Paris, le mercredi 3 octobre 2012 – L’Autorité européenne de
sécurité des aliments (EFSA) n’est pas en odeur de sainteté parmi
les ONG. Tout au moins chez celles qui militent pour la limitation
de l’utilisation du bisphénol A, des phtalates et autres
perturbateurs endocriniens que ce soit dans les contenants
alimentaires, dans les dispositifs médicaux ou encore dans certains
produits de santé. De fait, l’EFSA s’est toujours montrée
rassurante quant à la dangerosité potentielle de ces substances
pour l'homme, tandis que ces ONG sont au contraire convaincues de
leur toxicité. Aussi ont-elles souvent soupçonné le fait que la
position de l’EFSA ne soit animée par le souci de défendre certains
industriels.
L’annonce ce 1er octobre par
l’EFSA de son intention de « préparer un avis
scientifique sur les risques pour la santé humaine et pour
l’environnement associés à la présence éventuelle de perturbateurs
endocriniens dans la chaîne alimentaire » n’a pas été lue comme un
revirement encourageant. Bien au contraire. Même si l’EFSA promet
d’agir plutôt rapidement (l’avis devrait être rendu en mars 2013)
et de passer en revue les différents enjeux soulevés (et notamment
la question de la pertinence des méthodes existantes de détection
de la toxicité), les associations demeurent circonspectes. En
effet, parallèlement au lancement de la nouvelle étude de l’EFSA,
un groupe de réflexion a déjà été constitué sur le sujet au sein de
la Direction générale (DG) Environnement de la Commission
européenne.. Les travaux de ce comité qui a accordé une large place
aux ONG auraient déjà bien avancé et n’iraient pas dans le sens du
« statu quo souhaité par les industriels » note
le Réseau environnement santé (RES)
dans un communiqué diffusé immédiatement après l’annonce de l’EFSA.
Or, pour le RES, ce « doublon » que constitue la préparation d’un
nouvel avis par l’EFSA est inquiétant à plus d’un titre. D’une
part, parce qu’il risque de retarder la remise des conclusions de
la DG Environnement ou tout au moins leur prise en compte. Et
surtout, parce que les ONG redoutent clairement que l’EFSA n’adopte
une position très différente. « On va demander à l’EFSA de se
prononcer sur un phénomène dont elle ne reconnaît pas la
réalité » se désole au sein du RES, Yannick Vicaire, excluant
la possibilité d’une évolution de la position de l’EFSA et refusant
d’attendre le résultat de la concertation avant de se lancer dans
des procès d’intention.
Léa Crébat
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