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Coup de génie : faire une application avec le cerveau d’Einstein !

Publié le 29/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Chicago, le samedi 29 septembre 2012 – Ca ne lui plaisait pas beaucoup à Einstein l’idée de pouvoir être adulé comme un Dieu, même si son génie lui avait permis précisément de déterminer que « Dieu ne joue pas aux dés ». On retrouve ainsi dans son essai « Comment je vois le monde », la formule lapidaire suivante : « Le culte de la personnalité reste à mes yeux toujours injustifié ». Aussi est-il probable qu’il sourcillerait en voyant les statuettes, tee-shirts et autres briquets qui érigent aujourd’hui en série son célèbre faciès, tirant ou non la langue.

Un lobe pariétal plus développé

Ce « culte » a commencé immédiatement après sa mort et n’a pas été servi uniquement par des intentions mercantiles. Dans le milieu scientifique, la disparition du célèbre chercheur laissait en suspens un mystère (si ce n’est plus !) : celui de son génie. A Princeton, le pathologiste Thomas Harvey refusa de demeurer en reste : il procéda à l’autopsie du physicien au lendemain de sa mort le 18 avril 1955. Son attention se concentra principalement sur le cerveau qu’il conserva dans une solution de formaldéhyde et découpa en 240 blocs, avant de le photographier sous toutes les coutures. Depuis, ses célèbres lamelles (on en compte près de 350 !) ont été à l’origine de plusieurs études, dont la plus célèbre parue en 1999 dans le Lancet concluait que le lobe pariétal du père de la relativité apparaissait nettement plus développé que « la normale ». Intéressant, mais un peu court.

Entrer dans le cerveau d’Einstein pour 9,99 dollars

Si des centaines de chercheurs voulaient bien se pencher sur le spécimen, les découvertes seraient peut-être plus nombreuses. Sans doute est-ce l’un des desseins du National Museum of Health and Medicine de Chicago. Ce dernier a bénéficié en 2010 d’un présent inestimable : en 2010, les héritiers de Thomas Harvey lui ont fait don de la collection de leur aïeul. Désormais dépositaire du cerveau du grand homme, le Musée a entrepris de scanner et de numériser les précieuses lamelles et de les mettre à disposition de la communauté scientifique, par le biais d’une application disponible sur I-pad pour la somme de 9,99 dollars. Le dispositif « permet aux chercheurs de découvrir encore plus profondément où les neurones sont le plus densément connectés » indique le docteur Philip Epstein, neurologue à Chicago et conseiller du musée, tandis qu’un autre responsable de l’institution, Steve Landers confie : « Je suis impatient de voir ce qu’ils vont trouver ».

Qu’en aurait pensé Einstein ?

Et quand bien même les neurologues et autres spécialistes du cerveau ne parvenaient pas grâce à cette application à percer le mystère du génie d’Einstein, le Musée aura réussi une belle opération de publicité trois ans avant l’ouverture de ses nouveaux bâtiments. De quoi faire fi des critiques de ceux qui doutent qu’Einstein aurait apprécié un tel déballage. Des réserves que Steve Landers, concepteur de l’application, balaie rapidement : « J’aime à croire qu’Einstein lui-même aurait été enthousiasmé par ce type de découverte » déclare-t-il.

Tout est relatif.



Léa Crébat



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