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Les mesures d’économies sur le médicament contribuent-elles au redressement productif ?

Publié le 02/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Paris, le mardi 2 octobre 2012 – François Hollande et Jean-Marc Ayrault regrettent peut-être un peu aujourd’hui de s’être laissés aller à intituler le portefeuille d’Arnaud Montebourg « ministère du redressement productif ». C’était en effet donner des occasions trop faciles aux railleries en tous genres. Car des ouvriers du secteur automobile en passant par les oubliés de la sidérurgie tous se sont fendus de leur commentaire ironique sur « l’improductivité » d’un ministère, dont les difficultés sont de fait nombreuses pour faire face à l’ampleur de la crise économique actuelle. Hier, ce fut au tour des représentants de l’industrie pharmaceutique d’entonner cet air désormais connu en s’indignant contre les mesures d’économie prévues dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) qui vient d’être dévoilé et qui touchent de plein fouet le médicament. Selon le syndicat représentant les laboratoires pharmaceutiques, ces dispositions sont « injustifiées et inadaptées aux objectifs de redressement productif du gouvernement ».

Des baisses de prix à hauteur de 530 millions d’euros

Les ministres du Budget et de la Santé ont prévu d’engranger 876 millions d’euros d’économies sur les produits de santé. Les baisses de prix des princeps et des génériques doivent constituer une très grande partie de ces « recettes », à hauteur de 530 millions d’euros en ce qui concerne les médicaments et 75 millions pour les dispositifs médicaux. Par ailleurs, une diminution des tarifs des produits dont le brevet a expiré mais qui ne sont pas substituables doit entraîner 50 millions d’euros d’économie. Le gouvernement souhaite en outre qu’une nouvelle évaluation du service médical rendu de certains médicaments soit mise en œuvre et considère que jusqu’à 26 millions d’euros de moins pourraient être dépensés dans ce cadre l’année prochaine (ce qui suppose que les pouvoirs publics préjugent quelque peu des résultats de cette réévaluation). Enfin, une meilleure tarification des médicaments génériques et une amélioration de la convergence de prix par classe thérapeutique doivent permettre d’engranger 195 millions d’euros d’économie.

Un marché en baisse

Autant de dispositions qui irritent le LEEM car elles se fondent sur une vision qu'il juge dépassé du dynamisme du marché du médicament. Le temps est en effet loin où les ventes connaissaient une croissance soutenue. Sous l’effet combiné de multiples mesures, la stagnation, voire la baisse s’installe. Ainsi, en 2012, en « prix industriels », la diminution devrait être de 1,5 % selon des chiffres cités par le LEEM et confirmés par l’Assurance maladie. L’année prochaine devrait être marquée par une régression de 2 %. Or, selon le syndicat, ces reculs représentent un danger important pour l’innovation et l’emploi. Mais surtout, le LEEM déplore le manque de « lisibilité et de prévisibilité de la politique actuelle en matière de médicament [qui] pèse lourdement sur une industrie confrontée à une mutation drastique à l’échelle mondiale ».



Léa Crébat



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