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Pour les prostatectomies radicales, mieux vaut un chirurgien qui en fait beaucoup

Publié le 02/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

La « qualité » des prostatectomies radicales (PR) pour cancer de la prostate (CP), dépend de l’expérience du chirurgien et en particulier du nombre d’interventions de ce type qu’il pratique annuellement, celui-ci devant idéalement, selon certains travaux, se situer entre 20 et 50 (1, 2, 3). Quatre études, deux américaines (4, 5) et deux européennes (6, 7), ont ainsi suggéré une diminution de la fréquence des marges chirurgicales positives (MCP) lorsque le nombre annuel de PR du chirurgien augmente. Un nombre annuel suffisant de PR par chirurgien semble aussi limiter le risque d'incontinences urinaires (IU) postopératoires (8).

Cependant toutes les études analysant l'impact du nombre annuel de PR étaient des études de cohortes rétrospectives, souvent de grands hôpitaux universitaires. Ces résultats pourraient ne pas être représentatifs des petits hôpitaux. C'est pourquoi une étude multicentrique visant à évaluer prospectivement la prévalence de MCP et de l'IU en fonction du nombre annuel de PR (par voie ouverte rétropubienne ou assistée par robot) par chirurgien a été mise en place.

Les patients (n = 521) devaient être opérés par des chirurgiens pratiquant un nombre élevé (> 50), moyen (20-50) ou faible (< 20) de PR dans 14 services d'urologie en Norvège, dont 6 services universitaires.

Le taux global de MCP a été de 26 % (pT2: 16 % ; pT3: 45 %), avec des différences entre les groupes à haut (18 %), à moyen (28 %) et à faible (44 %) nombre annuel de PR. Les autres facteurs prédictifs significatifs étaient le PSA > 10 mg / L, le score de Gleason > 7 et certaines variables sociodémographiques. L'odds ratio pour les stades localement avancé pT3 par rapport aux stades localisés pT2 était 4,33 (intervalle de confiance à 95 % de 2,84 à 6,54, p < 0,001).

À 1 an de suivi, 40 % des patients ont déclaré une IU, sans différence significative détectable entre les groupes.

Cette étude, la première du genre à être prospective, confirme donc les précédentes études rétrospectives pour ce qui concerne le taux de MCP, mais pas le taux d'IU. Cependant, tous les chirurgiens pratiquant un nombre élevé de PR utilisaient une assistance robotisée, alors qu'à l'inverse ceux pratiquant un nombre faible recouraient à la voie ouverte rétropubienne.



Dr Gérard Loeb


Steinsvik EA et coll. : Does a surgeon's annual radical prostatectomy volume predict the risk of positive surgical margins and urinary incontinence at one-year follow-up? - Findings from a prospective national study. Scand J Urol Nephrol., 2012 ; publication avancée en ligne le 6 août.
(1) Barocas DA et coll. Impact of surgeon and hospital volume on outcomes of radical prostatectomy. Urol Oncol 2010;28:243–50.
(2) Vesey SG et coll. UK radical prostatectomy outcomes and surgeon case volume: based on an analysis of the British Association of Urological Surgeons Complex Operations Database. BJU Int 2012;109:346–54.
(3) Savage CJ et coll. Low annual caseloads of United States surgeons conducting radical prostatectomy. J Urol 2009;182:2677–9.
(4) Hong YM et coll. Impact of radical prostatectomy positive surgical margins on fear of cancer recurrence: results from CaPSURE. Urol Oncol 2010;28:268–73.
(5) Williams SB et coll. Population-based determinants of radical prostatectomy
surgical margin positivity. BJU Int 2011;107: 1734–40.
(6) Eastham JA et coll. Variations among individual surgeons in the rate of positive surgical margins in radical prostatectomy specimens. J Urol 2003;170:2292–5.
(7) Chun FK et coll. Surgical volume is related to the rate of positive surgical margins at radical prostatectomy in European patients. BJU Int 2006;98:1204–9.
(8) Begg CB et coll. Variations in morbidity after radical prostatectomy. N Engl J Med 2002;346:1138–44.




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