine de « médiatiser » l’affaire, forte
du parcours plutôt atypique du jeune Christian.
Manuel Valls sollicité
Le portrait élogieux du jeune homme dressé par plusieurs
journaux a semblé plutôt agacer la préfecture des Yvelines qui a
tenu à rappeler que l’adolescent n’était pas directement concerné
par la mesure touchant son père. Il a été par ailleurs précisé que
la situation des parents allait être prochainement réexaminée. Des
signaux positifs encore jugés insuffisants par le RESF qui semble
vouloir profiter de l’attention des médias pour accroître la
pression sur les autorités administratives. « Cette incertitude
qui dure ne constitue certainement pas un environnement favorable
quand on fait des études médicales », justifie cité par la
Croix Denis Carnet, bénévole pour RESF. L’association peut dans son
combat compter sur la mobilisation sans faille du maire de
Conflans-Sainte-Honorine qui est allé jusqu’à écrire à Manuel Valls
pour évoquer le cas particulier de Christian.
Aurélie Haroche
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