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SAOS : une histoire de famille ?

Publié le 04/10/2012 Partager sur Twitter Partager sur Facebook Imprimer l'article Envoyer à un confrère Réagir à l'article Enregistrer dans ma bibliothèque Reduire Agrandir

Les troubles respiratoires du sommeil (TRS), dont le syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS), n’épargnent pas les enfants, la prévalence des symptômes de TRS rapportés par les parents allant de 4 à 11 %, et l’incidence du SAOS en population pédiatrique de 1 à 4 %. En Suède, où l’analyse des données de registres a récemment suggéré, au sein des fratries, un accroissement du risque de SAOS et de TRS liés à l’hypertrophie amygdalienne ou des végétations adénoïdes, des auteurs du Karolinska Institutet ont exploré plus avant l’hypothèse d’un risque familial de SAOS et de TRS.

K Lindkvist et coll. ont estimé l’incidence d’une première hospitalisation pour SAOS et TRS liée à l’hypertrophie amygdalienne ou des végétations adénoïdes, hors infection, chez les enfants ayant un parent atteint de SAOS en comparaison de ceux, atteints de SAOS ou de TRS, dont aucun des parents n’avait de SAOS. L’identification des enfants s’est appuyée sur les informations d’une vaste base de données du Center for Primary Health Care Research de l’université de Lund, incluant notamment les informations du Multigeneration Register, ainsi que sur  les données d’hospitalisation, qui ont été examinées sur une période de 11 ans, de 1997 à 2007.

Au total, 34 933 enfants ayant une hypertrophie amygdalienne ou des végétations adénoïdes, et 23 413 parents atteints de SAOS ont été identifiés au cours de la période d’étude. Parmi ces enfants, 5,7 % avaient eu pour la première fois, en hospitalisation, un diagnostic de SAOS ; ils étaient pour la plupart âgés de 4 à 7 ans, 54,1 % d’entre eux étaient des garçons, et vivaient pour 42,5 % d’entre eux dans des familles à faibles  revenus et pour 34,9 % dans des familles à revenus à revenus faibles à moyens.  Chez les parents, c’est entre 50 et 59 ans que le diagnostic de SAOS avait été le plus souvent diagnostiqué. Aucun des enfants inclus n’avait ses deux parents atteints de SAOS.

Après ajustements sur le statut socio-économique, l’âge, le sexe, la région géographique, les ratios standardisés d’incidence (SIR) de SAOS chez les garçons et chez les filles, ayant un parent atteint de SAOS étaient respectivement de 3,09 (Intervalle de confiance à 95 % 1,83-4,90) et de 4,46 (2,68-6,98). Les SIR d’hypertrophie amygdalienne ou de végétations adénoïdes étaient, chez les  garçons et les filles ayant un parent atteint de SAOS, respectivement de 1,82 (1,54-2, et 1,56 (1,30-1,87).

Chez les garçons, le ratio standardisé d’incidence de SAOS ou d’hypertrophie des végétations adénoïdes était de 1,94 (1,64-2,27) lorsque le père avait un SAOS ; il était de 1,67 (0,99-2,65) lorsque c’est la mère qui était atteinte. Les SIR correspondants chez les filles, était de 1,68 (1,39-2,00) et 2,01 (1,21-3,15).

Ainsi, avoir un parent atteint de SAOS augmenterait substantiellement le risque d’hospitalisation dans l’enfance pour SAOS ou pour hypertrophie des amydales ou des végétations adénoïdes, le risque de SAOS étant plus que triplé chez les garçons, plus que quadruplé chez les filles. La possibilité, suggérée par cette étude, d’un agrégat familial de troubles respiratoires du sommeil appelle des études complémentaires, afin d’explorer notamment les interactions possibles entre hérédité et environnement.



Dr Julie Perrot


Lundkvist K et coll. : Familial risk of sleep disordered breathing. Sleep Med 2012 ; 13 : 668-73.




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