> Accueil JIM > Thrombectomie et assistance circulatoire améliorent le pronostic de l’embolie pulmonaire avec choc cardiogénique

Partenaires Partenaire





ACTUALITE MEDICALE

Thrombectomie et assistance circulatoire améliorent le pronostic de l’embolie pulmonaire avec choc cardiogénique

Publié le 28/09/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les embolies pulmonaires aiguës, graves mettent en jeu le pronostic vital immédiat. La lourde mortalité précoce est la conséquence d’une défaillance ventriculaire droite aiguë et d’un choc cardiogénique.

L’embolectomie chirurgicale a longtemps été utilisée en dernier ressort du fait d’une mortalité élevée, de 30 à 40 %. Cependant, les séries récentes indiquent une amélioration considérable  de cette dernière avec des chiffres situés entre 6 et 29 %. 

L’étude japonaise rétrospective de Takahashi et coll. a analysé le devenir  de 24 patients consécutifs  (17 femmes ;   7 hommes;  âge moyen : 59 ,9 ± 17,2 ans) qui avaient bénéficié en urgence, entre  juillet  2000 et septembre 2011, d’une embolectomie chirurgicale pour traiter une embolie pulmonaire  aiguë, grave car compliquée d’un collapsus circulatoire.

Parmi ces 24 patients, 19 (79,2 %) étaient en choc cardiogénique, 16 (66,7 %) ont bénéficié en pré-opératoire d’une assistance cardiopulmonaire  percutanée mise en place via l’artère et la veine fémorale et 11 (45,8 %) étaient en  arrêt cardiaque.

Dans 4 cas (16,7 %), la thrombectomie chirurgicale a été réalisée en raison d’une contre indication au traitement  thrombolytique  (volumineux thrombus de l’oreillette droite [n=3]; saignement gastro-intestinal [n=1]) ; et dans 4 autres cas (16,7 %), en raison de l’échec d’une thrombolyse (n=3) ou d’une embolectomie par cathéter (n=1),  procédure mini- invasive  qui permet d’extraire les caillots par une succion effectuée au moyen d’un cathéter inséré dans l’artère pulmonaire via la veine jugulaire ou fémorale.

En préopératoire, l’indice d’obstruction de l’artère pulmonaire  calculé par angioscanner  hélicoïdal (Araoz et al. : J Thorac  Imaging 2003;18:207–16) était de  76,9 % ± 16,4 % (en moyenne : 88,9 %).

La mortalité hospitalière a été de 12,5 % (3 décès). L’évolution postopératoire a été compliquée, chez 1 patient, d’un accident vasculaire ischémique et d’une médiastinite.

Avec un suivi moyen de 6,8 ± 3,9 ans (en moyenne : 5,6 ans), le taux de survie à 5 ans était de 87,5 % ± 6,8 %. Chez les survivants, la pression intra-ventriculaire droite moyenne (évaluée par échocardiographie ou cathétérisme pulmonaire) avait diminué significativement, passant de 66,9 à 28,5 mm Hg.

En conclusion, l’embolectomie chirurgicale est un bon traitement de l’embolie pulmonaire  aiguë, grave compliquée de choc cardiogénique. La mise en place d’une  assistance cardiopulmonaire  percutanée préopératoire contribue à réanimer le patient,  à stabiliser l’hémodynamique et à améliorer les résultats de l’embolectomie.



Dr Robert Haïat


Takahashi H et coll.: Aggressive Surgical Treatment of Acute Pulmonary Embolism With Circulatory Collapse. Ann Thorac Surg., 2012; 94: 785–91




IMPRIMER ENVOYER A UN CONFRERE REAGIR ENREGISTRER DANS MA BIBLIOTHEQUE TAILLE DU TEXTE

Vos réactions