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L'homme de la semaine: Génie sans frontières

Publié le 29/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le jeudi 27 septembre 2012 – Il paraît un peu jeune pour participer à cette cérémonie organisée en ce jeudi 20 septembre par le maire socialiste de Conflans-Sainte-Honorine, Philippe Esnol, en l’honneur des bacheliers de sa ville. Pourtant, il n’est pas venu accompagner un frère ou une sœur aîné. C’est bien lui qui tout à l’heure recevra l’éloge de l’édile, un éloge peut-être un peu plus appuyé que pour les autres jeunes diplômés. Bien sûr le fait que Christian Etiti ait 14 ans y est pour beaucoup. En outre, la réussite du jeune homme force plus encore l’admiration lorsqu’on sait qu’il se destine à une carrière difficile : la médecine. Si l’on ajoute enfin que Christian Etiti est née à Douala (Cameroun), d’où ses parents sont partis lorsqu’il avait cinq ans, l’on pensera sans doute avoir passé en revue toutes les raisons expliquant l’attention particulière du maire.

Menace d’expulsion

La liste, cependant, ne s’arrête pas tout à fait là. Le très jeune étudiant a fait son entrée en faculté de médecine sous des auspices peu favorables. Son père est sous le coup d’une menace d’expulsion depuis le mois de novembre dernier, en raison du non renouvellement de sa carte de séjour. Bien sûr, aucune obligation de quitter le territoire ne pèse directement sur Christian, dûment inscrit à la faculté, et dont la mère, qui plus est, bénéficie d’une situation régulière, bien que temporaire, en France. Cependant, le père subvenant seul à l’ensemble des besoins de sa famille, son « expulsion » aurait sans doute un impact majeur sur la vie de Christian, au-delà des aspects sentimentaux en jeu. Alerté, le réseau Education sans frontières (RESF) s’est emparé du dossier et a notamment soutenu la famille afin qu’elle dépose un recours devant le tribunal administratif de Versailles, recours cependant non suspensif. Parallèlement à ces démarches juridiques, le RESF a choisi cette semaine de « médiatiser » l’affaire, forte du parcours plutôt atypique du jeune Christian.

Manuel Valls sollicité

Le portrait élogieux du jeune homme dressé par plusieurs journaux a semblé plutôt agacer la préfecture des Yvelines qui a tenu à rappeler que l’adolescent n’était pas directement concerné par la mesure touchant son père. Il a été par ailleurs précisé que la situation des parents allait être prochainement réexaminée. Des signaux positifs encore jugés insuffisants par le RESF qui semble vouloir profiter de l’attention des médias pour accroître la pression sur les autorités administratives. « Cette incertitude qui dure ne constitue certainement pas un environnement favorable quand on fait des études médicales », justifie cité par la Croix Denis Carnet, bénévole pour RESF. L’association peut dans son combat compter sur la mobilisation sans faille du maire de Conflans-Sainte-Honorine qui est allé jusqu’à écrire à Manuel Valls pour évoquer le cas particulier de Christian.



Aurélie Haroche



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