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Bons et mauvais génies de la mémoire

Publié le 29/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le vendredi 28 septembre 2012 – Et si l’obsession de notre monde était la « mémoire ». Celle que l’on refuse de reconnaître comme essentielle en bafouant les héritages de l’histoire, celle que l’on affirme pouvoir entraîner comme un muscle ou encore celle que l’on redoute tant de voir disparaître, grignotée, morcelée et bientôt anéantie par la maladie d’Alzheimer. La mémoire est probablement la grande affaire des écrivains, des artistes et de tous les faiseurs d’histoire. Comment vivre quand on oublie, comment vivre quand on s’oublie, comment vivre quand on vous a oublié ? Les trois questions forment un triste et tout à la fois joyeux écheveau dans le dernier roman de Cyril Massarotto « Le Premier oublié ». C’est une histoire à deux voix, deux voix hantées par la mémoire qu’ils perdent, Madeleine parce qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer et Thomas parce que sa mère efface, peu à peu, tous les souvenirs de lui.  Avant la souffrance, la déchéance et bien au-delà de la mort, c’est d’abord ce que raconte « Le Premier oublié », le sentiment désespéré de ne plus être une « sentinelle » dans l’esprit de ceux qu’on aime.

Au temps des robots

Frank aussi laisse tomber des pans de souvenirs, des pans de raison de son esprit. Pas assez cependant pour renoncer à sa grande passion : le cambriolage. La seule différence avec ses années d’antan, il va entraîner avec lui, son Robot. Ainsi est le scénario de « Robot and Frank », le premier conte filmé de Jake Schreier. Frank Langella (parfait dans le rôle de solitaire mal embouché) va nouer une relation particulière avec le « robot », qui lui a été offert par son fils s’inquiétant de sa santé. S’il le dédaigne d’abord en bougonnant, il va bientôt l'entraîner dans ses frasques. Le tandem qui fonctionne comme les couples mythiques du cinéma des années 80 offre des scènes très comiques mais aussi d’une grande tendresse, lorsque Frank doit effacer la mémoire de son robot. Tout un symbole.

Au temps des romains

Il n’y a pas que les hommes (et les robots) qui refusent de perdre le fil de leur passé. Le monde aussi regarde sans cesse derrière lui, pour mesurer le chemin parcouru ou pour s’émerveiller de ce que le monde était déjà hier. C’est ce sentiment qui nous étreint sans doute devant la belle exposition du Forum antique de Bavay (Nord-Pas-de-Calais) intitulée « Quoi de neuf docteur ? Médecine et santé à l’époque romaine ». Les objets destinés à préserver la santé au quotidien sont ainsi présentés parallèlement à des instruments de chirurgie, confirmant l’avance de la société romaine.

Au temps, suspend ton vol

Tout cela vous a donné envie d’aider ceux et celles qui ont la mémoire qui flanche, ceux et celles qui portent la mémoire des années passées ? Comme chaque année, France 3 propose la semaine prochaine une soirée destinée à récolter des dons au profit de la Fondation hôpitaux de Paris –Hôpitaux de France, présidée par Bernadette Chirac, dédiée aux personnes âgées. Animée par Michel Drucker et en présence d’artistes comme Serge Lama ou Hugues Aufray, l’émission pourrait avoir un petit air de déjà vu.



Aurélie Haroche


Livre : Le Premier oublié, Cyril Massaroto, XO, 18,90 euros, 200 pages

Cinéma : Robot and Frank, de Jake Schreier, sortie le 19 septembre, 1h25

Exposition : « Quoi de neuf docteur ? Médecine et santé à l’époque romaine »,
Forum antique de Bavay, 2 Allée Chanoine Henri Bievelet, 59570 Bavay, du 13 septembre au 15 janvier 2013

Télévision : « 300 chœurs pour plus de vie », France 3, lundi 1er octobre, 20h40



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