Paris, le samedi 6 octobre 2012 – Il y a des peurs ancestrales.
Celle du dentiste pourrait bien compter parmi celles-là, comme le
suggère un article publié cette semaine sur le blog Passeur de
Sciences. Il y a quelques années déjà, la revue Nature faisait état
de découvertes à faire claquer les dents. Sur le site archéologique
de Mehrgarh (Pakistan) une équipe international de chercheurs avait
en effet mis à jour comment de nombreuses molaires et autres
canines qui semblaient avoir fait l’objet de perforations
probablement pratiquées à l’aide d’un silex… et sans nul doute bien
plus douloureuses que le mal à soigner.
Apaiser la douleur
Aujourd’hui, c’est dans la revue PLoS ONE que des scientifiques
du Centre international de physique théorique de Trieste révèlent
comment en Slovénie, il y a 6 500 ans, on pratiquait déjà l’art du
plombage (et sans mercure !). C’est par hasard que cette équipe a
fait cette découverte. Son but était de tester un nouvel appareil
de radiographie et elle avait choisi pour se faire d’utiliser la
mandibule riche de cinq dents d’un homme ayant vécu il y a 6 500
ans en Slovénie, conservée depuis plusieurs décennies dans un musée
de Trieste. Quelle ne fut pas leur surprise de découvrir qu’une des
dents en question, la canine, plus précisément, cassée et fissurée
était recouverte comme d’une sorte de pansement. Les analyses
complémentaires réalisées ont permis de révéler qu’il s’agissait de
cire d’abeille… elle aussi vieille de 6 500 ans ! Sans doute, ce
petit morceau de cire était-il destiné à pallier l’absence de
pointe et à apaiser la douleur survenant probablement lors de
certains masticages et autres claquements de dents. Une hypothèse
qui semble confortée par l’utilisation courante au néolithique du
produit des abeilles et les propriétés multiples de ce
matériau.
Martine Pichet
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