Paris, le samedi 6 octobre 2012 – Ce n’est pas qu’un simple
numéro. Et pourtant, celui qu’elle porte est fortement symbolique.
Hier, les médias la présentaient comme une « super héroïne »,
aujourd’hui, on préfère la considérer comme « une veilleuse de vie
». Elle, c’est Aurélie D. de Saint Priest (Rhône), qui est devenue
cette semaine le 200 000ème donneur de moelle osseuse inscrit sur
le registre France greffe de moelle.
Une forte dépendance vis-à-vis des registres
internationaux
« Ce geste nous prend peu de temps, et pourtant il peut
potentiellement guérir de nombreux malades ! Etre le 200 000ème
donneur, c’est apporter une petite pierre à un édifice construit
par de nombreux autres donneurs. Je ne suis qu’un maillon de la
chaîne du don » observe modestement la jeune femme. Pour
l’Agence de biomédecine, ce « 200 000ème donneur »
représente une étape symbolique… mais qui rappelle en filigrane que
le chemin à parcourir reste encore long et que les objectifs fixés
pourraient ne pas être atteints. La France souhaite en effet
compter 240 000 donneurs en 2015. Cependant, en dépit du geste de
milliers d’anonymes tels qu’Aurélie, le rythme des nouvelles
inscriptions apparaît trop peu soutenu pour atteindre ce but. En
effet, depuis le printemps dernier, le registre ne s’est enrichi
que de 3 000 donneurs supplémentaires, ce qui représente
globalement sur douze mois 6 000 inscrits ! Or, l’Agence de
biomédecine espérait recruter 18 000 personnes cette année, se
montrant en cela bien plus optimiste que ne le laissaient espérer
les données des années précédentes : entre le printemps 2011 et le
printemps 2012, seuls 7 000 personnes se sont inscrites sur le
registre des donneurs. Si la sensibilisation est difficile, l’enjeu
est pourtant primordial. Aujourd’hui, la France est encore
fortement dépendante des registres étrangers. Ainsi, en 2007 les
allogreffes non apparentées réalisées en France ont été obtenues
dans 73,3 % des cas grâce aux registres internationaux.
Aurélie Haroche
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